Abus sexuels : le pape demande une journée de prière mondiale pour les victimes

Publié le 13 Septembre 2016

L’EXPRESS.fr nous montre que le pape François a demandé l'institution dans le monde entier d'une journée de prière consacrée aux victimes d'abus sexuels, a annoncé le lundi 12 septembre 2016 le Vatican.

Cette demande fait suite à la proposition d'une victime d'abus, reprise par la commission d'experts contre la pédophilie qui s'est réunie à Rome la semaine dernière, selon un communiqué de cette commission diffusé par le Saint-Siège. "La commission estime que la prière fait partie du processus de guérison pour les victimes d'abus et la communauté des croyants. La prière publique constitue aussi une façon importante de sensibiliser l'Église", ajoute le communiqué. L'initiative est déjà en place dans plusieurs pays. Ainsi en Australie, l'Église a choisi le 11 septembre, journée nationale de la protection de l'enfance, pour prier pour les victimes d'abus sexuels.

La commission a en outre annoncé la création prochaine d'un site internet destiné à un large public pour donner des conseils destinés à prévenir ou détecter les abus sexuels sur des mineurs ou des adultes vulnérables. Cette commission composée à l'origine de 17 experts, dont deux anciennes victimes d'abus, a été créée en mars 2014 par le pape François pour proposer "les initiatives les plus opportunes pour protéger les mineurs et les adultes vulnérables".

Dès cette époque, des associations d'anciennes victimes comme le puissant réseau américain SNAP (Survivors Network of those Abused by Priests) avaient regretté qu'elle n'ait pas mandat de dénoncer et de mettre en accusation des auteurs de crimes. Le Britannique Peter Saunders, lui-même ancienne victime, a d'ailleurs été écarté de la commission en février après avoir exprimé à plusieurs reprises sa frustration devant la lenteur des travaux et surtout le refus du Vatican de le voir s'impliquer dans des cas particuliers de membres du clergé soupçonnés d'avoir commis ou couvert des actes pédophiles.

Nicolas Senèze dans son article de la-Croix.com du lundi 12 septembre nous montre aussi que cette rencontre a eu lieu samedi 10 septembre en marge de l’audience jubilaire, alors que la Commission pontificale pour la protection des mineurs se réunissait à Rome du 5 au 11 septembre.

Le pape François a rencontré samedi 10 septembre des victimes italiennes d’abus sexuels commis par des membres du clergé, a rapporté lundi le P. Hans Zollner, jésuite et membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs. «Deux victimes d’abus en Italie ont rencontré le Saint-Père, samedi 10 septembre après l’audience jubilaire», a confié le P. Zollner à Radio Vatican.

L’une, une jeune femme abusée par un prêtre quand elle était enfant, a remis au pape son livre Giulia et le loup, le tout premier ouvrage italien sur le sujet, tandis que l’autre lui a offert son livre sur les femmes consacrées abusées par des prêtres. «De ce que m’ont dit ces deux femmes, le pape a été très impressionné», a expliqué le P. Zollner. Cette rencontre intervient alors que la Commission pontificale pour la protection des mineurs tenait son Assemblée plénière au Vatican, du 5 au 11 septembre.

Le pape François fait des efforts louables mais le mal est déjà fait car les victimes et les fidèles n’ont plus confiance dans l’Église institution qui a couvert les prêtres pédophiles au lieu de les envoyer devant la justice et de se mettre du côté des victimes, qui ont du mettre devant les tribunaux l’Eglise et la toucher dans la seule chose qui lui fera du mal, son argent, pour avoir enfin justice. Il faudra du temps, et il sera dur de restaurer la confiance en l’institution. Une journée de prière ne sera sans doute pas la seule solution.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Odette 14/09/2016 11:06

Pourquoi juste pour l'abus sexuel et pas pour les plus horribles que celui-ci?

