La manifestation du 14 juin, ou comment les attentes du gouvernement d’un essoufflement se sont avérées vaines

Publié le 14 Juin 2016

La manifestation du 14 juin, ou comment les attentes du gouvernement d’un essoufflement se sont avérées vaines

Comme le montre Francetvinfo.fr les opposants au projet de loi Travail, réunis mardi 14 juin pour une manifestation nationale à Paris, ont commencé à défiler vers 13h30, dans une ambiance de pétards, fumigènes et klaxons. La foule, dense, a pris le départ de la place d'Italie pour rejoindre les Invalides. Plus de 600 cars ont été affrétés dans toute la France pour que les manifestants puissent rejoindre la capitale. Près de 3000 Havrais, dockers et lycéens sont arrivés par le train. Les syndicats espèrent une participation plus importante que le 31 mars, pic de la contestation, avec 390 000 manifestants dans 250 villes, selon les autorités.

Une nouvelle journée de grève perturbe les transports. La SNCF prévoit 9 TGV sur 10, 7 TER sur 10, 7 Transilien sur 10 et 6 Intercités sur 10. Près de 80% des vols seront assurés. Les taxis ont par ailleurs annoncé des blocages sur le périphérique parisien et aux abords des stades accueillant l'Euro 2016. Voici l'ensemble des prévisions de trafic. Twitter précise que les personnels du Théâtre de la Colline, du Théâtre Chaillot et du Théâtre Odéon sont en grève aujourd'hui. Dès ce mardi matin, plusieurs actions ont été organisées en région. Des barrages filtrants à Brest, des grèves au port de Marseille ou une distribution de tracts à Nantes. Face aux craintes d’affrontements avec la police, «environ 130 personnes» ont été interdites de participer, mardi à Paris, à la manifestation nationale comme le montre LeMonde.fr.

Francetvinfo.fr précise que Manuel Valls refuse toujours de céder. "Je ne crains rien, j'écoute bien sûr, le dialogue avec les partenaires sociaux est permanent", a déclaré le Premier ministre, lundi. Il a toutefois assuré que l'article 2 de la loi Travail, le plus contesté, "ne sera pas changé". Ce qui pousse les députés socialistes, écologistes et communistes opposés au texte à démontrer qu'un «compromis est possible» comme le montre Libération.fr. Pour ne pas être accusés d’être «contre» sans «proposer», plusieurs députés socialistes, écologistes et communistes ont rempli leur agenda de la semaine de rendez-vous avec des responsables syndicaux. «Nous voulons savoir où en sont les syndicats, leurs positions sur le texte, explique Christian Paul, l’un des députés PS opposé au texte El Khomri actuellement en discussion au Sénat. Nous mesurerons quelle est la possibilité réelle d’un accord.»

Avec quinze autres députés – dont l’écologiste Cécile Duflot, les communistes André Chassaigne et Marie-George Buffet ou encore les socialistes Jean-Marc Germain et l’ex-PS Pouria AmirshahiPaul compte ainsi renvoyer le gouvernement à son «jusqu’auboutisme». Ces parlementaires commenceront ce mardi leur «marathon du dialogue» par une rencontre avec des représentants de la CFDT. Mercredi, défileront à l’Assemblée nationale les numéros un de l’Unsa (Florence Dodin), Force ouvrière (Jean-Claude Mailly), Unef (William Martinet), de la CFTC (Philippe Louis) et CGT (Philippe Martinez) avant de terminer, jeudi, par la FSU et la CFE-CGC.

En parallèle du mouvement social, depuis lundi (et jusqu’au 24 juin), c’est au tour du Sénat d’examiner le très controversé projet de réforme du code du travail comme le montre LeMonde.fr. Il avait été adopté par l’Assemblée nationale grâce à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, c’est-à-dire sans le soumettre au vote. Si le Sénat dispose d’une marge de manœuvre pour figer certains articles, cette lecture devrait surtout faire office de vitrine pour l’opposition. La majorité de droite entend en effet donner un coup de barre libéral au texte en affirmant notamment vouloir «faire sauter le verrou des trente-cinq heures». Comme le montre LaTribune.fr Myriam El Khomri s'est également engouffrée dans la brèche hier en déclarant devant les sénateurs : "A ceux qui nient l'existence d'un clivage entre la gauche et droite, la majorité sénatoriale vient d'apporter un démenti explicite". Myriam El Khomri va disposer d'un boulevard pour expliquer que sa version du texte est modérée. Un peu gros.

