Le pape à l’épreuve des conservateurs en Pologne

Publié le 28 Juillet 2016

Le pape à l’épreuve des conservateurs en Pologne

tdg.ch dans son article du mercredi 27 juillet 2016 nous montre que pour le chef de l’Église catholique, plus ouvert que ses prédécesseurs, son déplacement à Cracovie s’annonçait délicat. Dans son premier discours prononcé à Cracovie, il a appelé les Polonais à "dépasser les peurs" et à accueillir "ceux qui fuient la guerre et la faim", abordant d'emblée la question des réfugiés, sujet délicat pour Varsovie.

Peu après son arrivée, le pape a gagné le château royal de Wawel, où il s'est adressé dans la cour d'honneur au président Andrzej Duda, à plusieurs membres du gouvernement conservateur et à quelque huit cents invités, en évoquant le "complexe phénomène migratoire". Comme son prédécesseur polonais Jean Paul II, il n'a pas hésité a faire allusion aux problèmes qui font débat dans le pays, au risque d'indisposer ses dirigeants. La migration "demande un supplément de sagesse et de miséricorde pour dépasser les peurs et réaliser le plus grand bien", a dit le pape François, visant les craintes de la société polonaise, très homogène, face aux migrants étrangers, que le gouvernement conservateur de Mme Beata Szydlo se refuse à accueillir, au nom de la sécurité.

Commentant devant les caméras son tête à tête de 30 minutes avec le pape qui a suivi, M. Duda a assuré qu'il n'avait pas parlé avec lui de migrants. "Chacun a entendu ce qu'a dit le Saint-Père. Je ne peux que répéter ce que je dis toujours: nous sommes un pays fondé sur des valeurs et nous ne refusons notre aide à personne. Si quelqu'un veut venir chez nous, surtout s'il est réfugié, fuit la guerre, veut avoir la vie sauve, il sera certainement accueilli", a affirmé M. Duda. Mais "nous ne sommes pas d'accord pour qu'on impose des gens en Pologne par la force", a-t-il ajouté, dans une allusion au système de quotas de migrants de l'UE, refusé par Varsovie.

Il faut accueillir «tous ceux qui fuient la guerre et la faim». C’est le message qu’a adressé mercredi à Cracovie, à l’intention des autorités polonaises, le pape François, qui se rendait en Pologne à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Le pape a affirmé que la crise migratoire «demande un supplément de sagesse et de miséricorde pour dépasser les peurs», dans une allusion aux craintes de la société polonaise, très homogène, face aux migrants étrangers. Le gouvernement conservateur de Madame Beata Szydlo se refuse de les accueillir, au nom de la sécurité.

Pour le pape François, cette étape diplomatique s’annonçait délicate, au moment où son message d’ouverture à l’égard des migrants et des musulmans se heurte à l’effroi – et aux amalgames – que suscitent les attentats terroristes, et ce alors qu’un prêtre catholique vient de se faire assassiner en France. Menant une politique migratoire restrictive, le gouvernement ultraconservateur n’est pas en phase avec les déclarations du pape. Mais ce n’est de loin pas le seul sujet qui fâche. Nombre de Polonais, dont les évêques très conservateurs que le pape doit rencontrer ce jeudi, sont encore nostalgiques du charismatique Jean-Paul II, le premier pape polonais de 1978 à 2005.

L’image que cultive le pontife argentin, amateur de tango et défenseur d’une «Église des pauvres», passe mal auprès de la hiérarchie catholique polonaise. Beaucoup d’évêques polonais voient en effet d’un mauvais œil les efforts de François en faveur d’une Église plus flexible et compatissante, selon le vaticaniste Christopher Lamb, cité par The Tablet. Ils sont en désaccord notamment avec les appels à ouvrir les portes des églises aux pécheurs, comme les mères célibataires ou les divorcés remariés. Le pape pourrait toutefois appuyer un projet controversé en Pologne d’interdire presque complètement l’avortement.

