En Irlande, un audit indépendant au séminaire de Maynooth

Publié le 27 Août 2016

Claire Lesegretain nous montre ce vendredi 25 août 2016 que le mardi 23 août, le conseil d’administration du séminaire Saint-Patrick de Maynooth s’est réuni pour «faire le point sur les besoins des étudiants et du personnel», peut-on lire dans un communiqué de la Conférence des évêques d’Irlande. Après avoir «reconnu la générosité qui motive les jeunes hommes qui se lancent dans une formation au sacerdoce» et «remercié les enseignants et tout le personnel pour leur dévouement», ces responsables ont «prié pour les nouveaux séminaristes».

Cette réunion de rentrée a eu lieu quelques jours après une décision très médiatisée de l’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin. Le 1er août, celui-ci avait annoncé qu’il n’enverrait plus «pour le moment» ses séminaristes se former au séminaire Saint-Patrick de Maynooth, s’appuyant sur des lettres anonymes faisant état de comportements sexuels inappropriés au sein de cette institution.

Mgr Diarmuid Martin avait déploré la «culture gay» qui prévaudrait dans ce séminaire qui forme les futurs prêtres irlandais depuis le XVIIIe siècle. Il avait dénoncé également l’utilisation, par certains séminaristes, de l’application Grindr (pour rencontres homosexuelles). Interrogé sur la radio nationale RTE, il avait même répété des propos disant que «quiconque essaie de prévenir les autorités est renvoyé du séminaire».

Après la vive polémique que cette décision a suscitée dans l’Église irlandaise, l’équipe de direction du séminaire se dit «préoccupée par l’atmosphère malsaine créée par des accusations anonymes et des commentaires malveillants sur les réseaux sociaux», selon ce communiqué.

Elle prend aussi plusieurs décisions, notamment celle de «passer en revue les procédures actuelles de dénonciation en vue de les améliorer et de mieux protéger (les dénonciateurs)». Le conseil d’administration demande aux autorités du séminaire «d’évaluer la politique quant à l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux».

Surtout, les administrateurs de Maynooth demandent à la Conférence des évêques d’Irlande de solliciter «un audit indépendant à propos de la gouvernance et des règlements dans les séminaires irlandais» et de mettre en place «d’urgence une politique unique pour les admissions dans les séminaires».

Autres demandes du conseil d’administration de Maynooth adressées à la Conférence des évêques : introduire une année de propédeutique, avant l’entrée au séminaire, pour tous les candidats; créer un comité de consultants et de conseillers pour examiner les besoins de formation des jeunes prêtres en tenant compte, entre autres, de la recommandation récente du pape François sur «la présence de laïcs et de femmes dans la formation de prêtre, qui promeut une appréciation de la diversité et de la complémentarité des vocations dans l’Église» (Amoris laetitia).

L’équipe de direction du séminaire Saint-Patrick de Maynooth a sans doute choisi la meilleure façon de régler les accusations à son encontre en demandant qu’une enquête indépendante soit menée suite à des accusations anonymes qui n’avancent pas de preuves tout en voulant aider les jeunes prêtres en formation.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0
Commenter cet article