Françoise 14/09/2016 11:27

Dans l'abus vous avez aussi bien les attouchements que le viol.
Et contrairement à ce que les gens pensent sur l'abus, il est tout aussi violent qu'un viol. Vous savez pourquoi? Parce que dans l'abus sexuel, l'agresseur stimule sa victime en vue de la faire jouir malgré elle, de force. L'orgasme réactionnel de la victime va perturber tout son équilibre psychique, affectif, sexuel, mental. Ce durant toute son existence. Avec des symptômes, des pathologies dont vous n'avez même pas idée, Odette, tellement ça peut paraître effroyable. Et il faudra aux victimes faire des tas de démarches thérapeutiques pour sortir de ces pathologies. Certaines victimes ne pourront jamais dépasser ces abus ni les traumatismes qui vont avec. Ils finiront par se suicider de désespoir, de dégoût d'eux-mêmes et de la vie et des gens.
Donc la notion d'horrible que vous pensez inférieure concernant les abus sexuels, je crois qu'elle est surtout le produit de beaucoup d'ignorance sur ce qu'est réellement un abus sexuel et ce qu'il va induire de violences sur un individu, encore plus sur un enfant.
J'en parle parce qu'ancienne victime. Donc bien au courant de ce qu'est la réalité de l'abus sexuel, qu'il s'agisse d'attouchements, comme de viols, avec ou sans violence physique, psychologique.

Françoise 14/09/2016 08:10

Je crois surtout, Taï, que l'institution ne veut surtout pas voir les dégâts. Parce qu'elle les connaît depuis au moins la fin des années 40. Faut arrêter de nous raconter des histoires...

Mais c'est comme une espèce de conducteur de bombardier qui viserait très bas des tas de maisons et de gens, mais qui continuerait parce que c'est son boulot mais aussi sa nature qui veut ça et qui demande ça.

C'est de cet ordre-là dans la tête des hauts-prélats comme d'une bonne partie du clergé. Et c'est relié aussi au fait que l'institution se pense toujours supérieure par rapport au reste de l'humanité. Donc que le reste de l'humanité souffre par sa faute,c'est normal. C'est pour les prélats et le clergé en général, dans la logique de l'ordre humain dont les prélats seraient les princes. Eux se voient comme des dominants, comme le haut du panier de l'humanité qui doit leur être soumise ou disparaître. Donc que les autres souffrent par leurs crimes, c'est normal pour eux. Ca leur pose pas un problème de conscience. D'autant moins qu'ils ont été formés au plan religieux sur le principe suivant: à partir du moment où ils intègrent le clergé, ils deviennent des demis-dieux. Donc ils peuvent tout se permettre, en toute impunité, l'institution les couvrira. Le reste de l'humanité doit donc plier devant eux, que ce soit par la corruption ou par la destruction. Certains choisissent le monde religieux pour justement trouver un état constant de toute-puissance sans lequel ils ne pourraient pas se sentir exister. C'est moche mais c'est la réalité. Et ça existe depuis toujours.
Tu retrouves la même chose chez les politiques. C'est une recherche immature de toute-puissance permanente. Comme on l'observe chez des gosses de 4 à 6 ans. Mais physiquement adultes. C'est super flippant mine de rien. Parce que notre planète et notre humanité sont mises à sac par de vieux gamins incapables de grandir et d'accepter l'altérité et le respect d'autrui.
On peut donc en déduire qu'ils ne se respectent guère non plus. Et là tu comprends l'indifférence, le mépris qu'ils ont.
L'institution tant qu'elle ne sera pas prise à la gorge et au porte-monnaie, qu'elle aura les moyens de payer des avocats, des juges pour échapper à la justice pénale qu'elle soit locale ou internationale, tant qu'elle disposera de membres zélés pour satisfaire à ses caprices y compris sexuels, elle se fiche complètement des conséquences. C'est pas son problème. Son souci c'est de faire perdurer encore des siècles cette domination totalitaire avec tous les abus possibles et imaginables. Le reste ne l'intéresse absolument pas. Mais maintenant, prise un peu les doigts dans le pot de confiture, faut juste qu'elle fasse comme si elle se sentait concernée. C'est de la communication institutionnelle. Ca n'a pas d'autre utilité. Le morceau de sucre qui aide la médecine à couler, comme disait Mary Poppins. Et le plus triste, c'est que médiatiquement et même encore chez une partie des croyants, les gens se font avoir dans les grandes largeurs.
Ils croient au repentir, à la prise en considération de la souffrance des victimes.
Sauf que, quand concrètement tout est fait pour faire des commissions vides d'actions concrètes de lutte, tu vois bien que c'est totale hypocrisie. Si Peter Saunders a claqué la porte, c'est pas un hasard. Et si l'institution l'a plus ou moins débarqué parce qu'il ouvrait trop sa bouche, c'est pas un hasard non plus.
L'enseignement que peuvent en tirer les victimes c'est ne pas tenir compte de ces démonstrations médiatiques. Et de garder à l'idée que ce qui importe à l'institution, c'est la perpétuation de l'impunité criminelle. Donc qu'il leur faudra porter l'affaire en asso internationale et ne surtout jamais plier par rapport à l'institution vaticane. Sinon, c'est comme se faire violer à nouveau, c'est donner raison à leurs abuseurs agresseurs.

