L’égalité est meilleure pour tous

Publié le 10 Octobre 2016

L’égalité est meilleure pour tous

Richard Wilkinson, un épidémiologiste a fait pendant vingt ans, une enquête pour se rendre compte que l’égalité, c’est la santé, comme l’a montré son ouvrage Pourquoi l'égalité est meilleure pour tous sorti le 10 octobre 2013 comme l’ont montré des journaux comme 20minutes.fr ou Fakir.

Il a découvert que la croissance ne rend pas plus heureux, ni mieux portant. L’inégalité est bien au contraire mauvaise pour la croissance. Plus une société est inégalitaire, plus elle rencontre de problèmes de santé et sociaux : homicide, obésité, maladie mentale, dépression, toxicomanie, grossesses précoces, échecs scolaires et pollution. C’est le cas des États-Unis, de l’Angleterre ou du Portugal, où les écarts de revenus sont plus importants. L’éclatement des communautés, la mobilité géographique, le flux constant d’inconnus amène une menace permanente d’évaluation sociale comme le montre l’exemple des États-Unis. Notre identité, notre valeur sociale sont sans cesse remise en cause. Notre estime de soi est plus précaire, plus défensive, et plus narcissique. L’anxiété sociale et la promotion sociale sont donc aggravées par l’augmentation des inégalités. Il y aussi moins de confiance, de bienveillance et d’empathie entre les individus dans les sociétés inégalitaires. L’inégalité engendre la défiance et la division.

Pour Richard Wilkinson, les politiques doivent s’attaquer aux causes au lieu des conséquences. Des solutions peuvent les réduire. Avant les impôts, réduire les écarts de salaire. Il faut dire que les trop hauts revenus sont antisociaux et la disparité des revenus avant impôt est trop grande. L’autre solution est les redistributions. Un avantage fiscal ou une baisse de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui agissent en faveur des inégalités n’amène rien. Il faut donc construire une législation plus forte pour les instances représentatives des employés, pour aider les salariés dans leur secteur : économie, coopératives, mutuelles, etc. Inversement, les multinationales sont mauvaises pour la démocratie. Aussi, au bout d’un certain nombre d’années de présence au sein d’une entreprise, les salariés devraient en devenir les actionnaires principaux. C’est de la démocratie économique.

Comme le signale Richard Wilkinson, les riches n’abandonnent leur position que face à une menace sociale. C’est aux gens, pas aux riches, de prendre conscience de ces injustices, et du fait que les oligarques ne méritent pas ces privilèges. Le regard sur les riches doit changer, il faut en finir avec l’admiration, ou la déférence. On doit les considérer comme des égoïstes, des antisociaux, les mépriser, et qu’ils le sachent. Il utilise l’exemple de la préhistoire et Christopher Boehm, un expert des sociétés de cueillette et de chasse, qui a rassemblé des données sur deux cents sociétés différentes. La plupart étaient extraordinairement égales, basées sur le partage de la nourriture, l’échange de dons. D’après lui, ils maintenaient l’égalité en ridiculisant ceux qui se voulaient supérieurs, ou ils les exilaient, et dans certains cas, ils étaient même tués. Il montre comment ce qu’il appelle des «stratégies contre les dominants» fonctionnaient. Ne souhaitant pas tuer tous les riches, il met en avant que les démocraties modernes sont une «stratégie contre les dominants», mais c’est une contrainte inefficace. Il faut donc la rendre plus efficace.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 11/10/2016 07:26

Sans entrer dans des enquêtes approfondies, chacun a pu se rendre compte avec le peu de périodes historiques où l'égalité entre les humains a avancé, que la prospérité, que l'équilibre, la santé des gens a progressé aussi.
Or les plus riches se sont acharnés depuis la guerre froide à travailler pour retrouver le système de domination sur l'ensemble des citoyens sans que ceux-ci puissent contester leur système et leur domination.
Aucun secteur, aucun citoyen n'est épargné du moment que cela augmente le pouvoir et l'argent de 1% de la population mondiale.
Oui, il faudrait retrouver la façon d'agir des humains de la préhistoire.
Mais pour cela, il faudrait déjà sortir des servitudes modernes créées par le monde industriel, bancaire...Qui hormis pour le moment une minorité de gens, est prêt à renoncer, boycotter certains produits, certaines pratiques industrielles, bancaires?
L'endormissement citoyen se fait essentiellement par le biais de la consommation, qui agit comme un somnifère sur les consciences. C'est sur cette fascination, sur le désir de consommation que comptent les plus puissants pour maintenir leur pouvoir sur le plus grand nombre. Le jour où cette fascination cessera, nous pourrons alors tous nous révolter vraiment.
Et réclamer une égalité nécessaire à l'équilibre de tous!