Le Forum mondial de la théologie et libération dénonce la persécution des populations autochtones du Brésil

Publié le 21 Août 2016

Comme nous le montre periodistadigital.com dans son article du samedi 20 août le Forum Mondial de la théologie de la libération qui s’est réuni en août à Montréal a fait un manifeste pour la vie et le droit des peuples indigènes au Brésil, où les situations hémorragiques sont signalés et montrent la souffrance à laquelle ils sont soumis.

L'invasion des territoires indigènes, la tentative d'exercer un contrôle militaire sur ces personnes, les crimes commis contre eux, le nombre élevé de suicides commis par les jeunes, les crimes environnementaux, le manque de droits fondamentaux tels que la santé et l' éducation, sont quelques-unes des situations signalées dans la lettre qui montre l' urgence de tourner autour d'une situation qu’il n’est pas exagéré de décrire comme insoutenable et comme une véritable tragédie.

Je vous mets ci-dessous la Déclaration du Forum mondial de la théologie de la libération intitulée «Manifeste pour la vie et pour le droit des peuples indigènes au Brésil» :

«Le Forum mondial de théologie et libération -FTML- s’est réuni dans sa 7ème édition à Montréal, Canada, du 8 au 14 Août 2016, avec le thème «Résister, attendre, inventer : un autre monde est possible», dans le cadre du Forum social mondial, pour entendre des allégations sérieuses qui viennent du Brésil, où nous dénonçons l'attaque dont souffrent d’énormes peuples autochtones du Brésil. C’est l'attaque systématique contre la vie et les droits des autochtones, durement gagnées durent les dernières décennies et incluses dans la Constitution fédérale du Brésil de 1988.

Concrètement, nous dénonçons les crimes contre les dirigeants autochtones dans le Mato Grosso do Sul, principalement le peuple Guarani-Kaiowá sans justice et sans que la police fédérale brésilienne défende les communautés qui en sont victimes. Nous dénonçons l'invasion des autochtones par les grands propriétaires terriens, entreprises nationales et multinationales minières, les projets gouvernementaux tels que les centrales hydroélectriques, les routes et autres initiatives sur leurs territoires, généralement sans qu’aucune consultation soit faite aux communautés affectées, tel que la loi le prévoit.

Nous dénonçons le démantèlement dans le pays de la politique autochtone, la tentative de la militarisation du gouvernement intérimaire illégitime de la Fondation nationale des Indiens, les attaques contre la nature et contre les lois environnementales.

Nous dénonçons la vague conservatrice qui domine le Congrès national et les projets d’amendements à la Constitution qui violent les droits des autochtones et le PEC 215/2000. Il est urgent que le gouvernement brésilien et les responsables de la justice mettent fin à l’impunité de ceux qui menacent en permanence la vie des populations autochtones et leurs communautés. Il est urgent de mettre fin aux milices armées illégales, organisées par les propriétaires fonciers pour envahir les terres autochtones, en particulier dans le domaine de la Kaiowá dans le Mato Grosso do Sul.

Parmi de nombreux exemples de cette tragédie humanitaire, nous exprimons notre profonde tristesse pour les suicides successifs de jeunes Indiens parmi les Kaiowá du Mato Grosso do Sul, entre Karajas et l’île Bananal dans le nord du Mato Grosso, parmi les Indiens de la région de Gabriel da Cachoeira São, dans la frontière amazonienne avec la Colombie et plus récemment chez les jeunes Kulina / Madiha, dans le haut Purús, à la frontière avec l’Amazone au Pérou. Cette situation requiert une action urgente des autorités autochtones, les organes de la santé publique, ainsi que les efforts des Églises, des organisations œcuméniques qui défendent les droits des autochtones à la vie.

Il est encore temps d'arrêter de nombreux crimes et tragédies. Vous devez entendre le cri qui vient de communautés autochtones.

Pour la vie et pour la défense des droits des autochtones. Solidarité sans limites aux peuples indigènes des Amériques.

Montréal, Août 2016.»

Le Forum Mondial de la théologie de la libération nous montre le manque de respect des droits fondamentaux des populations autochtones et la cruauté avec laquelle le Brésil le traite, en bafouant les principes fondamentaux garantis par la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la Constitution brésilienne, tout cela doublé à l'absence de la divulgation par les grands médias locaux de cette situation font méconnaître à la plupart des Brésiliens la souffrance des peuples autochtones qui habitent le pays. Le FTML souhaite ouvrir les yeux aux populations brésiliennes et au monde sur le sort atroce de ces populations autochtones victimes de la logique capitaliste, et exprimer sa solidarité à ces dernières. Espérons que leur initiative porte.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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