Bernardo Pérez-Andreo : "Nous avons besoin d'une révolution de la conscience et de cœurs"

Publié le 23 Novembre 2016

Bernardo Pérez-Andreo : "Nous avons besoin d'une révolution de la conscience et de cœurs"

Jesús Bastante dans son article sur peridiositadigital.com ce mercredi 23 novembre 2013 qu’une autre société est possible comme le montre le théologien Bernardo Pérez-Andreo. «Nous besoin d'une révolution de la conscience et des cœurs» a lancé le théologien Bernardo Pérez-Andreo sa lors de la présentation de son livre  «La sociedad del escándalo» (La Société du scandale) (RD-Desclée), qui a eu lieu hier en l’église 24 heures de San Anton et dans lequel il a présenté un monde qui fait face à deux modèles : un illustré par le pape François, «qui accueille les étrangers»; et Trump, le «Nero redivivus, qui mettra le feu à la monde, accueillant les riches pour mettre en place son système.»

 

L'événement a été présenté par le directeur de Religión Digital, José Manuel Vidal, qui était accompagné par le secrétaire général de Caritas, Sebastián Mora, et le père Ángel. Les deux dit le journaliste, «ont passé de nombreuses années à lutter contre ce scandale qui est l'inégalité dans la société d’aujourd'hui». Pour l'auteur, Vidal a souligné que ceci est un oiseau rare, parce qu'il est un théologien «laïc et jeune, dont la théologie n’est pas du cléricalisme, mais celle de la vie, la famille, et qui pense comme le commun des mortels».

 

Pendant ce temps, le président des Mensajeros de la Paz (Messagers de la Paix) félicite Pérez-Andreo «pour le courage de nommer la misère avec la mondialisation, et pour être honnête ça ne met jamais mal à l’aise.» Le prêtre a reconnu qu’«il est vrai que nous vivons dans un temps de danger, de crise, à un moment où les politiciens construisent des murs qui séparent ... Nous devons essayer d'enlever tous les murs, parce que nous savons ce qu’est de vivre contre la souffrance». Et c’est cette «peur de la société du scandale qui mène certaines personnes à aller plus loin, ils comprennent qu’aucune condition n’est indécente, parce que tous les modes d'être font que nous sommes des êtres humains, différents mais égaux en droits». Avant les scandales, le «respect». «Nous soutenons votre proposition, Bernardo. Continuez d'écrire, continuer de nous encourager à être réalistes, mais aussi d'avoir un grand espoir», dit le prêtre de San Anton, tandis que des dizaines de sans-abris occupaient les dernières bancs, écoutant de ses mots comme s’ils mangeaient un dîner dans une salle à manger.

 

Pendant ce temps, Sebastián Mora, secrétaire général de Caritas, définit la «Société du Scandale» comme «un livre passionné, un livre profond, car il va au fond de la réalité, c’est un livre provocateur», des caractéristiques qui, à son avis définissent également l'auteur. Pour Mora, le livre est né «à partir du dévoilement de la réalité, car il est capable d'enlever la coque que noua avons, pour voir ce qui suinte à l'intérieur de nous, il est un appel à lier, et il est un défi de recréer le lien avec les gens, les lieux et les idées, et de révéler la vérité». «Ce qui se passe dans ce monde est une injustice, c’est un scandale, c’'est un sale tour», dit Mora, en paraphrasant la thèse de Pérez-Andreo. «Les conséquences de ce monde sont dévastatrices pour les humains». Des Conséquences qui ont été «normalisée» et qui conduisent à «légitimer la honte.»

 

Le problème est pas le capitalisme comme un système économique seulement, mais comme «une conscience intérieure». «Le problème du monde n’est pas qu'il y existe quelques riches, mais le nombre de personnes qui veulent l’être. Ceci est dévastateur, car il légitime les plus grands scandales», a-t-il dit. «Le problème du capitalisme est d'éliminer l'autre du paysage. La plus grande barbarie de notre époque est de vouloir faire disparaitre l’autre», se plaint Mora. «Nous avons perdu l'hospitalité et nous sommes devenus des barbares.» Les symptômes que montrent aujourd'hui, le Brexit ou le choix Trump en sont des exemples clairs de ce que le secrétaire général de Caritas défini comme «Notuismo» (ne pas vouloir l'autre).

