Mère Teresa, la sainte des ténèbres

Publié le 3 Septembre 2016

Demain sera canonisée mère Teresa qu’on catalogue comme la sainte des pauvres, qui n’est pas en réalité pas l’image édulcorée qu’on donna d’elle comme peut nous le montrer sudouest.fr, RFI.fr, et tv5monde.com, mais cette canonisation est encore un choix pour privilégier une Église conservatrice plutôt qu’ouverte.

Née en 1910 dans une famille albanaise à Skopje, alors dans l'empire ottoman et aujourd'hui en Macédoine, Gonxhe Agnes Bojaxhiu est entrée dans les ordres à 18 ans, choisissant son nom de religion en hommage à Thérèse de Lisieux, avant d'être envoyée à Calcutta pour enseigner. En 1950, elle fonde les missionnaires de la Charité, qui comptent aujourd'hui 5 000 religieuses consacrant leur vie, dans une austérité radicale, "aux plus pauvres d'entre les pauvres" à travers le monde.

Cependant à mesure que sa notoriété augmentait, sa ferme opposition à la contraception et à l'avortement, ses méthodes rudimentaires ou ses sources de financement lui ont valu des critiques et parfois même des attaques acerbes. La manière dont mère Teresa avait l’habitude de traiter les patients a suscité la polémique. Elle le faisait en effet avec une immense compassion et dévotion, car elle voyait dans leurs souffrances la réplique de celles du Christ sur la Croix.

Du reste, les missionnaires de la Charité font un vœu de pauvreté qui se reflète dans leurs actions selon plusieurs témoignages de volontaires qui ont travaillé pour elles. «On utilisait des médicaments périmés, des aiguilles étaient réutilisées après avoir été rincées à l'eau froide», affirme l'un d'entre eux, qui était à Calcutta en 2008. Pourtant, ce ne sont pas les fonds qui manquent. Grâce à l'aura de mère Teresa, les missionnaires de la Charité sont extrêmement riches. Elles reçoivent des millions de dollars de dons chaque année, mais personne ne sait comment cet argent est utilisé. «Seul Dieu le sait», a affirmé la religieuse qui a succédé à mère Teresa à Calcutta. Selon d'anciennes bénévoles, c'est le Vatican qui a le contrôle sur cette immense manne financière et décide de combien doit être redistribué sur le terrain.

Surtout, contrairement au pape François, elle ne cherchait pas à s'attaquer aux racines de la pauvreté, regrette Mary Johnson, une Américaine qui a été missionnaire de la Charité pendant 20 ans : "Elle avait le capital politique, la bonne volonté de tant de gens à travers le monde, l'oreille des présidents, l'argent... Elle aurait pu user de son influence pour chercher des solutions plus durables". Son objectif "n'était pas d'éliminer la pauvreté mais de sauver des âmes", répond Sr Martin de Porres. Donc pas question pour elle de remettre en question l'ordre social ou moral. Il y avait même chez elle, une certaine complaisance à la contemplation de la misère du monde.

Elle passera sa vie à combattre le seul traitement connu contre la misère, l'autonomisation des femmes et leur émancipation. Elle avait également des amitiés douteuses amies notamment puisqu’elle profita des dons mal acquis de l'atroce famille Duvalier en Haïti (dont elle ne cessa de louer le régime, pour faire bonne mesure), de Ferdinand Marcos aux Philippines et Fidel Castro à Cuba ou des largesses de Charles Keating (banquier américain accusé de fraude). Elle a même rendu hommage à Enver Hoxha le dictateur albanais.

Et même si elle-même, comme l'ont révélé des écrits poignants publiés après sa mort, s'est sentie rejetée par Dieu pendant la majeure partie de sa vie, allant jusqu'à douter de son existence, mère Teresa entendait bien continuer ce travail dans l'au-delà. En 1959, elle écrivait: "Si jamais je deviens une sainte, ce sera sûrement une des ténèbres. Je serais en permanence absente du paradis, afin d'aller allumer une torche pour ceux plongés dans les ténèbres sur terre".

Enfin quant aux miracles qui lui sont attribué celui de la guérison une jeune femme bengalie de 30 ans souffrant d'une tumeur abdominale, un premier miracle que le Vatican a reconnu en 2002, rappelle France 24, et celui treize ans plus tard, le pape François a également reconnu la guérison inexplicable d'un Brésilien souffrant de tumeurs multiples au cerveau, laissent dubitatif. Pour la jeune femme, les médecins l'ayant soignée ont déclaré qu'il n'y avait nul miracle et que sa tumeur, qui n'était qu'à un stade précoce de développement, avait simplement répondu au traitement médical. Pour la guérison de ce brésilien, il fut aussi traité avec des antibiotiques pendant un mois sans en subir tout de suite les effets.

Dommage de se centrer sur mère Teresa, alors qu’aujourd’hui on fête sainte Phoebe qui a fait beaucoup plus pour l’Église primitive en organisant sa communauté à Cenchrées, que Paul nommait sous le titre de «diaconesse» et qu’il distinguait pleinement dans sa défense de la communauté chrétienne et qui se montrait garante pour les voyageurs dans sa ville, mais aussi par son accueil, son organisation et son aide matérielle.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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gaetan ribault 04/09/2016 09:31

Bonjour

Je me doutais bien de votre réaction , tout home ou femme a sa part d'ombre qui rend plus lumineuses ses actions. Je ne suis pas un fan de mére Térésa , mais n'oubliez pas que le Pasteur et Docteur Schweitzer a reçu les mêms critiques

paroissiens-progressistes 07/09/2016 18:52

M.W,

Moi j'aime bien qu'ils ont des failles, cela montre qu'ils nous ressemblent. je pense que mère Teresa doit rire en voyant qu'on a fait d'elle une sainte.

