Une reconnaissance un peu trop rapide des apparitions de la Vierge en Argentine

Publié le 1 Juin 2016

Cath.ch nous signale mercredi 1er juin 2016 que Mgr Hector Sabatino Cardelli a reconnu, le 22 mai 2016, les apparitions de la Vierge du Rosaire à San Nicolas de los Arroyos, en Argentine, ville dont il est l'évêque. Ces apparitions se sont déroulées de 1983 à 1990 dans cette localité située à 240 km au nord-ouest de Buenos Aires.

Une reconnaissance un peu rapide. Il est bizarre que les autorités religieuses du lieu n’aient pas vu la proximité entre les apparitions mariales à Lourdes et à Fatima avec le témoignage de la voyante Gladys Quiroga de Motta qui aurait vu la Vierge à l’âge de 48 ans le 25 septembre 1983. D’origine humble, elle est la mère de deux filles. Ensuite, elle se rend chez le prêtre Carlos Perez le 12 octobre, puis elle est reçue en audience par l’évêque Antonio Rossi le 14 octobre.

La Vierge lui aurait demandé de bâtir un temple de marbre rose le 7 octobre, ce qui se rapproche des chapelles demandées par la Vierge à Lourdes et Fatima. Elle se rend à la cathédrale de San Nicolas le 17 octobre, où elle a une vision d'une image où elle résidait auparavant. Dans un dépôt de cette église, elle reconnait l'image qui apparaissait dans ses visions : la Vierge du Rosaire. L'image a été sauvée, il manquait sa main droite et le chapelet. C’est facile, tout le monde peut dire qu’on voit une image puis en voyant une statue dire que c’est l’image qu’on a vu.

La Vierge Marie lui aurait aussi conseillé de chercher de l'eau dans le sanctuaire et un rayon de lumière aurait illuminé la crypte du sanctuaire le 24 novembre. Cependant, les géologues dans la province de Buenos Aires ont nié qu’un jaillissement naturel était à cet endroit. Quand un trou fut fait dans la crypte le 27 octobre de l’eau semblait jaillir (sembler ne veut pas dire qu’il y a eu de l’eau) et les fidèles ont vu cela comme miraculeux. Là encore, c’est une copie de ce qui s’est passé à Lourdes. Ensuite se crée en 1984 le mouvement marial de San Nicolas et le sanctuaire a commencé sa construction en 1987.

La dernière apparition aurait eu lieu en février 1990, et selon la légende populaire, les communications privées entre la Vierge et la voyante continueraient. Comme c’était le cas pour la dernière voyante de Fatima, Lucia. La mise en garde imposée par l'Église par Mgr Castagna prudent mais soutenant la voyante, empêche Gladys Motta de parler de ses soit disant contacts avec la Vierge Marie.

C’est devenu le plus grand confluent de milliers de pèlerins venus de différentes provinces et les pays voisins. Des milliers d'autobus, camionnettes et voitures démontrent le degré de mobilisation de la dévotion des fidèles a provoqué le phénomène de la foi. Des milliers d'autobus, camionnettes et voitures démontrent le degré de mobilisation de la dévotion des fidèles qui aurait provoqué un phénomène de la foi. Un vrai cirque de la foi.

Comme à Lourdes et à Fatima, la reconnaissance d’un lieu marial a des buts moins nobles car le message de la Vierge est ici en phase avec les doctrines catholiques, en dehors de toute erreur doctrinale puisqu’il est contre l'avortement, le divorce, et l'athéisme. En gros le message se limite à dire que le monde est mauvais, et que pour survivre il faut être réactionnaire. La solution pour changer le monde est la pratique religieuse continuelle. C’est un culte qui ne fait de mal à personne et qui ne s’occupe pas des pauvres et des marginaux. Et aussi une belle opération financière, car être un lieu d’apparition permet à un diocèse de bien gagner sa vie surtout si les pèlerins viennent nombreux, ce qui est le cas ici.

En gros, la foi a peu à voir avec cette reconnaissance. Le phénomène profite de la crise économique à San Nicolas provoqué par les licenciements massifs à SOMISA, et beaucoup survivent grâce à cette pseudo apparition en vendant des objets religieux.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Commenter cet article

Françoise 02/06/2016 22:33

Tu t'aperçois, Taï, que pour les apparitions modernes en tout cas, il s'agit toujours de copier ou Fatima ou Lourdes ou Pontmain et que c'est toujours dans des contextes économiques et politiques difficiles, un moyen de renflouer les caisses de différents diocèses et communes qui exploitent le filon. De l'île Bouchard à Medjugorje en passant par Kibého et Garabandal, tout est affaire de fric et peu de message évangélique.
Les groupes intégristes qui utilisent ces "apparitions" le font à des fins de reconnaissance vaticane, pour se donner une réelle légitimité mais aussi pour gagner beaucoup d'argent y compris par la corruption financière et l'adhésion des "voyants" à leur groupe.
Ne pas oublier non plus que Lourdes a servi les intérêts dogmatiques du Vatican, mais aussi l'économie locale et familiale qui était au plus bas avant les apparitions.
Quand je repense à Bernadette, je me pose toujours la question de la petite ado de 14 ans qui vit dans un cachot dans une misère effroyable, craint peut-être un placement judiciaire de ses frères et soeurs, et qui gavée de religiosité par les religieuses et les discours du curé Peyramale, trouve ce subterfuge de l'apparition mariale pour sauver sa famille de la misère et d'une séparation. Elle fera par la même occasion son placement promotionnel social en couvent et permettra à sa famille de s'enrichir dans l'hôtellerie qui aujourd'hui encore, fait les beaux jours des descendants de Bernadette.

paroissiens-progressistes 07/06/2016 19:00

Françoise,

Je ne m'en suis pas aperçu, ça fait un moment que je doute des apparitions mariales, j'allais avant à Fatima mais ça m'a dégoûté de voir le commerce autour de tout ça et les frais astronomique pour construire une église très laide. Je ne voyais pas Dieu en cet endroit, mais une dévoterie qui ne changera pas le monde.

Merci !