L’Église catholique est accusé d'utiliser des tactiques «mafieuses» pour lutter contre le projet de loi contre les abus sexuels des prêtres

Publié le 17 Juin 2016

theguardian.com dans son article de ce vendredi 17 juin 2016 que l’Église de Pennsylvanie est accusé d'utiliser «l'approche de chef mafieux» pour mettre la pression aux législateurs qui appuient le projet de loi donnant aux victimes d'abus sexuels plus de temps pour poursuivre leurs agresseurs.

La campagne de lobbying contre le projet de loi est dirigée à Philadelphie par l’archevêque Charles Chaput, un ardent conservateur qui a récemment créé un émoi après avoir envoyé par inadvertance un courriel à un représentant de l’État Jamie Santora, dans lequel il accusait le législateur de «trahir» l'église et disant que Santora souffrirait des «conséquences» pour son soutien à la loi. Le courriel a également été envoyé à un haut fonctionnaire dans le bureau de Mgr Chaput, qui était apparemment le seul destinataire prévu. Le courriel a rendu furieux certains législateurs catholiques, qui disent qu'ils ont voté en leur conscience pour l'appui de la législation en faveur des victimes d'abus sexuels. Un législateur républicain, Mike Vareb, a accusé l'archevêque d'utiliser des tactiques mafieuses.

En vertu des lois fiscales américaines, des organisations comme les églises sont classés comme des groupes à but non lucratif qui ne sont pas censés être engagés dans une activité politique, mais ils sont autorisés à publier les dossiers de vote des législateurs dans certains cas. L'enjeu de cette lutte controversée est un projet de loi de l'État de Philadeplphie qui permettrait aux victimes d'abus sexuels de déposer des réclamations civiles contre leurs agresseurs, et même pour ceux qui ont connu des abus, jusqu'à ce qu'ils aient 50 ans. Selon la loi actuelle, les victimes ne peuvent déposer que jusqu'à l'âge de 30 ans. La proposition a été massivement adoptée lors d'un vote bipartisan en avril, mais elle semble avoir calé dans le sénat de l'État, où certains pensent qu'elle ne pourrait ne pas passer.

Si la proposition ne passe elle sera signé par le gouverneur, le projet de loi pourrait donc coûter à des dizaines d'églises catholiques des millions de dollars après une série d'accusations de mauvais traitements dans l'État, y compris un rapport dévastateur publié plus tôt cette année par un grand jury qui a détaillé comment deux évêques du diocèse Altoona-Johnstown ont couverts les abus sexuels de centaines d'enfants par plus de cinquante prêtres au cours d' une période de 40 ans.

Les législateurs catholiques interrogés par le Guardian ont exprimé leur consternation, le choc et la colère contre le traitement qu'ils ont reçu, en particulier parce qu'ils ont été ciblés après le projet de loi déjà adopté par la Chambre basse. Tous ont dit qu'ils appuyaient le projet de loi parce qu'ils croyaient les victimes d'abus sexuels qui depuis des décennies ont eues l’attitude nécessaire pour venir à bout de l'abus qu'elles ont subis.

La critique de Chaput au projet de loi est centrée sur les revendications que l'archidiocèse de Philadelphie a déjà un «engagement réel et de longue date» à propos de l’abus des victimes par des prêtres pédophiles; qu'il serait déterminé à protéger les enfants maintenant; et que la nouvelle loi ne s'appliquerait qu'aux églises et institutions privées, mais rendrait toujours les institutions publiques comme les écoles et les prisons à l'abri des poursuites civiles rétroactives similaires dans les cas d'abus. Mais les législateurs catholiques qui soutiennent le projet de loi rejettent cette revendication comme une diversion, parce que les institutions publiques telles que les écoles reçoivent une certaine immunité contre les poursuites judiciaires afin de protéger les contribuables.

Les critiques de la stratégie de Mgr Chaput disent que l'archevêque a utilisé les mêmes tactiques pour faire dérailler avec succès une législation similaire dans le Colorado, où il a précédemment servi comme archevêque. Joan Fitz-Gerald, l'ancien chef démocrate du sénat de l'Etat dans le Colorado qui avait présenté le projet de loi, a rappelé qu'il était l'expérience la plus vicieuse et difficile de sa vie, avec Mgr Chaput qui aurait dit selon un de ses lobbyistes qu'il ne croyait pas que Fitz-Gerald irait au ciel.

Une experte, Marci Hamilton, le président du droit public à la Cardoza School of Law, a déclaré qu’une législation similaire a passé dans quatre autres États, dont la Californie, a été utilisé par un nombre relativement restreint de victimes. Elle affirme que Mgr Chaput avait été envoyé en Pennsylvanie après avoir aidé à tuer une législation similaire au Colorado.

Jamie Santora, le législateur républicain dont plusieurs personnes ont dit qu’il a reçu le courriel menaçant de Mgr Chaput, a refusé de commenter spécifiquement le courriel. Mais il a reconnu qu'il avait été accusé par un fonctionnaire de l'Église haut placé de trahir son Église. Interrogé, le porte-parole de l'archevêque de Philadelphie a déclaré : «Les élus sont responsables devant les gens qui les ont élus. Il n'y a rien de bizarre dans cela. C’est comment le système fonctionne.» Je ne savais pas que le chantage servait de système politique.

Ici l’ignominie d’une telle démarche ne grandit pas Mgr Chaput qui plutôt que de s’opposer à une loi qui a le mérite de mettre l’Église devant une horrible réalité, celle qu’elle n’a pas fait son devoir envers les victimes des prêtes pédophiles et ne semble pas vouloir le faire maintenant. Mais que pouvait-on attendre d’un homme qui a fait sa carrière sous Jean-Paul II et Benoît XVI ? Pas grand-chose.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Françoise 19/06/2016 08:25

Il faudra sûrement en passer par le TPI vis à vis des crimes sexuels cléricaux.
Parce que l'institution n'est pas capable d'admettre la gravité des crimes posés et la persistance de ces crimes jusqu'à aujourd'hui dans des affaires récentes.

paroissiens-progressistes 19/06/2016 22:07

Françoise,

C'est plutôt qu'elle ne veut pas voir ses affaires, et d'ailleurs aux Etats-Unis l'Eglise a trouvé divers stratagèmes pour ne pas payer les victimes ou pour prescrire les affaire. Les bonnes intentions sont souvent meilleures quand elles ont les outils pour réussir.

Merci !