Une salle de prière commune aux 3 religions installée à Jérusalem

Publié le 5 Septembre 2016

Une salle de prière commune aux 3 religions installée à Jérusalem

Annabel Benhaiem dans son article du lundi 5 septembre 2016 pour HuffingtonPost.fr montre que c'est l'un des points d'orgue du festival des musiques sacrées de Jérusalem, Mekudeshet, qui a commencé dimanche 4 septembre. Une salle de prières ouverte aux trois religions du Livre est installée au cœur de la ville sainte.

Pensée et créée par neuf leaders religieux, trois imams, trois prêtres et trois rabbins, avides de saisir l'âme de Jérusalem, d'après l'une des organisatrices, interrogée par le HuffPost, la salle accueille tous les croyants. Les officiants invitent chacun à prier ensemble, dans la même salle. Et ils organiseront, le temps du festival, jusqu'au 23 septembre, des visites de mosquées, églises et synagogues de la ville. L'installation a été pensée de concert entre leaders religieux et artistes plasticiens, qui ont pensé cette salle éphémère comme une installation artistique, d'après l'une des organisatrices du festival.

"Ces trois religions coexisteront en paix au moins quelques instants", s'enorgueillit Naomi Fortis. "Nous lirons ensemble, discuterons, nous disputerons -oui, c'est autorisé-, et prierons ensemble. Nous allons voir si cela est possible de créer une nouvelle réalité".

Comme le montrait Annabel Benhaiem dans un autre article le dimanche 4 septembre pour HuffingtonPost.fr le festival s'est donné pour ambition de réunir les trois cultures religieuses du pays, de les faire se rencontrer, de briser la glace, et déjouer les effets néfastes des politiques qui ont contribué à l'éloignement des populations. Mais la force de ce festival réside dans ses propositions iconoclastes. Ainsi, un juif religieux chantera de la musique arabe classique, tandis qu'une salle de prière commune aux trois religions sera installée dans l'enceinte du festival, pour inviter à prier ensemble. Un symbole fort dans une ville ravagée par le morcellement du territoire, les deux Intifadas et la série d'agressions au couteau de ces derniers mois.

"Nous avons créé cet événement à un moment terrible, voilà six ans. Les deux Intifadas venaient de prendre fin. Jérusalem était meurtrie. Nous avons vu la ville se recroqueviller sur elle-même, s'appauvrir, se tourner vers l'orthodoxie religieuse. Nous voulions apporter un autre regard sur cette ville, révéler ses secrets, son histoire, et la diversité de sa population." Pour "révéler Jérusalem", selon l'expression de l'organisatrice, le festival s'est appelé "Mekudeshet", qui est un mot hébreu signifiant à la fois "sacré" ou "sanctifié". Ce mot est prononcé lors des mariages juifs, au moment de l'échange des consentements et qui peut être traduit par "toi qui m'est réservé(e)".

Sénégal, Grande-Bretagne, Ethiopie, les "performers" viendront du monde entier. Parmi les plus détonants, on trouve Ziv Yehezkel, Israélien, né de parents juifs d'Irak, et surtout, ancien religieux ultra-orthodoxe qui est devenu une star dans le monde arabe. Il est en effet chanteur, en solo, au sein de l'Orchestre arabe de Nazareth, une ville de Cisjordanie. Son public est avant tout arabophone.

Réhabiliter Jérusalem dans sa dimension culturelle, ça se passe aussi sur le terrain. Ainsi, la place Zion Square porte les stigmates de nombreux affrontements pendant les Intifadas. Elle a aussi été pendant longtemps le lieu de rassemblement de la droite dure israélienne. C'est devenu un endroit sale, où il ne fait pas bon s'attarder à la nuit tombée. Pendant les festivités, une forêt sur roulettes s'installera au milieu de la place pour trois semaines. Une petite oasis faite de vrais arbres, de vraie terre et de vraies fleurs. Comme pour dire que cette place appartient à tout le monde et que chacun doit pouvoir s'y promener en paix. Idéalement, pour retrouver ses racines.

Le festival des musiques sacrées de Jérusalem, Mekudeshet montre une voie que l’on doit choisir en ce moment réunir les trois religions principales du pays (Christianisme, Judaïsme et Islam) pour les aider à se comprendre afin qu’elles s’ouvrent entre elles en utilisant Jérusalem comme une ville ouverte. C’est une excellente initiative.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 14/09/2016 10:09

