Le pape et Mgr Welby pour leur plan d’unité tentent de contourner le problème de l’ordination des femmes

Publié le 6 Octobre 2016

Christopher Lamb dans son article du mercredi 5 octobre 2016 sur The Tablet nous montre qu’une déclaration commune entre catholiques et anglicans admet les questions sur les femmes et l'homosexualité sont actuellement insurmontables. Le pape François et l'archevêque de Canterbury, Justin Welby ont cherché à contourner les désaccords doctrinaux sur l'ordination des femmes en ne mettant qu’une seule femme parmi un groupe d’évêques catholiques et anglicans étant envoyé pour travailler sur des projets de mission conjointe ensemble.

Les deux dirigeants ont admis dans une déclaration commune que les obstacles à l'unité sur les femmes et les homosexuels sont insurmontables actuellement et ont bien souligné qu'ils continueraient à ne pas «se laisser décourager» avec les plans à apporter pour que leurs églises se rapprochent. L'exclusion des femmes lors d'un service de Vêpres à Rome le mardi soir vient en dépit du fait que l'évêque canadien Linda Nicholls est membre de l'organisme officiel catholique-anglican de dialogue et que les femmes évêques ont d'abord été ordonnées dans la Communion anglicane en 1989.

Dans une déclaration commune, Le pape François et Mgr Welby déclarent qu'il y a des «obstacles sérieux» à la pleine unité entre catholiques et anglicans dont ils argumentent leurs racines dans la façon dont l'autorité est exercée dans l'Église. Alors que les anglicans ont ordonné des femmes prêtres depuis de nombreuses années, l'Église catholique en a exclu la possibilité avec Jean-Paul II en disant qu'elle ne pouvait pas se produire et que la question ne devrait pas être discutée.

Et avec l'ordination des femmes, la décision prise par les anglicans américains de reconnaître le mariage de même sexe et les ministres homosexuels est en contradiction avec la position de Rome et qui a à son tour apporté une communion anglicane au bord du schisme. «Nous nous ne voyons pas encore des solutions aux obstacles devant nous», ont déclaré le pape et l'archevêque ont déclaré dans un communiqué publié mardi soir.

Néanmoins, les dirigeants ont poussés vers l'avant des plans pour une collaboration plus approfondie sur le manque d’argument sur les questions de justice sociale avec les évêques catholiques et anglicans de l'Inde au Brésil qu’on a mis à travailler ensemble pour essayer d'apporter la paix et le soins pour l'environnement. Ils ont été «mandatés» au cours d'une liturgie à San Gregorio Magnio al Celio, l'église où saint Augustin de Canterbury a été envoyé par le pape Grégoire pour évangéliser l'Angleterre, qui a été chanté par les chœurs de la chapelle Sixtine et Cathédrale de Canterbury.

Pendant les vêpres le pape et l'archevêque ont également fait un échange symbolique de cadeaux : le pape a présenté la partie supérieure de la crosse de saint Augustin à Mgr Welby, qui a présenté sa croix pectorale au pape François, faite de clous venant du toit bombardé de la cathédrale de Coventry pendant la Seconde Guerre mondiale, un symbole du mouvement de réconciliation internationale qui a commencé à Coventry.

Dans son homélie, le pape a dit qu’anglicans et catholiques doivent nécessairement puiser dans le «feu» du mouvement œcuménique original qui avait déchiré «vers le bas les clôtures qui nous ont isolés», tandis que Mgr Welby, qui a célébré le service avec une femme prêtre, Rev. Julia Pickles, son chapelain intérimaire, à ses côtés, a dit que quand les chrétiens se battent entre eux l'Église descend dans un «cirque de gladiateurs.»

Les paires d'évêques viennent de partout dans le monde comme le Malawi, l'Irlande, le Pakistan et la Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans le cas de la Nouvelle-Zélande, elles comprennent un cardinal avec John Dew qui travaille avec l'évêque d'Auckland, Ross Bay. D'Angleterre l'évêque de Plymouth, Mark O'Toole va unir ses forces avec son homologue anglican dans l'ouest du pays, l'évêque de Truro, Tim Thornton. «Le monde doit nous voir témoigner de cette foi commune en Jésus en agissant ensemble», ont déclaré le pape et l'archevêque Welby.

Demain, ce paires se réuniront une à une dans ce qui marque leur troisième réunion formelle à Rome et cette fois l'archevêque sera accompagné de seize primats de la Communion anglicane. La visite de l'archevêque marque aussi le 50e anniversaire depuis le dialogue officiel entre catholiques et anglicans qui a été mis en place après le Concile Vatican II et alors que les églises sont d'accord sur la grande majorité des questions doctrinales, l'ordination des femmes reste le point d'achoppement majeur pour Rome.

