Le pape dénonce les obstacles bureaucratiques à l'aide humanitaire

Publié le 13 Juin 2016

Alors que les armes profitent d'une libre circulation "fanfaronne", les obstacles à l'accès aux aides humanitaires sont toujours nombreux dénonce le pape François sur ouest-france.fr.

Le pape François a dénoncé lundi 13 juin 2016au siège du Programme alimentaire mondial (PAM) à Rome la contradiction choquante entre la libre circulation «fanfaronne» des armes et les nombreux obstacles freinant l'accès aux aides humanitaires. «Tandis que les aides et les plans de développement sont contrecarrés par des décisions politiques compliquées et incompréhensibles, par des visions idéologiques biaisées ou par des barrières douanières infranchissables, les armes ne le sont pas. Elles circulent avec une liberté fanfaronne et presque absolue dans de nombreuses parties du monde», a dénoncé Jorge Bergoglio devant l'assemblée de cet organe de l'ONU chargé de la distribution des aides humanitaires.

«Ce sont les guerres qui se nourrissent et non les personnes, et dans certains cas, la faim elle-même est utilisée comme une arme de guerre», s'est-il insurgé devant l'assemblée de cet organe de l'ONU chargé de la distribution des aides humanitaires. La prépondérance des armes «empêche la distribution de nourriture dans les zones de guerre», au mépris «des principes et des directives les plus fondamentaux du droit international, en vigueur depuis plusieurs siècles», a insisté le pontife argentin. «Il est urgent de débureaucratiser tout ce qui empêche les plans d'aide humanitaire d'atteindre leurs objectifs», a-t-il martelé.

Le pape a encore estimé que «l'information excessive» à disposition forçait chacun à s'habituer à la misère des autres : «Peu à peu, nous sommes immunisés contre les tragédies des autres et nous les considérons comme quelque chose de «naturel»», a-t-il regretté. Devant la direction du PAM, et en premier lieu sa directrice exécutive, l'Américaine Ertharin Cousin, le premier pape de l'hémisphère Sud a estimé que cela ne suffisait pas d'«élaborer de longues réflexions ou de s'adonner à d'interminables discussions».

«La misère a un visage. Elle a le visage d'enfants, elle a le visage de familles, elle a le visage de jeunes gens et de personnes âgées. Elle a un visage dans le manque d'opportunités et de travail chez de nombreuses personnes, elle a le visage de migrations forcées, de maisons vides ou détruites», a-t-il expliqué.

Le pape François effectuait sa première visite au PAM, après celle qu'il avait effectuée à la FAO (organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) en novembre 2014. Basé à Rome, le PAM apporte chaque année une assistance alimentaire à quelque 80 millions de personnes dans près de 80 pays. Très chaleureusement accueilli, le pape a remercié des centaines de membres du personnel du PAM rassemblés à l'extérieur du bâtiment : «Merci pour tout le travail caché que vous accomplissez, merci pour votre courage».

Le pape François a dénoncé une terrible réalité au PAM que la propagation de la faim dans le monde est due à l’égoïsme et à la mauvaise répartition des richesses et des ressources. Dénoncer pour le pape est réveiller les consciences, mais le réveil ne commence qu’en changeant le système qui crée cela.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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