Une semaine sociale chargée

Publié le 23 Mai 2016

Comme le montre Marine Chassagnon dans HuffingtonPost.fr ce dimanche 22 mai 2016, c’est après douze jours de compétition, le jury a fait son choix. "I, Daniel Blake" de Ken Loach remporte la Palme d'or du Festival de Cannes 2016. Il devient ainsi le huitième réalisateur à être doublement palmé après Francis Ford Coppola, Shōhei Imamura, Emir Kusturica, Bille August, les frères Dardenne et Michael Haneke.

Lors de son discours, ce cinéaste militant a dénoncé les idées "néolibérales" qui "risquent de nous mener à la catastrophe". "Ce monde dans lequel nous vivons se trouve dans une situation dangereuse. Nous sommes au bord d'un projet d'austérité qui est conduit par des idées que nous appelons néolibérales, qui risquent de nous amener à la catastrophe", affirmé Ken Loach avant d'insister : "Ces pratiques néolibérales ont entraîné dans la misère des millions de personnes, de la Grèce au Portugal, avec une petite minorité qui s’enrichit de manière honteuse". Ken Loach a également tenu à mettre en garde contre le retour de l'extrême droite. "Il faut dire qu’un autre monde est possible et même nécessaire", a-t-il encore lancé, en français et en anglais, après avoir mis en garde contre le retour de l'extrême droite.

Ce film raconte l'histoire d'un menuisier anglais de 59 ans, contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au "job center", Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450 km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

En cinquante ans de carrière, Ken Loach, 79 ans, a été primé six fois à Cannes notamment en 2006 par la Palme d'or pour "Le Vent se lève". Toujours sur la croisette, il a reçu le Prix du Jury pour son film "La Part des Anges" en 2012. Il avait reçu le même prix en 1993 pour "Raining Stones". Ce cinéaste est connu pour dénoncer, à l'aide de ses films, la misère sociale, notamment dans son pays d'origine, la Grande-Bretagne à l'image de ses films "Ladybird", "Carla's Song" ou encore "Sweet Sixteen" entre autres. Un artiste militant qui ne laisse jamais indifférent.

parismatch.com signale qu’à travers ce film Ken Loach montre une terrible réalité que "Ce sont les gens les plus vulnérables qui ont le plus souffert de la baisse des allocations (...) et on leur dit que s'ils sont pauvres, c'est de leur faute", avait-il déclaré lors de la conférence de presse qui avait suivi la projection du film. Les agences de recherche d'emploi n'ont pas pour but "d'aider les gens, mais d'ériger des obstacles sur leur chemin". Pire, on fixe à leurs conseillers "des objectifs chiffrés de gens à pénaliser", afin de réduire les allocations versées. Et on les forme à "gérer de potentiels suicides", s'était-il indigné devant la presse. Le cinéma de protestation de Ken Loach devrait guider un gouvernement français qui ne fait pas face à la réalité des travailleurs et qui souhaite les précariser encore plus avec la loi travail.

Tandis qu’ouest-france.fr nous montre dans son article de ce lundi 23 mai qu’à travers les blocages de raffineries et de ports, la 8e journée nationale d'action, montre une généralisation de la grève : les opposants à la loi Travail vont encore durcir leur mouvement cette semaine.

Les opposants au projet de loi battront le pavé jeudi, lors d'une huitième journée nationale de grèves et de manifestations à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL). Une neuvième journée est déjà programmée le 14 juin, avec ce jour-là, un rassemblement uniquement à Paris.

Alors que le mouvement semblait s'essouffler depuis le 31 mars (entre 390 000 et 1,2 million de manifestants), il a repris de l'ampleur jeudi, avec entre 128 000 et 400 000 manifestants. Mais l'enjeu, pour les syndicats, est désormais de propager la mobilisation de la rue aux entreprises, en multipliant les arrêts de travail. Le leader cégétiste Philippe Martinez a appelé mardi à «généraliser les grèves».

Jeudi, l'objectif sera de «s'appuyer sur les secteurs en grève reconductible - raffineries, cheminots - pour faire la jonction avec ceux qui vont entrer dans le mouvement», expliquait vendredi Fabrice Angéi, membre de la direction de la CGT. C'est désormais l'épicentre de la contestation. Six des huit raffineries de pétrole implantées dans l'Hexagone, qui représentent près de 70 % de la capacité de raffinage française, sont affectées par la grève. «Cinq raffineries Total (Gonfreville-l'Orcher, Donges, Grandpuits, Feyzin et Provence-la-Mède) ainsi que la raffinerie Petroineos de Lavéra à Martigues» sont soit «à l'arrêt, soit en phase d'arrêt» détaille Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole de la CGT.

Tout le week-end, par crainte de pénurie, les automobilistes ont pris d'assaut les pompes à essence du nord-ouest. Résultat : 1 500 stations en rupture partielle ou totale, sur 12 000 en France, selon les chiffres du secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies. Plusieurs départements ont pris des arrêtés limitant la distribution de carburant. «Nous sommes très déterminés à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France», a prévenu dimanche Manuel Valls. «Nous maîtrisons pleinement la situation», a-t-il assuré, «je pense qu'un certain nombre de raffineries ou de dépôts qui étaient bloqués sont débloqués ou vont l'être dans les heures ou dans les jours qui viennent.»

Vendredi et dimanche, les forces de l'ordre ont débloqué plusieurs importants dépôts de carburants, permettant de réalimenter certaines stations, mais en courant le risque de mettre de l'huile sur le feu. «Hollande et Valls utilisent les mêmes méthodes que M. Sarkozy en 2010. Face à la lutte des salariés, ils envoient les forces de l'ordre pour casser les grèves», a dénoncé samedi Philippe Martinez, promettant «une réaction à la hauteur de ce que le gouvernement fait». «Des discussions et des assemblées générales sont engagées pour amplifier le mouvement» dans le secteur, a-t-il prévenu.

Malheureusement le gouvernement prend le mauvais cap comme le montre franceinter.fr puisque Michel Sapin, le ministre des Finances, a jugé ce lundi matin les blocages illégitimes, et accuse la CGT de prendre les Français en otage. Il a réaffirmé que le projet de loi Travail irait jusqu’au bout. Au lieu de "l’écoute de ceux qui ne sont pas contents, on choisi de bomber le torse, de gonfler les muscles" a rétorqué le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. "Il n’y a qu’une manière de débloquer la situation, c’est de retirer la loi Travail" a prévenu Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole de la CGT. Depuis Tel Aviv, en Israël, où il est en déplacement pour trois jours, Manuel Valls a affiché sa fermeté ce dimanche soir : le gouvernement va "continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts".

Un tel entêtement sera fatal au gouvernement et au PS. Sait-il encore ce qu’est la gauche ? Faut-il qu’il soit éliminé dès le premier tout des présidentielles comme en Autriche pour se souvenir ce qu’est la social démocratie ? Pas cette pseudo social-démocratie mise en place en 1999 qui s’est alliée au libéralisme économique.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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