Pédophilie : le cardinal Barbarin auditionné pendant dix heures

Publié le 9 Juin 2016

LePoint.fr nous montre dans son article du mercredi 8 juin 2016 que le cardinal Barbarin est mis en cause pour des faits de non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs et de mise en danger de la vie d'autrui.

Que savait le cardinal Barbarin du cas d'un prêtre lyonnais suspecté d'abus sexuels de jeunes scouts il y a 25 ans ? Son audition par la police mercredi à Lyon, qui a duré dix heures, doit aider à faire la lumière sur une affaire qui empoisonne l'Église de France. Arrivé vers 8 heures à la Brigade départementale de protection de la famille, l'archevêque de Lyon en est ressorti vers 18 heures, selon l'avocat qui l'a assisté devant les enquêteurs, Me Jean-Félix Luciani. Il avait été convoqué pour une audition libre - sans placement en garde à vue - dans le cadre d'une enquête préliminaire ordonnée il y a trois mois par le parquet.

Enquête qui touche ici à sa fin : il revient désormais au procureur de la République d'y donner suite ou non en classant l'affaire, en la renvoyant directement devant un tribunal ou en saisissant un juge d'instruction. "Je pense qu'il n'y aura pas de suite car il n'y a pas d'infraction", a affirmé Me Luciani à la sortie du commissariat.

"C'est quelqu'un qui souhaitait s'expliquer depuis de nombreux mois. Depuis très longtemps, il est traîné dans la boue et, à un moment donné, on a envie de répondre", a commenté Me Luciani. "Il ne faut pas confondre le débat moral, les débats politiques ou de société avec le débat pénal, qui est une autre affaire", a-t-il ajouté.

L'audition de Mgr Barbarin, après plusieurs mois de scandale, est intervenue quatre jours après la publication d'une lettre apostolique dans laquelle le pape a ouvert la voie à la révocation d'évêques coupables de "négligence" dans leurs fonctions face à des cas de pédophilie. Récemment, le pape a cependant apporté son soutien au cardinal, en estimant que le primat des Gaules avait "pris les mesures qui s'imposaient". "Il continuera à coopérer avec la justice dans la plus totale transparence (...) et forme le vœu que son témoignage contribue à la manifestation de la vérité et à l'œuvre de la Justice", a déclaré pour sa part le Diocèse dans un communiqué.

Vendredi, la cour d'appel de Lyon doit se prononcer sur la prescription des faits reprochés au père Preynat. Si elle les déclarait prescrits, la défense de Mgr Barbarin estime qu'il ne serait plus possible de poursuivre le cardinal, mais les avis juridiques divergent. Un seul évêque français à ce jour a été condamné pour non-dénonciation, Mgr Pican en 2001, à trois mois de prison avec sursis.

Peut-on défendre Mgr Barbarin, comme le montre Sud-oeust.fr c’est difficile. Nommé en 2002, il n'a fait que marcher sur les brisées de ses trois prédécesseurs. Tous connaissaient la pathologie du père Preynat, qui ne dissimulait pas à ses pairs les tourments qui l'habitaient. Ce n'est qu'en 1990, sous la pression de certaines familles, que la décision avait été prise de lui retirer sa paroisse. Non pour l'exclure de l'Église mais pour l'exfiltrer. D'abord chez les Petites Sœurs des pauvres avant de le nommer dans la Loire et dans la région de Roanne, où sa hiérarchie prendra le risque de le voir récidiver, rien n'étant fait pour lui interdire tout contact avec les enfants.

Aucune agression ou attouchement n'étant signalé, le volcan Preynat était considéré comme éteint au sein de l'archevêché. En 2011, le cardinal Barbarin aurait même assuré à une ancienne victime du prêtre que ce dernier ne côtoyait plus de mineurs. La réalité était pourtant tout autre. Disparu des radars, l'abbé avait créé un patronage et animait des colonies. Mais comme ses devanciers, le primat des Gaules répugnait à sévir.

En 2008, il n'avait pas davantage signalé à la justice les attouchements d'un autre curé lyonnais rapportés par un jeune homme de 20 ans. Il s'était alors contenté de faire muter le pédophile dans la région parisienne, laissant la victime porter plainte, seule. Le prêtre avait écopé de six mois de prison avec sursis, sans que sa hiérarchie ne soit mise en cause. L'affaire n'avait été que faiblement médiatisée. Sans doute parce qu'il s'agissait d'un moment d'égarement. Mais, prédateur ou pas, la réponse du diocèse était toujours la même : déplacer mais ne pas dénoncer.

On saura vendredi si justice est faite pour les victimes.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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