Des ministres ordonnés locaux, une réponse à la pénurie de prêtres, qui commence à prendre forme au Brésil

Publié le 7 Août 2016

Rafael Marcoccia dans on article du samedi 6 août 2016 pour periodistadigital.com nous montre que la grande extension territoriale du Brésil représente pour l'Église un défi énorme. Il est estimé que près de 70 000 communautés à travers le pays ne célèbrent pas l'Eucharistie régulièrement. Pour y faire face, vient en ce moment-là la proposition des les ministres ordonnés locaux. Un des responsables de cette proposition est le prêtre brésilien et théologien, Mgr Antonio José de Almeida, professeur à l'Université pontificale catholique du Paraná. Docteur en théologie de l'Université pontificale grégorienne à Rome, il aborde la question des ministères dans l'Église dans la signification de la vie et la mission des communautés, et il connaît de nombreuses expériences de ministères non ordonnés en Amérique latine.

Fin avril dernier, à l' occasion de la Réunion nationale de 16 prêtres qui encourageait la Commission nationale des prêtres et la Commission pour le ministère ordonné et la Vie Consacrée, Mgr Almeida a publié un article intitulé «presbytères communautaires pour les communautés sans l'Eucharistie», qui présente des idées qui viennent à échéance.

La proposition de Mgr Almeida, inspirée par les idées de Mgr Fritz Lobinger, qui était près de 50 ans en Afrique du Sud est d’ordonner des dirigeants, célibataires ou mariés, profondément enracinés dans des communautés ecclésiales matures. Des communautés ecclésiales d'âge mûr qui sont celles avec une histoire de chemin ecclésial et de vie communautaire, avec des ministres non ordonnés dans le domaine de la Parole, du culte et de la charité, qui seront accompagnés par des prêtres dédiés à les aider et à participer à leur processus de formation continue, en communion avec l'Église locale.

Almeida propose que ces deux types d’ordinations reçoivent différents noms : les prêtres locaux et les ministres ordonnés. Les prêtres restent célibataires et sont envoyés dans les paroisses du diocèse, alors que les ministres ordonnés locaux ne servent qu'à la communauté dans laquelle ils vivent et pourraient être intégrés dans la vie familiale et professionnelle. Dans le cas où vous ne disposez pas de travail ou vous l’avez perdu, les ministres ordonnés locaux pourraient être aidé et maintenu par la communauté, tout comme ils entretiennent déjà des prêtres.

«Les deux sont prêtres ayant reçu le même sacrement de l'Ordre, à la fois pour prêcher l'évangile au nom de l'Église, à la fois pour administrer les sacrements, à la fois pour conduire la communauté avec et sous l'évêque, les deux sont ordonnés pour la vie», dit la proposition. Mais alors que «les prêtres assurent une vaste région et vivent dans une circonscription pastorale plus large», les «ministres ordonnés locaux» vivent au sein de leur communauté. Ainsi, les ministres ordonnés locaux seraient élus directement par la communauté et ne doivent pas être seulement unique, mais un petit groupe de deux ou trois. En outre, le service communautaire serait à temps partiel.

«Le modèle n’est pas la grande paroisse, territoriale, anonyme, entièrement centralisé dans la paroisse, où tout dépend d’elle.» Ces ministres doivent répondre aux critères suivants : être des hommes de foi éprouvée et vertueux, compétent et respectés au sein d'une communauté donnée. Mgr Almeida estime qu’«ordonner certains dirigeants laïcs qui guident les communautés est la bonne décision, parce que l'objectif est de fournir à une communauté son propre prêtre, dans ce qui existe déjà dans cette communauté, assurant la relation de ministre communautaire. Il n’est pas un étranger de ce qui vient de l'extérieur, mais il est quelqu'un à l'intérieur. Inutile d'insérer : Il y a «inculturation» parce qu’il fait déjà partie de la communauté et de son histoire, il a le même visage, sa façon d'être.»

Par conséquent, l'article indique que non seulement on parle de ‘viri probati’, des hommes mariés qui peuvent être ordonnés prêtres, mais aussi des «communitates probatae», où l'accent est mis sur la communauté. «Il serait tragique que l'Église ordonne» des viri probati «sans un fort sentiment communautaire.» Les idées présentées dans cet article trouvent une forte résistance au sein de l'Église brésilienne. Bien que le problème est perçu et partagé, les solutions proposées ne trouvent pas beaucoup de consensus.

Dans tous les cas, la CNBB a autorisé une commission pour réfléchir à la question, composé de Raymundo Damacesno, archevêque d'Aparecida, Claudio Hummes, archevêque émérite de San Pablo, Walmor de Oliveira, Archevêque de Belo Horizonte et Sergio Castriani, archevêque de Manaus. Et certaines réunions ont eu lieu, mais n'elles n’ont pas encore fait de progrès significatifs.

La solution des ministres ordonnés locaux correspond au souhait du pape François de mettre en avant des «solutions courageuses et concrètes» pour palier le manque de prêtres, mais aussi pour aider le clergé a assurer sa tâche sans concédé de trop lourdes fatigues, tout cela aidé par la communauté. Cette idée qui a le souci de l’efficacité et de la proximité s’avère très intéressante.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Sacerdoce

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