Le père Hamel peut devenir un saint martyr de l'Eglise, selon l'archevêque de Rouen

Publié le 13 Août 2016

tv5monde.com dans son article du vendredi 12 août 2016 nous montre que le père Jacques Hamel, assassiné en pleine messe fin juillet près de Rouen, peut devenir un saint martyr de l’Église catholique, selon l'archevêque de la ville qui se dit prêt, dans une interview à l'AFP, à enclencher une procédure de canonisation dans le délai imposé de cinq ans.

Mgr Dominique Lebrun, qui a notamment célébré la messe des obsèques solennelles du prêtre le 2 août, une semaine après que ce dernier eut été égorgé par deux jeunes jihadistes se réclamant de l'État islamique (EI), indique qu'il "conserve précieusement les témoignages au sujet du Père Jacques".

Avoir fait un miracle, condition généralement imposée par l’Église pour une canonisation, ne serait pas nécessaire. "Pour les martyrs, leur fidélité (à la foi) devant la mort tient lieu de miracle", dit l'archevêque. Et selon Mgr Lebrun, l'abbé, tué dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, au pied de l'autel, peut légitimement être considéré comme un martyr.

"La mort du père Jacques Hamel est le témoignage ultime de sa foi en Jésus, qu'il a affirmée jusqu'au bout", dit-il. Quand il a appris l'attentat, l'archevêque était aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie. Il s'était rendu avec de jeunes rouennais sur la tombe de Jerzy Popieluszko, "prêtre assassiné par l'idéologie communiste, aujourd'hui martyr reconnu".

"C'est une autre idéologie qui a tué le père Jacques Hamel mais c'est la même foi chrétienne qui est visée", estime-t-il. "Il y a en fait deux questions: est-il un martyr ? Je pense que oui. Son martyre sera-t-il reconnu ? Je ne le sais pas encore". Dans la reconnaissance d'un martyr, "l'Église catholique ne cherche pas d'abord à dénoncer et à condamner une idéologie", souligne en outre Mgr Lebrun.

Avant toute reconnaissance, il y a une recherche de "ce que l'Église appelle la réputation de sainteté c'est à dire l'opinion des fidèles", explique l'archevêque. "Beaucoup de témoignages disent la foi fidèle de ce pasteur et sa bonté, tout en reconnaissant qu'il avait des défauts", témoigne-t-il. "Un saint n'est pas un homme sans péché. C'est un croyant qui met sa foi dans le Seigneur Jésus et met en pratique ses enseignements, notamment le commandement de l'amour", professe-t-il.

"La procédure de reconnaissance de la sainteté (...) ne peut commencer que cinq ans après la mort de la personne en cause", indique-t-il. "Formellement, il appartient à l'évêque du lieu de la mort de la personne d'enclencher la procédure" (de canonisation). "Il y a une phase locale avec une enquête attentive sur la vie et la mort de la personne. Ensuite la cause est envoyée à Rome où elle est étudiée avant la décision du Pape", détaille Mgr Lebrun, qui a appelé les fidèles à venir se recueillir sur la tombe du prêtre, lundi 15 août, fête de l'Assomption de la Vierge Marie.

Mais comme le précise HuffingtonPost.fr ce n'est pas si simple d'accéder au statut de martyr. En effet, le terme de martyr renvoie à des notions bien précises en droit canon. À l'origine, les martyrs sont les premiers chrétiens qui ont préféré mourir que de renier leur foi. Ils ont fourni les premiers saints de l'Église catholique, dont Saint Étienne. "Donner sa vie comme Jésus, accepter la mort pour ne pas renier sa foi, fut donc, dès les premiers temps de l’Église, le suprême témoignage" de la parole du Christ, explique Sophie de Villeneuve, pour La Croix.

Après la conversion de l'empereur romain Constantin en 312, le christianisme s'impose progressivement en Occident, au point de devenir la religion dominante. Dans cette Europe médiévale catholique, qui se couvre de cathédrale, la notion de martyr prend un sens plus large. On peut le devenir à travers une stricte ascèse, en s'infligeant des supplices plus ou moins graves, comme avec la cilice. Désormais, l'Église admet une définition encore plus vague. Elle va jusqu'à encourager un "martyre du quotidien" à travers le don de soi, le désintéressement, etc.

Entre cette acception très étendue du terme martyr, et la confusion avec une expression comme "souffrir le martyre" (une grande souffrance), Jacques Hamel a bien sa place parmi les martyrs dans le langage courant. En revanche, du point de vue de l'Église, c'est une autre affaire. Pour elle, devenir martyr revient à être béatifié, voire canonisé, c'est-à-dire à devenir saint. Cela passe donc par une longue procédure, à la seule différence que les martyrs n'ont pas besoin d'avoir réalisé de miracle.

Le cas des 19 religieux assassinés en Algérie entre 1994 et 1996, dont les moines de Tibhirine, illustre parfaitement ce processus. Vingt ans après les faits, leur "positio" est presque terminé, un document de plusieurs milliers de pages qui doit en faire des personnes "vénérables", deuxième étape sur quatre vers la sainteté catholique. Cette démonstration permet d'établir la vie de chacun, ses vertus, son état d’esprit à l’approche de la mort, son acceptation, et sa réputation de sainteté depuis, selon La Croix. Ensuite, tout repose entre les mains du pape...

Maintenant pour le père Jacques Hamel nous attendrons cinq ans et voir si le pape accepte pour savoir s’il peut devenir un «martyr». L’intérêt est grand pour ce cas et il est normal que l’Église se montre prudente.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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