L’une des questions sensibles porte aussi sur l’homosexualité. «Ce qui est nouveau, c’est l’attitude de François à l’égard de cette communauté», souligne Michel Grandjean, professeur d’histoire du christianisme à l’Université de Genève. «Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour le juger ?» déclarait le pape en 2013, de retour des JMJ de Rio. Avec cette prise de position, il s’est démarqué de ses prédécesseurs. Mais «en affirmant une volonté d’ouverture sur ce genre de questions, il a su irriter les branches ultraconservatrices», précise l’historien.

Toutefois, au-delà de quelques divergences sur des sujets «délicats», il serait maladroit de croire que le pape François est l’antipode de Jean-Paul II, poursuit Michel Grandjean. Sur la question du capitalisme, par exemple, «les deux papes marchent dans la même direction. Tous deux n’ont jamais prétendu que ce système est l’antichambre du paradis sur terre.»

Cela dit, malgré les désaccords politiques et idéologiques, la visite du pape pourrait être vécue comme un bol d’air dans une Pologne qui se referme sur elle-même. Certes, «les catholiques polonais ne vont pas accueillir le pontife qu’ils souhaitent, mais compte tenu de leur situation sociale et politique, il se pourrait qu’ils reçoivent justement le pape dont ils ont besoin», a estimé le vaticaniste John Allen sur le site spécialisé Cruxnow.

Bouger les conservateurs pas seulement, il désire aussi bousculer les jeunes. Comme le montre france.info.fr ce jeudi 28 juillet 2016 le pape François a eu ses premiers mots mercredi soir pour la jeunesse catholique à son arrivée en Pologne où se tiennent les Journées Mondiales de la Jeunesse. Du même balcon que Jean-Paul II à son époque, le chef de l’église catholique a demandé aux jeunes de ne pas avoir peur. Il a été accueilli dans une Cracovie sous haute surveillance après la série d’attentats.

De la fenêtre de l’archevêché à Cracovie, Jean-Paul II dialoguait à bâtons rompus avec les jeunes fidèles. Le pape François reprend volontiers la tradition. Tout sourire hier soir pour une allocution très informelle et hors programme. "N’ayez pas peur. N’ayez pas peur ! Le Seigneur nous montre l’exemple de jeunes courageux. Ils nous aident à aller de l’avant dans la vie ! Vous, faites votre devoir, faites du raffut toute la nuit. Et répandez la joie chrétienne…" N’ayez pas peur. Les mots du pape François dans un contexte qu’il décrit lui-même comme un contexte de guerre mondiale. Une guerre dont le prêtre français tué mardi n’est que l’une des très nombreuses victimes souligne le chef de l’église catholique.

Comme le montre francetvinfo.fr ce jeudi le souverain pontife, à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), s'est rendu aussi à Czestochowa pour prier devant une icône de la madone noire, attribuée, selon la légende, à saint Luc, particulièrement vénérée en Pologne et réputée miraculeuse. Il a ensuite présidé une messe en plein air à l'occasion du 1050e anniversaire du baptême de la Pologne, célébré cette année.

Au cours de celle-ci, le pape François est tombé, apparemment après avoir raté une marche, jeudi 28 avril à Czestochowa (Pologne), mais s'est relevé aussitôt, aidé par les prêtres qui l'accompagnaient. Il a immédiatement poursuivi son chemin pour monter à l'autel dressé devant le sanctuaire marial de Jasna Gora.

Devant une foule de quelques centaines de milliers de personnes, composée essentiellement de Polonais, le pape, serein et paraissant en bonne forme, le visage reposé, a prononcé une homélie sur les vertus de la Vierge Marie, invitant les croyants à "aller au-delà des torts et des blessures du passé et de créer la communion pour tous".

Le pape François bouscule les conservateurs et leur politique migratoire, tout en réaffirmant les positions de l'Église sur la défense de la famille et la protection de la vie "de la conception à la mort naturelle", autrement dit en proscrivant l'avortement et l'euthanasie, mais il n’a pas peur de dire aux jeunes d’avancer et de ne pas avoir peur, car ils doivent être des porteurs de joie, tout en demandant aux Polonais de créer la communion pour tous. Le message du pape sera-t-il porteur, sans doute s’il répond aux attentes de la population polonaise et s’il réveille les jeunes catholiques de leur torpeur pour que les JMJ ne soient pas un Woodstock catholique de plus.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0
Commenter cet article