 

Face à cela, la thèse du livre cherche le «choisir du modèle prophétique» dans une «clé révolutionnaire, mais pas dans le style marxiste ou romantique classique, mais il appelle à une révolution du cœur, de la conscience, une révolution ‘communaliste’ qui génère la communauté. Et cela ne peut être fait qu’avec une révolution du cœur et des structures.» «Si nous lisons l’Évangile, conclue Mora, la grande révolution du christianisme commence par mettre la communauté au centre de la table. Le potentiel du christianisme s’est terminé termine lorsqu’il a fait un pacte avec l'empire. Nous avons la possibilité de mettre l'autre au-dessus la table et de mettre la communauté au centre face aux scandales de la société».

 

Enfin, Bernardo Perez-Andreo a remercié le père Ángel de pouvoir de présenter son livre à San Anton, parce que «cette église représente ce que François veut pour l'Eglise, qui est un hôpital de campagne.» Le «Scandale de la Société», dit le théologien, souligne l'importance de «révéler les éléments qui font le capitalisme est devenu banal, et que nous considérons comme normal qu’on ne soucie pas des autres.» Deux modèles se font alors face. «Nous avons le pape qui accueille les exclus, des pauvres et nous avons la nouvelle Rome, le redivivus Nero (Trump), qui a mis le feu au monde entier, se félicitant d’être riche pour monter son système», se plaint Pérez-Andreo, qui a été défini comme «un pessimiste espérant».

 

«Nous avons besoin d’une révolution de la conscience et des cœurs», a-t-il défendu. Une «révolution complète pour un changement global» parce qu’«on ne traite pas seulement du changement des structures des structures économiques, car si nous ne changeons pas l'âme des gens qui doivent se charger de cela, cela ne sert à rien». Deuxièmement, le théologien a soulevé la critique d'une idéologie «qui nous a pris au piège, et qui est répandue parmi nos enfants et nos jeunes.» Le capitalisme, à son avis, «a mille visages.» Et, une fois qu’on l’a démasqué, le livre cherche à «construire le Royaume de Dieu, que nous devons construire chaque jours, pour voir l'être humain dans un monde humain. Et c’est seulement comme ça que nous structurons la communauté.» «Nous sommes ‘communionistes’ parce que nous croyons dans la communion», a conclu Pérez-Andreo.

 

Espérons que cette révolution de la conscience et du cœur voit le jour, car la société capitaliste actuelle est comme l’avance Bernardo Pérez-Andreo est une société du scandale, celle de nos abandons et de nos soumissions.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 27/11/2016 11:16

Mais alors pourquoi utiliser l'OD pour donner une prélature à l'Emmanuel et à la FSSPX?
Tu veux me le dire?
Et pourquoi utiliser les services de l'OD à l'IOR et à la communication personnelle papale?
Supprimer la prélature aurait été la meilleure chose à faire. Là je te raconte pas l'écho...
Et plus de prélature pour personne. Tout le monde au même niveau.

paroissiens-progressistes 27/11/2016 17:48

Françoise,

Cela va dans l'optique du pape François accueillir tout le monde pour bâtir l'unité de l'Eglise, ce qui fait qu'à chaque fois il fait un coup à gauche et un coup à droite. En gros, il croit que conservateurs et progressistes peuvent s'entendre sur les sujets importants. Là est son erreur, car les progressistes veulent qu'il ouvre plus et les conservateurs que ça freine. Il met en avant l'OD et LC pour ce qui est conservateur surtout dans l'éthique et pour la gestion financière, et pour aller vers le progressisme c'est des évêques et prêtres ouverts notamment sur les divorcés remariés et sur le social. Cela donne une Eglise bancale.

Merci !

