Cardinal Parolin : construire une Église qui annonce l'Évangile

Publié le 14 Octobre 2016

 

 

«Nous devons apprendre à être avec le Crucifié, comme Marie et Jean, le disciple» : le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, actuellement en visite au Portugal, a célébré la messe ce jeudi 13 octobre 2016 au sanctuaire marial de Fatima come le montre Radio Vatican. Dans son homélie, il est revenu sur la figure de Marie que l’on doit prier si nous voulons apprendre à être aux pieds du Crucifié mais aussi sur celle de Jean «qui n’eut jamais de doute sur cette mission maternelle, réelle et véridique de Marie en faveur de chaque disciple de Jésus, indépendamment de l’époque et de la culture dans lesquels ils l’ont rencontrée».

 

 

Le cardinal Pietro Parolin devrait savoir que cet événement conté par le rédacteur de l’évangile qui se fait appeler Jean est symbolique. Jean et elle n’étaient pas présents sur les lieux de la crucifixion puisque les trois synoptiques sont d’accord pour dire que les personnes présentes durant la crucifixion sont Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, la mère des fils de Zébédée ou Salomé qui se trouvent à distance puisque les soldats romains ont mis en place un périmètre de sécurité pour éviter qu’on puisse sauver Jésus. Les disciples eux ont tous fui. L’épisode que l’évangile donne est surtout symbolique, car les Romains ne laissaient personne être au pied des croix. Marie est ici une représentation de l’Église que Jésus donne à son disciple bien aimé qui représente ici la communauté johannique. Ce récit n’a rien de véridique, mais cela ne semble pas gêner le cardinal Parolin.

 

Dans l’un des sanctuaires mariaux les plus importants au monde, qui célébrera en mai prochain le centenaire des apparitions de la Vierge aux trois petits bergers, le cardinal Parolin a exhorté les fidèles à se faire des «constructeurs patients d’une Église qui annonce l’Évangile malgré les contradictions et les côtés obscurs de la vie» comme nous le demande le pape François lors de cette Année de la miséricorde.

 

Annoncer l’évangile ? Est-ce tout ? Cela ressemble à la nouvelle évangélisation qui n’a pas marché sous Jean-Paul II et Benoît XVI, mais il oublie ce qui a fait le succès de l’Église à ses débuts. Les premiers chrétiens avaient une vision sociale alternative et ils étaient très critiques envers les systèmes de dominations politiques et économiques de leur époque. Ils ne cherchaient pas à échapper à ce monde, mais à le changer pour le mieux. Pour eux, le christianisme était une libération pas seulement une annonce.

 

Ce n’est pas Fatima avec sa récitation de chapelet qui va changer le monde et peut-on croire aux apparitions de Fatima qui ont surtout servi au clergé d’Ourem pour se refaire une santé et à la reformation du diocèse de Leiria tout en délivrant un message contre la République (avec plus tard un soutien de la hiérarchie à la dictature salazariste), qui est devenu actuellement le lieu de dévotion des communautés nouvelles et des nouveaux mouvements ecclésiaux, des mouvements très conservateurs. Le plus grave est que les théologiens s’opposant à Fatima comme ont été mis au silence le montre comme l’article de José Manuel Vidal pour elmundo.es en 2005 : le regretté jésuite Carlos Maria Staehlin, dont le livre sur les apparitions, publié en 1954, a été désavoué et interdit par Rome, comme les 22 volumes du père Alonso et presque tout le travail du père Gruner sur le même sujet ont été également réduits au silence. Si ces apparitions sont réelle, on peut au moins avoir une vision différente pour se faire un avis.

 

Enfin, le père Mario de Oliveira connu pour ses ouvrage «Fatima nunca mais» en 1999 et «Fatima SA» en 2015 nous fait savoir que «Fatima est une fraude et une énorme entreprise», et que «les apparitions sont contraires à l'Évangile. Ma plus grande joie serait d’en finir avec l’apocalyptique Notre-Dame de Fatima, qui effraie avec les flammes de l'enfer, afin qu’elle devienne Marie de Nazareth, la source d’un compagnonnage populaire aligné sur les personnes pauvres.»

 

Merci !

 

 

 

 

 

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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gaetan ribault 15/10/2016 19:31

Juste une question , très sérieuse, même si elle ne vous le parait pas
"Essayez de m'expliquer en quelques mots ce qu'est annoncer l’Évangile en 2016"?

paroissiens-progressistes 19/10/2016 16:24

gaëtan,

Rien de neuf d'accord, mais il aurait fallu encore qu'elle soit réellement appliquée. La Bonne Nouvelle doit changer notre manière de penser et d’agir. Si le Royaume de Dieu est déjà là où en nous, alors on le trouve dans la justice, la paix, la vérité, la conversion, le pardon, l’égalité, la dignité, la miséricorde, la gratuité, la générosité, la confiance, l’espérance, et l’Amour. Cette bonne nouvelle ne peut venir sans notre intermédiaire.

Merci !

gaetan ribault 19/10/2016 09:05

Bonne nouvelle ? ? Laquelle donc ? En fait il n'y a rien de neuf dans l’Évangile qui pour les synoptiques est un road-movie . Seul Jean aborde une christologie haute , source de gnosticisme, hélas!! C'est la rabbin Neussner qui résume bien les Évangile . Qu'y a-t-il de neuf et de répondre LUI"

paroissiens-progressistes 15/10/2016 20:11

gaëtan,

Annoncer l'évangile en 2016, ce n'est pas qu'en parler, c'est la faire comme Jésus l'a dit : "Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ?" (Luc 6,46) Pour Jésus, c'est celui qui entend ses Paroles et les mets en pratique qui annonce sa bonne nouvelle.

L'annonce et rien d'autre, ne permet pas de rendre l'évangile crédible. L'évangile est aussi dans l'action. Après tout comme le voulait Jésus soyons solidaires, ouvert sur les autres et humbles. Nous pouvons y arriver tous les deux.

Merci !