La mobilisation contre la loi travail est important et montre que l’essoufflement souhaité n’est pas si visible que ça (LeMonde.fr, Libération.fr, francetvinfo.fr, franceinfo.fr, Ouest-France.fr et twitter) : à Marseille entre 5000 (selon la police) et 140 000 personnes (selon la CGT), à Toulon 3000 personnes, à Toulouse 6000 (selon la police) et 30 000 (selon les syndicats), à Saint-Étienne 900 (selon la police) et 1500 (selon les syndicats), à Rennes 4000 personnes, à Avignon 2000 personnes, à Bordeaux 500 personnes (une votation citoyenne a eu lieu contre la loi travail), à Brest 600 personnes, à Béziers 600 personnes, à Perpignan 1 000 personnes, à Lyon 9000 (selon les syndicats) 3 800 personnes (selon la police), à Quimper 350 personnes, à Quimperlé 240 personnes, à Lorient 1000 personnes, à Lannion 200 personnes, à Morlaix 200 personnes, et à Pau 3000 personnes.

La manifestation parisienne, qui s'est élancée en début de l'après-midi de la place d'Italie, a été émaillée d'incidents en marge de celle-ci. Une quinzaine de personnes ont été interpellées et plusieurs blessés évacués. Un million de personnes ont défilé à Paris contre la loi travail, selon les trois syndicats organisateurs (CGT, FO, Solidaires) cités par l'AFP. La préfecture de police évoque, elle, entre 75 et 80 000 personnes dans le cortège parisien. La CGT a revendiqué 1,3 million de manifestants sur tout le territoire.

Une forte mobilisation montre au gouvernement que la contestation ne s’essouffle pas comme elle pouvait l’espérer, il est encore temps de négocier plutôt que de faire croire que la loi de gauche alors que la droite n’a fait que rajouter plus de points libéraux sur la loi qui existe déjà. Il ne faut pas s'inquiéter les médias vont se fixer pour les quelques casseurs qui vont rendre le mouvement inaudible. Honteux !

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

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gaetan ribault 16/06/2016 10:52

Je ne suis pas d'accord avec vous: Si le smédias donnet une information neutre , il suffirait d'un seul media , on l’appellerait La Pravda . Qu'un média affiche des opinions ne me choque pas , à condition qu'ils les affiche. Si je lis l'Humanité je connais la tendance, de m^me l'Obs, ou le Figaro. Par contre le Monde n'est plus et depuis longtemps neutre (s'il l'a été du temps de HBM). Même la Croix aujourd'hui évolue vers des positions progressistes , mais sans le dire tout à fait,, cela doit vous plaire.Je crains qu'une partie de son lectorat (dont moi) ne suive pas !

paroissiens-progressistes 16/06/2016 14:59

gaëtan,

Neutre pas les journaux, mais les journalistes, chacun a son approche des événements sans forcément prendre parti. Il y a des journaux politiques, mais doit-on se limiter à une vision politique, alors qu'une vision critique est meilleure pour donner une excellente analyse.

Merci !

M.W 14/06/2016 20:48

Paroissien-Progressiste

Mais vu que le gouvernement a fait passer la loi par le 49.3 c-à-d par la force, va t-il reculer maintenant ? Manuel Valls semble préférer le dialogue... de sourd.

Bah, c'est le travail des médias de n'insister que sur les casseurs pour décrédibiliser le mouvement non ? après tout ils se focalisent sur les croyants violents et fanatiques et oublient les croyants tolérants et pacifistes parce que cela gêne la propagande des athées militants.

Cordialement

paroissiens-progressistes 14/06/2016 23:05

M.W,

Manuel Valls comprendra quand le PS les élections présidentielles et législatives. Sa surdité finira à ce moment-là.

Non le travail des médias est de donner de l'information neutre, pas de prendre parti.

Merci !

gaetan ribault 14/06/2016 20:09

Jadis en 1947 il ùe semble ,le ministre Jules Moch (socialiste) n'a pas hésité à faire intervenir la troupe.
A croire que les socialistes d'aujourd'hui sont des peureux

paroissiens-progressistes 15/06/2016 13:14

gaëtan,

Vous savez bien que ce sont des casseurs qui n'en ont que faire de la loi travail, ils veulent juste affronter la police. Faire l'amalgame est un peu facile.

Merci !

gaetan ribault 15/06/2016 11:41

Enfin Bravo pour les intrusions et les démolitions à l’Hôpital des Enfants malades, et ne dites pas que ce sont des casseurs . Si la CGT arrêtait de faire suer le monde avec ses revendications stupides, il n'y aurait pas de casseurs, ou alors des hooligans anglais et russes

paroissiens-progressistes 14/06/2016 23:33

gaëtan,

Jules Moch a fait intervenir la troupe en 1947, mais ces grèves sont aussi condamnées par un certain nombre de syndicalistes cégétistes qui, le 19 décembre, constituent la C. G. T.-F. O. (Force ouvrière). Et le PCF s'inquiétant de la radicalisation du mouvement le PCF, a accepté de négocier avec les socialistes la reprise du travail. Il n'y a pas que la force qui met fin à une grève.

Merci !