Les réformateurs catholiques, d'autre part, ont l'espoir qu’une proximité croissante avec les Anglicans pourrait aider à ouvrir l'ordination des femmes dans l’Église. Kate McElwee, la co-directrice exécutive de la Women's Ordination Conference, a déclaré : «Pendant ce temps d'unité, je prie pour que notre valeur évangélique partagée de la justice s’approfondisse pour inclure également les ministres ordonnés de tous les genres et traditions.»

Retourner à l’unité en mettant les problèmes de côté en attendant qu’ils disparaissent n’est pas une bonne solution, tout comme l’écologie et la pauvreté ne doivent pas servir d’alibi pour éviter de traiter de la question des femmes et de l’homosexualité dans l’Église. Encore une fois, l’Église veut l’unité sans faire d’effort.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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LEVY 09/10/2016 17:12

NE PAS «SE LAISSER DÉCOURAGER» : EXEMPLE PARFAIT DE QU'ON APPELLE UN VŒU PIEUX ...

"Les deux dirigeants ont admis dans une déclaration commune que les obstacles à l'unité sur les femmes et les homosexuels sont insurmontables actuellement et ont bien souligné qu'ils continueraient à ne pas «se laisser décourager» avec les plans à apporter pour que leurs églises se rapprochent".

Sur la question des femmes et de l’homosexualité, il est hélas bien vrai qu'encore une fois, "l’Église veut l’unité sans faire d’effort".

Autrement dit, elle attend que l'Esprit "fasse tout le boulot" et lui livre la solution clés en mains. D'ici là, de vœu pieux en bonnes intentions (pour les femmes) et d'assurances de respect en bonnes paroles de miséricorde (pour les homosexuel(le)s ... on restera cloîtré dans des certitudes qui n'ont pas été discutées - puisqu'il est précisément interdit de discuter - depuis des millénaires.

Qui a qualifié d'arriéré son prochain en islam sans penser qu'un jour on lui administrerait une parabole bien sentie, non cette fois sur l'image de la paille et de la poutre, mais sur la comparaison des poids respectifs de deux poutres identiques ...?

L'allongement de l'espérance de vie, même dans les scénarios les plus ouverts aux grands vents du futurisme, ne me laisse pas raisonnablement croire que les obstacles qui empêchent de réparer le schisme tudorien cesseront d'être insurmontables avant mon dernier souffle.

La solution que je me suis fixée, qui est en même temps un acte militant, consistera, pour ce moment là, à solliciter l'accompagnement d'une ou d'un ministre de l'Eglise de Suède - laquelle a pour primat une femme, évêque et homosexuelle.

Un nota bene : ai-je rêvé ou les prêtres anglicans qui ont rejoint l'Eglise de Rome par opposition à l’ordination des femmes (ou à la nomination d'évêques de sexe féminin ?) et qui étaient mariés, ont exercé ensuite leur ministère de prêtres catholiques en restant mariés - état qui au demeurant ne pouvait pas se discuter eu égard à l'indissolubilité du mariage.

Solution assurément logique, mais d'une logique qui donne l'impression de se prendre quelque peu les pieds dans le tapis de sa propre cohérence …

Didier LEVY

Françoise 07/10/2016 23:53

Que l'Eglise ne fasse aucun effort et table sur le pourrissement, n'est évidemment pas neuf!
C'est le parti pris adopté depuis toujours. Et compte tenu de la radicalisation religieuse et institutionnelle, c'est pas demain la veille que les questions de l'homosexualité, des droits des femmes, des divorcés, des prêtres mariés seront abordés. Tout est fait au contraire pour mettre à la poubelle ces questions et restaurer le système vatican à avant Vatican 2.

paroissiens-progressistes 10/10/2016 14:05

Hep,

Le raisonnement est bon, attendons de voir si l'Eglise en vient au même que vous. Le temps nous le dira.

Merci !

Hep 10/10/2016 12:34

Ce que l'on peut espérer est l'ouverture du diaconat aux femmes. Pour les prêtres, l'interdiction pour les femmes a été prise sous la sceau de infaillibilité, donc avant que ça bouge il en faut du temps.
Mais l'église catholique est un peu prisonnière de sa volonté universelle: si elle laisse le diaconat aux femmes, elle se rapproche des anglicans .. tout en s'éloignant des othodoxes... C'est pour ça que j'ai peut que le diaconat féminin soit sanctionné de la même manière que les prêtres, même si d'un point de vue théologique, le diaconat n'a aucune raison de rester masculin.
Pour le mariage des prêtres, ce n'est pas un dogme, donc ça peut changer. Par ailleurs il y a plein de prêtres catholiques mariés dans les églises orientales.

paroissiens-progressistes 09/10/2016 15:38

Françoise,

L'Eglise comment une belle erreur quand elle croit qu'on peut mettre au boisseau la question des femmes et de l'homosexualité, car ce problème lui reviendra toujours en pleine face. On ne peut garder caché ses problèmes, ils reviennent toujours.

Merci !