Merci !

M.W 06/09/2016 20:26

Taï

C'est souvent le problème avec les gens célèbres :
_soit on a une très bonne image d'eux et on les évangélise au point de d'oublier que ce sont des êtres viciés car humain, cela déshumanise en effet
_soit on a une très mauvaise image d'eux et on les diabolise au point d'oublier que ce sont des êtres vertueux car humain, cela déshumanise en effet.

C'est la vie sans doute

Cordialement

paroissiens-progressistes 06/09/2016 20:13

M.W,

Mais on ne peut pas non plus être aveugle sur ce qui n'allait pas, cela la rend plus humaine.

Merci !

paroissiens-progressistes 06/09/2016 17:38

gaëtan,

Dispensaire plutôt, il ne sera réellement un hôpital qu'à partir de 1963. Non, je ne vous accuse pas de prendre les mauvais exemple, c'est plutôt leur utilisation qui est mauvaise dans ce cas.

Merci !

gaetan ribault 06/09/2016 15:26

Comme dhab vous lisez trop vite et accusez les autres de prendre les mauvais exemples..
Le reproche fait n'etait pas de transporter en pirogue une femme enceinte si j'ai bonne mémoire et en difficulté , mais d'y envoyer un médecin de Lambaréné qui a toujours été présenté comme un hopital..
Il restera de Schweitzer en médecin le syndrome de Schweitzer et en théologie sa critique pertinente de la LJF (Leben's Jesu Forschung)

paroissiens-progressistes 04/09/2016 18:54

gaëtan,

Ce témoin est revenu en 1965 pour travailler à nouveau au dispensaire d'AS à la demande de ce dernier, Ary van Wijden ne semble pas lui en vouloir. D'ailleurs, si sa femme était aussi malade, la pirogue à moteur n'était pas adapté à son état.

Merci !

gaetan ribault 04/09/2016 17:43

Ce témoin a perdu sa femme par ce que AS ne voulait pas que ses internes sortent du site de Lambaréné. 20 km en pirogue à moteur ce n'était
pas le bout du monde !!!

M.W 04/09/2016 17:31

Paroissien-Progressiste

Oui mais Frédéric Lenoir est un bon témoin pour la glorification de Mère Térésa : il a été travaillé quelques années avec les Sœurs de la Charité en Inde et donne une meilleure image de leurs hôpitaux et de Mère Térésa.

Cordialement

paroissiens-progressistes 04/09/2016 15:42

gaëtan,

Un autre témoin Ary van Wijnen dit tout le contraire et il est à venu à Lambaréné, et connaissait Schweitzer. Comme le dit ce témoin jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, c'était un très bon hôpital et après la guerre, il n'a pas suivi le développement. Dans les dernières années de Schweitzer, il y avait de l'électricité que dans la salle d'opération et dans les bâtiments de l'hôpital, mais pas dans les salles de séjour et la salle à manger. Il ne voulait les renouvellements que là où ils étaient nécessaires, il était très économe. Mais, on pouvait le convaincre de mettre quelque chose de nouveau.

Merci !

gaetan ribault 04/09/2016 15:11

Mais pauvre ami
je prends l’exemple pertinent rapporté par un témoin.! pas par un chercheur
Comme d'hab vous parlez comme un livre et raisonnez comme la couverture

paroissiens-progressistes 04/09/2016 14:40

gaëtan,

Interdire la contraception, c'est plutôt peu fin, car l'avortement peut être éviter si on utilise la contraception, et on peut limiter les naissance à répétition qui sont dangereuses pour la femme.

Pour Schweitzer, il ne faut pas oublier que les critiques françaises avaient tendance à se glorifier en période coloniale allant jusqu'à minorer le rôle d'autres pays, et américaines qui le visent suite à ses critique de la bombe nucléaire. Enfin, ce n'était pas un hôpital comme le montre un chercheur gabonais, Augustin Emane, mais plutôt une sorte de campement protecteur et provisoire. Encore une fois, vous ne prenez pas le bon exemple.

Merci !

gaetan ribault 04/09/2016 14:14

Mais pauvre ami , j'ai entendu un européen habitant l’Afrique , nous racontant les rires de Bongo devant la bêtise des européens devant Schweitzer.. A sa mort l’Hôpital de Lambaréne avait teçu un matériel pendant des années que le bon docteur se refusait à utiliser.
Qu'en tant que sœur catholique Theresa se refuse à la contraception et à l'avortement , me parait être à mettre à son crédit pour la sanctifier

paroissiens-progressistes 04/09/2016 09:42

gaëtan,

Mais mère Teresa n'est ni une scientifique ni un médecin, mais une religieuse. La comparaison est ici biaisée. Il n'ont pas fait non plus l'apologie de la souffrance. Ensuite la part d'ombre n'es pas une excuse pour se fermer les yeux devant les faits.

Merci !