Le problème est tellement complexe au Proche Orient. Tu as la guerre de l'eau. Tu as la guerre à la course nucléaire. Tu as la colonisation des terres agricoles et Gaza est un enjeu majeur depuis très longtemps sur ce chapitre. Et tu as aussi une volonté chez une partie des israéliens, de faire une épuration ethnique comme l'ont fait les américains avec les amérindiens. Le mur, les enclaves, les checks points, c'est avant tout fait pour ça.
Les mouvements pacifistes qu'ils soient palestiniens, israéliens sont pris en tenaille dans une proportion effroyable. Il y a une dizaine d'années, la journaliste Amira Hass a reçu un prix pour la qualité de sa démarche journalistique et son travail pacifiste. Mais elle en était désespérée parce que malgré tous ses efforts et ceux joints des mouvements pacifistes en Cisjordanie, à Gaza, en Israël, tout est fait politiquement pour détruire toute forme de paix et de coexistence. C'est terrible.
C'est un peu le mythe de Sisyphe quelque part mais vécu au quotidien.
Du coup, toutes ces actions pacifistes en deviennent dérisoires mais aussi encore plus nécessaires à la survie des populations. Tout en étant aussi indirectement des cautions morales aux va-t-en guerre. Et ça, c'est d'une violence...
Je pense en écrivant ça au dirigeant de Gush Shalom, une association qui rassemble palestiniens et israéliens pour la paix, je pense aussi aux Femmes en Noir, à l'association des Grands-mères, à celle des Refuzniks. Quel courage et mérite ils ont de continuer la lutte quand tout est fait pour détruire tout espoir. Et que l'Occident détourne les yeux, voire cautionne la violence d'où qu'elle vienne...

Françoise 09/09/2016 23:25

L'expérience existe déjà dans un village de Cisjordanie, qui vit en harmonie et prie, travaille ensemble. Ce village fait aussi des jumelages avec différents villages palestiniens et israéliens. Bien sûr, reçoit le soutien des mouvements pacifistes et des journalistes de Haaretz.

paroissiens-progressistes 10/09/2016 11:00

Françoise,

J'espère que ces mouvements vont faire un creuset qui permettra de faire la paix entre la Palestine et Israël.

Merci !

Alfred 06/09/2016 06:10

Le christianisme n'est pas une religion du livre. C'est la religion de la Parole vivante. Nous ne croyons pas en un livre mais bien dans la Parole de Jesus.
Nazareth se situe en Israel et non en Cisjordanie

paroissiens-progressistes 07/09/2016 18:56

M.W,

Je n'ai pas parlé des musulmans à ce niveau là, mais le terme religions du livre est pratique pour regrouper les trois monothéisme.
C'est vrai que le zoroastrisme pourrait s'y ranger comme les autres religions ayant des écrits sacrés.

Merci !

M.W 06/09/2016 20:38

N'oubliez pas le zoroastrisme, Taï, cette religion fait aussi partie des religions du Livre et il me semble que depuis les Empires musulmans en Inde et en Indonésie, l'hindouisme et le bouddhisme font aussi parties de cette catégorie....

D'ailleurs il ne me semble pas que dans le Coran, cette parole de religion du livre s'applique aussi à l'Islam, il me semble que c'est comme cela que le Coran appel les autres croyants monothéistes mais il ne me semble pas que ce terme de religion du Livre s'applique aussi aux musulmans. Je crois que ce sont les historiens qui ont appliqué ce terme aux musulmans également car ce terme de religion du Livre est commode pour qualifier les monothéismes.

Cordialement

paroissiens-progressistes 06/09/2016 17:36

Dédé,

Le terme les religions du livre donné par les musulmans est une expression qui n'est en rien désobligeante, car elle désigne les trois religions monothéistes ayant pour livre sacré la Bible et le Coran. On est une religion de la Parole Vivante mise par écrit, elle aussi dans un ouvrage qu'on dit nous aussi sacré. Si la Parole est seulement Vivante, alors nous n'aurions pas besoin de la Bible.

Les différences sont normales entre les trois religions monothéistes puisqu'elles se sont faites dans des contextes historiques différents qui ne s'épouse pas entre eux et qu'on ne peut pas comparer.

Non, là quand j'ai répondu sur Nazareth, je ne sous entendais pas que la ville était en Cisjordanie, mais que ses habitants étaient arabes comme là bas et donc faire une différence entre ces lieux ne servait à rien.

Merci !

Dédé 06/09/2016 14:05

Alfred a raison. Nous étudions la Bible, l'Évangile. Mais en aucun cas nous croyons a un livre. L'Eglise refute cette expression sachant que c'est dans le Coran que juifs et chrétiens sont appelés ainsi. N'importe quel prêtre vous dira que le christianisme est la religion de la Parole vivante. Alors ne venez pas dire que nous manquons de modestie s il vous plait. C est totalement vrai de dire que nous ne sommes pas adeptes de la religion du livre. Et ne venez pas crier a l extremisme

Le mot supériorité est mal choisi. Juste que si vous lisez la Bible et le Coran, vous voyez bien qu'il y a des differences. Meme les musulmans n hesitent pas a nous dire qu ils sont en desaccord avec nous theologiquement sur certains points. Bien que nous ayons la volonte de rechercher Dieu et de vouloir s y referer.

Alfred a raison de dire que Nazareth n est pas en Cisjordanie. C est certes une ville arabe mais c est proche de la Galilee. C est une grande confusion...

paroissiens-progressistes 06/09/2016 12:59

Alfred,

Un peu de modestie, d’après vous d’où vient la Parole Vivante, d’un livre le Nouveau Testament qui fait partie de la Bible que nous avons étudié comme les Juifs et les musulmans avec le Coran. Nous ne sommes pas supérieurs aux autres monothéismes à ce niveau-là.

Israël ou pas, les chrétiens qui sont à Nazareth sont arabes dans une ville à majorité msulmane.

Merci !