Les évêques dialoguent avec Manuel Valls du démantèlement de la jungle de Calais

Publié le 12 Octobre 2016

Cl.H. avec l’AFP le mercredi 12 octobre 2016 pour la-Croix.com nous montre que les responsables de la Conférence des évêques de France ont participé, mardi 11 octobre, à l’instance de dialogue entre l’État et l’Église catholique, où il a largement été question du démantèlement de la jungle de Calais.

Le démantèlement de la «Jungle» de Calais a largement fait partie des discussions de l’instance de dialogue annuelle entre l’Église catholique et l’État, qui s’est réunie mardi 11 octobre à Matignon.

Cette instance était présidée par le premier ministre Manuel Valls, en présence notamment du ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve. La Conférence des évêques de France (CEF) est représentée par Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la CEF, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF, Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis et vice-président de la CEF, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général et porte-parole de la CEF, et Mgr Bertrand de la Soujeole, secrétaire de l’instance de dialogue.

La délégation s’est souciée de la «dimension humanitaire» dans le démantèlement programmé de la «Jungle» de Calais. Le camp insalubre de Calais abrite entre 7 000 et 10 000 personnes, selon les comptages.

«Il y a eu un échange important sur la question migratoire. Le gouvernement comme l’Église ont rappelé l’importance de la dimension humanitaire dans le démantèlement du camp de Calais. Nous l’avons redit, et je pense que le gouvernement est sur la même ligne», a déclaré Mgr Ribadeau-Dumas.

«Nous avons redit aussi que ce démantèlement nécessitait que les personnes soient accueillies ailleurs, en soulignant que les communautés chrétiennes étaient prêtes à le faire», a-t-il ajouté, rappelant que les structures de l’Église avaient «accueilli et accompagné plus de 2 400 migrants» en un an, souvent en lien avec des collectivités locales. «Nous faisons le recensement des lieux dans lesquels on peut encore accueillir», a-t-il poursuivi.

Interrogé sur les critiques virulentes du Secours catholique contre une «opération sécuritaire» et une «chasse aux exilés», le porte-parole des évêques a relevé que les responsables de cette œuvre d’Église avaient été reçus, mardi 11 octobre, par Bernard Cazeneuve et la ministre du logement, Emmanuelle Cosse. «Sans doute beaucoup de craintes ont-elles pu être apaisées, du moins je l’espère», a-t-il indiqué.

Lors de cette 12e «instance Matignon» – un format créé en 2002 par Lionel Jospin qui a inspiré celle mise en place en 2015 avec l’islam, place Beauvau –, les représentants de l’État et ceux de l’Église ont également échangé sur la sécurité des lieux de culte et la laïcité. La question du «genre», après les propos du pape François mettant en cause les manuels scolaires français et les critiques à son encontre de la ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, présente à l’instance, n’a pas été abordée, selon le porte-parole de la CEF.

Les évêques se sont avant tout centrés sur la Jungle de Calais en disant qu’ils sont prêts à partager l’objectif humanitaire qui conduirait au démantèlement de la jungle et que les paroisses de France s’associeront avec les pouvoirs publics en vue de l’accueil de ces personnes. Pour le rôle des religions dans la société, les évêques redisent l’importance d’avoir une vision d’une société qui intègre les religions comme facteurs de paix sociale avançant aussi qu’une société qui éliminerait les religions de la sphère publique se priverait d’indispensables régulateurs sociaux et sociétaux. Il heureux que l’Église se souvienne que son rôle est aussi social et pas seulement moral.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0
Commenter cet article