Les Péruviennes sont en guerre contre les déclarations machistes du cardinal Cipriani et l'archidiocèse de Dublin paralyse l'admission des étudiants à cause de la suspicion d'une «culture gay» lors d'un séminaire

Publié le 4 Août 2016

periodistadigital.com nous montre dans son article du mercredi 3 août 2016 qu’à l'heure où le Pérou mène une bataille contre le féminicide, les déclarations publiées par l'ultraconservateur cardinal Juan Luis Cipriani insinuant que les femmes sont maltraitées par leur propre faute ont provoqué l'ire du Pérou.

Connu pour ses positions politiques allant contre l’avortement et les unions civiles de même sexe, Mgr Cipriani a dit dans ses Dialogues du programmes de radio Diálogos para la Fe que l'abus envers les femmes serait du fait que "de nombreuses fois, la femme se présente comme une vitrine, ce qui provoque".

"Dans un pays qui occupe le troisième rang dans le classement mondial du viol, une déclaration de cette nature ne mérite pas mon rejet seulement comme une femme, mais aussi en tant que ministre (...) Cette déclaration invisibilise et supprime tout responsabilité à l'agresseur" a répondu le ministre des femmes, Ana Maria Romero. Le deuxième vice-président du jeune gouvernement de Pedro Pablo Kuczynski, Mercedes Aráoz, a lâché sur : "Je peux porter une minijupe et personne n'a le droit de me toucher (...) Une femme peut se livrer à la prostitution et ne veut pas être violée, ne veut pas être violée. Personne n'a le droit de porter atteinte à notre dignité ni de provoquer les femmes".

Dans les réseaux sociaux, les commentaires de Mgr Cipriani ont déclenché un week-end d'indignation, avec les femmes et les hommes exigeant sa démission. Beaucoup voient cela comme une tentative de minimiser la marche contre la violence machiste qui va se réunir dans tout le pays pour le 13 Août a annoncé Aráoz qui assiste le vice-président et la Première Dame, Nancy Lange. Sous le slogan #NiUnaMenos, la marche dénonce les agressions et les meurtres de femmes par leurs partenaires ou d'anciens partenaires et contre le laxisme de la justice péruvienne qui ne sanctionne pas fermement les agresseurs dans un pays avec une culture machiste et conservatrice forte. "Cipriani (...) a fait des déclarations dans la chaire contre la marche «ni plus ni moins», en disant que de telles campagnes qui cherchent à imposer l'idéologie de genre" ne sont pas «humaines», a écrit le psychanalyste Jorge Bruce dans le journal La República.

Après la controverse soulevée, Mgr Cipriani, archevêque de Lima, la tête visible de l'Opus Dei en Amérique latine, a déclaré lundi qu'il avait été mal compris. Pourtant, il dit bien que sa phrase était malheureuse. Mais comment s’en étonner puisque il fait un lobbying contre les droits des femmes et fait souvent des remarques sexistes sur les femmes par écrit et en public. Doit-on s’étonner alors de cette phrase qu’il dit mal comprise ? Non, le mal est fait.

periodistadigital.com nous montre aussi dans son article d’hier que l’archidiocèse de Dublin a confirmé qu’il va suspendre temporairement l'admission de nouveaux étudiants au séminaire principal en Irlande du fait de la suspicion qu’il s’y serait étendu une «culture gay» par l'utilisation des applications mobiles pour planifier des rendez-vous en ligne.

L'annonce vient après que l'archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, a déclaré mardi 2 août que le radiodiffuseur public irlandais (RTE), qu’il était «mal à l’aise» avec les «allégations anonymes» exprimées par des lettres et des blogs contre un nombre important de séminaristes au St. Patrick College dans le séminaire de Maynooth. Ces accusations, a-t-il dit, font valoir qu'il existe une «culture homosexuelle» dans laquelle les élèves utilisent «une application appelée Grindr» qui, selon le religieux, sert à «organiser des rencontres gay».

«Son utilisation est non seulement inappropriée, car ils sont dans la formation pour devenir prêtres célibataires, mais aussi parce qu'une telle application favorise la promiscuité sexuelle, qui, en aucune manière serait une vision mature de ce qui devrait être un prêtre», dit Mgr Martin. Par conséquent, l'archevêque a déclaré que les nouveaux étudiants seront envoyés au Collège pontifical irlandais à Rome (Italie), alors que cette question est clarifiée au séminaire de Maynooth situé à 26 kilomètres de Dublin.

Mgr Martin a également reconnu qu'il y a des soupçons sur le fait que les autorités du séminaire ont refusé d'enquêter sur les allégations faites par les dénonciateurs, parce qu’ils ont commencé à «faire circuler toutes sortes d'accusations anonymes.» Mais il a déclaré que «certaines sont sûrs», et il affirme qu’il est impossible d'établir un «processus formel de recherche» parce que «le matériel reste anonyme.» C’est sûr, mais on n’est pas sûr parce que c’est anonyme. On ne peut pas dénoncer ou enquêter dans ce cas.

L'archevêque, qui est la plus haute autorité de l'Église catholique dans la République d'Irlande, a révélé qu'il a utilisé les services d'un observateur «indépendant» pour essayer de tirer de la clandestinité les dénonciateurs, mais leurs efforts ont seulement généré plus d’accusations «anonymes». Le prélat a appelé les responsables de Maynooth à prendre des mesures pour ceux qui veulent dénoncer des irrégularités présumées et peuvent présenter des «preuves solides et concluantes.»

Il a également dénoncé l’excessif «confort» apprécié des séminaristes dans ce centre de formation, où on leur sert, a-t-il déploré, «le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner.» Le confort n'est pas en faute ici.

Mgr Diarmuid Martin peut-il se fier à des dénonciations anonymes alors qu’il n’y a rien qui a été sensiblement prouvé sur ce qui se passait dans le séminaire. Le cardinal Timothy Dolan avait déjà été envoyé en 2011 à Maynooth pour enquêter sur deux choses : l'orthodoxie de la théologie et les allégations de l'activité sexuelle gay. Dans son rapport, il n'y avait aucune preuve pour étayer ces allégations. Que Mgr Martin fasse attention.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise, #Actualités

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