Raffineries : le conflit se durcit après le déblocage de Fos-sur-Mer

Publié le 24 Mai 2016

Raffineries : le conflit se durcit après le déblocage de Fos-sur-Mer

euronews.com et francetvinfo.fr nous montrent ce mardi 24 mai 2016 que le conflit entre la CGT et le gouvernement s’envenime autour des sites pétroliers français. Mardi matin, la raffinerie de Fos-sur-Mer a été reprise par les forces de l’ordre après de violents affrontements qui ont fait plusieurs blessés parmi les policiers et les manifestants.

Alors que la CGT appelle à la grève générale pour protester contre le projet de “loi travail”, les blocages des sites pétroliers n’en finissent pas de provoquer des pénuries d’essence dans les stations-service.

Le déblocage de la raffinerie de Fos-sur-Mer ne change pas grand chose à la situation. À la mi-journée, sur les huit raffineries du pays, six étaient toujours à l’arrêt ou tournaient au ralenti tandis que plusieurs dépôts restaient bloqués (près de Dunkerque, à Lorient et à Brest notamment).

Mardi matin, le Premier ministre a dénoncé ce type de conflit frontal, qualifié de “conservateur”. “Prendre ainsi en otage les consommateurs, notre économie, notre industrie, continuer des actions qui visent à faire retirer le texte (de la loi), ce n’est pas démocratique”, a insisté Manuel Valls.

Un véritable dialogue de sourds : au Havre, dans le principal terminal pétrolier où transitent 40% des importations françaises, le personnel a voté la grève à partir de mardi après-midi. Plus que jamais, le conflit se durcit. La CGT appelle à la grève reconductible chaque jour à partir du mardi 31 mai. Elle rejoint ainsi l'appel lancée par l'Unsa et la CFDT, dans le cadre des négociations lancées sur les conditions de travail des cheminots.

Et la ministre du travail Myriam El Khomri n’arrange en rien les choses en disant à l’assemblée nationale que «La loi travail poursuivra son processus législatif». Le dialogue social ne se fait pas à coup de 49.3 ou de menace aux syndicats, mais avec un dialogue construit et ouvert.

Dans un autre pays la Belgique, le projet de modification de la législation sur le travail en Belgique crée également des fortes tensions entre le gouvernement de droite et les syndicats. 60 000 manifestants arboraient des banderoles avec des slogans tels que "Non à la semaine des 45 heures !", "Pas touche à nos pensions !" ou encore "Non à la flexibilité !" et faisaient exploser de nombreux pétards. La manifestation était soutenue par les principaux syndicats de Belgique, mais aussi par le Parti socialiste (PS).

Le gouvernement qui se prétend socialiste devrait peut être imiter le PS belge qui lui soutien les revendications des travailleurs et pas du patronat.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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gaetan ribault 29/05/2016 08:46

Mais un salarié n'est qu'un mercenaire , c'est à dire pas loin d'un esclave. Il est en état de subordination et s'il voulait s'en affranchir il se retrouverait sans travail.Toutefois , un patron se separe rarement d'un salarié efficace , diligent et courageux.

paroissiens-progressistes 29/05/2016 10:03

gaëtan,

Mais on peut aussi voir le contraire car le patron est aussi subordonné à ses travailleurs, car sans eux il ne peut fournir le produit qu'il vend ou fait construire puis vendre. Donc lui aussi sans travailleurs se retrouverait sans travail. L'échange ne se fait pas dans un sens, il doit être équivalent.

Merci !

Françoise 29/05/2016 00:51

Sans ses droits, le salarié est non seulement démuni, mais devient un esclave.
Comment dans un tel cadre parler de démocratie et encore moins de démocratie dans l'entreprise?
On revient sur des situations où le patronat pouvait tirer et tuer les salariés.
L'inversion de la hiérarchie des normes nous ramène à la tuerie de Cluzes et d'autres du même genre. Un comble pour un gouvernement dit de gauche.

paroissiens-progressistes 29/05/2016 16:19

Françoise,

Ce qui me pose problème, c'est que le PS actuel reprend le programme de Blair et Schröder en 1999 pour les PS européens. D'ailleurs la démocratie en entreprise proposée n'a rien à voir avec cela, dans les années 1980 elle devait permettre aux syndicats de renforcer leur pouvoir, de généraliser les comités d'entreprises et d'avoir des groupes de parole. La démarche n'avait pas marché car elle avait déplu au patronat. Le gouvernement contrôlait les abus patronaux.

Merci !

gaetan ribault 25/05/2016 18:28

Que vous le voulie ou non c'est le patronat qui donne ou ne donne pas du travail aux "travailleurs"

paroissiens-progressistes 27/05/2016 17:19

gaëtan,

Mais la loi travail fait le contraire, puisqu'elle met les syndicats au second plan, ce qui n'était pas le cas de la loi Auroux, et que la démocratie en entreprise ne parlait pas de flexibilité.

Merci !

gaetan ribault 27/05/2016 14:40

Ce que j'aime chez vous c'est qu'en refusant d'avoir tort , vous me donnez raison. L'inversion des normes , donnant la priorité à la démocratie dans l'entreprise n'est que la suite logique des lois Auroux. Qui entre nous se sont rapidement montrées inapplicables car elles chevauchaient les CE les CHS devenus CHSCT et les DP.

paroissiens-progressistes 26/05/2016 17:44

Gaëtan,

Ce texte est différent de la loi Auroux en 1982, car salariés les devait avoir "un droit à l'expression directe et collective sur le contenu et l'organisation de leur travail", qui permit la création de groupes d’expressions qui ont disparu car ça a déplu à une bonne partie des employeurs, et aussi étendre la citoyenneté à la sphère de l'entreprise. Elle a aussi instauré une obligation annuelle de négocier dans l'entreprise sur les salaires, la durée et l'organisation du travail, tout en renforçant le droit des syndicats dans l’entreprise. Cela obligeait l’employeur à respecter une procédure avant toute sanction tout en permettant au conseil des prud’hommes d’annuler les sanctions.

Il s’agit de concessions accordées au patronat en échange d’une réforme qui favorise la création de sections syndicales en entreprise, institue les CHSCT, améliore l’expression des salariés. On voulait progresser dans le sens d’une démocratisation des relations de travail. C’était contrôlé et on ne revoyait pas tous le code du travail. Ce qu’on observe aujourd’hui, c’est un mouvement et une logique rigoureusement inverses.

Merci !

gaetan ribault 26/05/2016 09:24

Je me demande quels droits ils abandonnent?. L'inversion de la hiérarchie des normes n'est jamais que la suite logique des lois Auroux , mais vous êtes trop jeune pour connaitre!

paroissiens-progressistes 25/05/2016 20:14

gaëtan,

Ils donnent du travail sans doute, mais ce n'est pas une excuse pour abandonner ses droits. Sans ses droits, le travailleur est démuni.

Merci !