Des théologiens conservateurs se déchaînent contre tout changement dans la morale sexuelle de l'Église et la guerre froide commence entre le pape François et le cardinal Müller

Publié le 22 Septembre 2016

Cameron Doody nous montre dans son article pour periodistadigital.com du jeudi 22 septembre 2016 qu’un groupe d’enseignants parrainé par l'Université catholique d'Amérique (connu pour se travaux avec le groupe conservateur les Chevaliers de Colomb), sont sortis pour défendre "Humanae Vitae", après le manifeste signé par plus d'une centaine de théologiens et experts proposant que l'Église révoque l’interdiction d'utiliser des contraceptifs et d'adopter un «document magistériel» qui bénirait leur utilisation. En revanche, ces chercheurs (590, selon le l'institution), décrivent comme «vrai et défendable de nombreuses perspectives» venant des doctrines de l'Église sur la sexualité, le mariage et le contrôle des naissances ciblées dans l'encyclique de Paul VI.

Leur déclaration, intitulée «Affirmation de l'enseignement de l'Église sur le don de la sexualité», a été présenté mardi à l'Université catholique d'Amérique à Washington. Selon les signataires de la nouvelle proclamation, en niant que ni la loi naturelle, ni les Écritures ne fournissent aucune base solide pour l'opposition de l’Église à la contraception, «la déclaration de l’Institut Wijngaards dénature sérieusement la position réelle de l'Église catholique». Pour eux il est confondant de placer le débat dans le domaine des lois biologiques lorsqu’Humanae Vitae traite à travers un document théologique primaire cette thématique qui serait blanc de critiques de la part des universitaires sur les relations que les gens ont entre eux et avec Dieu.

Les partisans du manifeste Humanae vitae est loin d'être publié dans son intégralité. Pourtant, les chercheurs ont publié une série de 11 points qui délimite «le fondement même» de la demande de l'Église que les contraceptifs sont incompatibles avec le plan de Dieu pour la sexualité et les relations humaines. Voilà pourquoi, ils disent, que «l’enseignement catholique respecte la véritable dignité de la personne humaine et conduit au bonheur».

L'essence de cet argument est l'affirmation que Humanae Vitae est une vérité révélé et que le «sens procréatif» «unitif» de l'acte sexuel ne peut pas être séparé. Parmi les raisons pour lesquelles les universitaires soutiennent une telle posture est le fait que «le don de soi» dans l'acte conjugal est aussi dans la Bible pour refléter le don de Dieu pour créer l'univers et donner son Fils unique. Cet article de foi serait accessible à la raison, comme cela se produit, par exemple, dans la «théologie du corps» de Jean-Paul II. Les méthodes de planification basées sur la sensibilisation à la fécondité des femmes soutenues par l'Église ont aussi l'avantage qu’elles «ne coûtent rien» virtuellement, et qu’elles «promeuvent (soit disant) le respect pour les femmes.»

Parmi les experts du manifeste ont signé la taille du théologien du pape Wojciech Giertych ou des auteurs américains de renom comme George Weigel et Scott Hahn. Conservateurs, ils le sont car réduire les relations sexuelles au simple fait de procréer ne peut qu’échauder les couples qui désirent aussi avoir du plaisir et ne pas faire l’amour que pour avoir des enfants. Ils auraient peut être dû voir les récentes études qui disent que le plaisir de faire l’amour rend heureux, et que l’état de félicité est excellent pour le système immunitaire. Le plaisir physique, source d’énergie, favorise donc un meilleur équilibre hormonal. Le plan de Dieu, interdit-il les couples d’être heureux ? Mettre en avant la contraception naturelle alors qu’elle est peu fiable, complexe, risquée (on évite peu les grossesses) et contraignante, montre que l’Église fait peu de cas d’une sexualité heureuse. La contraception artificielle aide les couples à pouvoir espacer les naissances. Ce n’est pas un mal.

Mais comment s’étonner de cela quand on voit à travers les sources consultées par RD l'opposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi pour mettre en œuvre les réformes qui veut le pape François en matière de protection des mineurs. La congrégation pontificale présidée par le cardinal Müller a refusé en 2015 de mettre en place un tribunal spécial, tel qu’il était proposé par la Commission pour la protection des mineurs pour juger les évêques accusés de négligence dans la gestion des cas de maltraitance d'enfants.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Françoise 25/09/2016 10:01

Coucou Taï

Je me souvenais plus de ce que je t'avais passé comme infos ici. J'avais dû te passer aussi l'info sur le groupe anti-IVG qui appelait à violenter, intimider voire tuer médecins, infirmières et femmes pratiquant l'IVG: Nuremberg Files. C'était au début des années 2000 sous l'ère W Bush. Il a fallu attendre le changement politique pour que le groupe soit inquiété pénalement, sans pour autant qu'une réelle protection des centres IVG soit mise en place, non plus que des médecins, femmes et personnels soignants.
Il y a toujours un projet politique aux US qui souhaiterait en finir avec l'IVG. Pour ça, les ultra conservateurs sont prêts à tout...Et parallèlement, il y a une pression actuellement et pas seulement en Europe, sur une GPA commerciale. En fait si l'IVG était interdit, la GPA commerciale pourrait plus facilement s'implanter, le corps des femmes (plus particulièrement des femmes pauvres) devenant un objet commercial. De même qu'autrefois, les femmes pauvres vendaient leur lait et leurs services de nourrices aux femmes riches, au mépris de leurs propres familles et enfants, aujourd'hui de plus en plus de femmes riches ne souhaitant pas être enceintes (c'est une période pénible et qui fragilise la santé, pose un souci de discrimination dans l'emploi y compris à très haut niveau), souhaitent passer par d'autres femmes enceintes (et sélectionnées sur certains critères) pour avoir des enfants.

paroissiens-progressistes 26/09/2016 16:54

Françoise,

Tu m'en a sans doute parlé, j'ai aussi découvert que beaucoup de groupes anti-IVG aux Etats-Unis vont jusqu'à tuer des médecins précédant à des IVG et s'en sortent en faisant passer l'assassin pour fou. Pour la GPA, je préférerais que l'on fasse comme en Suède où c'est réglementé, car les filles offrant leur ventre pour que d'autres puissent vivre une maternité risque aussi leur santé à force de faire des grossesses à répétition.

Merci !

Françoise 23/09/2016 14:03

Derrière ces personnes, tu as différents milliardaires américains qui oeuvrent dans le lobby anti-IVG.
Et qui sont prêts à tout pour maintenir la situation en l'état. De vrais barjos. Certains ont même créé des commandos dont un semble-t-il dans une ville américaine type Disneyland catho, Ave Maria...

paroissiens-progressistes 23/09/2016 20:10

Françoise,

Je le sais, souviens toi que tu m'as fait découvrir ces personnes. Et j'ai même pu voir avec d'autres recherches que c'est très effrayant.

Merci !