paroissiens-progressistes 15/09/2016 18:00

M.W,

Désolé, j'ai sans doute fait une erreur d'interlocuteur.

Merci !

M.W 15/09/2016 13:58

Taï

Pourquoi diable M.W, je n'ai rien posté sur cette page à ce que je sache

Cordialement

paroissiens-progressistes 14/09/2016 10:41

M.W,

L'institution essaye de sauver ce qui peut encore l'être, mais elle maintenant changer l'image du clergé qu'on a séparé des hommes en lui donnant une image sacré. Des prêtres plus proches du peuple, et qui recevrait des tests psychologiques poussés seraient déjà plus fiables. Ensuite, les victimes ne doivent rien lâcher, plus elles lutteront plus elles forceront l'institution à bouger.

Il faut du courage pour s'attaquer à l’Église qu'on aime, mais elles n'ont plus le choix leur confiance est brisée envers elle. Mais il n'y a que comme cela que ça changera vraiment.

Merci !

Françoise 13/09/2016 16:44

Le truc facile qui ne coûte rien, juste pour faire de la communication: voyez comme nous nous soucions des victimes de prêtres pédophiles...
Ben voyons! Pendant ce temps là, des tas de victimes de prêtres pédophiles (religieuses, enfants croyants des deux sexes) vivent l'enfer, ont des problèmes monumentaux (psychiques, physiologiques, comportementaux, sexuels, affectifs) pour se vivre au quotidien (avec en permanence le flash des abus, des viols qui parasite chaque journée, chaque minute de leur vie) et certains qui ne pourront pas supporter de vivre avec ça, finiront par se donner la mort, dans l'indifférence la plus totale. Et pendant le même temps, les prélats continuent les abus, protégés par avocats et institution. On attend toujours la poursuite et la mise à pied, le jugement pénal pour les évêques, cardinaux protégeant des pédophiles. Avec sa communication, F1 nous dit: circulez, y a rien à voir. Je m'occupe de tout. Alors qu'il se dédouane sans que ça lui coûte rien vue que la commission est totalement inopérante, juste là pour faire croire que.

Cette journée mondiale me fait penser à une démarche de confession pour péché véniel: trois pater et un ave et hop, on poursuit sur la même lancée. Pas grave, on sera absous par la journée mondiale pour les victimes de violences sexuelles cléricales...
Mal au coeur, vraiment mal au coeur de ce cynisme qui joue sur le registre de la fausse compassion...

paroissiens-progressistes 13/09/2016 18:44

Françoise,

C'est surtout que l'institution ne se rend pas compte des dégâts tant pour son image que pour les victimes qu'elle a laissé tombé. Une peu comme si elle essayait de mettre seulement un pansement sur une blessure grave.

Merci !