Françoise 26/11/2016 22:42

L'OD est irréformable parce qu'elle veut la dictature politique et religieuse.
F1 se trompe en prétendant la réformer. Il n'y parviendra pas parce que l'OD souhaite conquérir toujours plus de pouvoir et d'argent. Les pauvres, elle n'en a rien à fiche. Les gens qui l'intéressent sont ceux qui ont une particule, de l'argent, un carnet d'adresses bien fourni et de grosses failles identitaires pour mieux les manipuler et les rincer.
Je sais bien que le progressisme est allié à la gauche.
Mais ce que j'appelle les bonimenteurs en politique comme en religion, vont tenir un discours progressiste pour mieux endormir les gens tout en les pressurant un max. Tous les néo-libéraux qu'ils soient socialistes ou conservateurs, utilisent cette méthode.
JP2 a agi de cette façon. Et je trouve que F1 utilise les mêmes recettes.
Ce qui est assez logique avec un opusien à la communication papale.
Quand tu sais que c'est l'OD qui parraine à la fois la FSSPX et l'Emmanuel pour leur obtenir une prélature, franchement, si F1 était là pour réformer, il s'y prendrait autrement.
Personnellement, je ne le vois pas du tout face à l'OD et d'autres mouvances fondamentalistes, dans une quelconque réforme. Pour moi, la réforme c'est du vent. Ana l'espagnole ex opusienne avec qui je discute régulièrement, n'y croit pas non plus.

paroissiens-progressistes 27/11/2016 10:00

Françoise,

L'Opus Dei ne soutiendra pas le pape dans ses réformes, comme le montre Mgr Burke et Mgr Pell. Parmi les 4 évêques voulant le destituer le pape, il y Mgr a Burke, Mgr Brandmüller, Mgr Caffara et Mgr Meisner qui sont soit de l'Opus Dei ou l'ont favorisé. D'ailleurs, lors du dernier synode consacré à la famille, aucun des membres de l’Opus Dei n’avait été choisi par nomination pontificale en tant que membre, expert, ou auditeur. Il n’y avait aucun président de conférence épiscopale ni aucun chef de dicastère appartenant à l'Opus, celle-ci a été totalement absente des travaux synodaux.

Ensuite, au Pérou, pays dans lequel deux de ses prélats, l’archevêque de Cuzco et l’évêque de Chiclayo, ont pris leur retraite au cours de ces derniers mois, ils n'ont pas été remplacés par d’autres membres de la prélature. Enfin, en ce qui concerne la cérémonie de béatification d’Álvaro del Portillo, successeur du fondateur saint Josemaría Escrivá, la dispense espérée pour pouvoir la célébrer à Rome n’a pas été accordée.

J'ai connu mieux comme confiance.

Merci !

Françoise 25/11/2016 09:42

Il faut quand même sortir de logiques de communication en apparence de volonté de communion, pour exposer une réalité factuelle, qui elle, montre un Vatican qui clairement, a choisi un néolibéralisme capitaliste et mafieux depuis très longtemps et ne compte pas changer son fusil d'épaule. Si c'était le cas, l'OD aurait été virée, l'ordre de Malte idem et tous les milliardaires et mafieux qui achètent les papes par des dons, des cadeaux, des éditions, auraient fait leur valise.
Parlons donc de cette réalité de choix qui pour maintenir un système de domination religieuse, étatique d'exception, a choisi clairement une logique néolibérale, mafieuse capitaliste. Et sur ce point, fonctionne comme un paradis fiscal, dans une impunité et une négation de tout ce qui nuirait à ses intérêts.
Donc parler de communion quand la pratique quotidienne se fait sur exactement le contraire, c'est mentir et enfumer les croyants.
Le système institutionnel ne se préoccupe que du maintien de l'institution. Pour ce maintien, il s'appuie sur des logiques financières capitalistes, mafieuses et il est prêt à toutes les compromissions, toutes les associations du moment qu'il maintiendra ses intérêts.
Où est l'autre dans cette affaire? Nulle part.
Pourtant, le discours de l'institution, enrichi d'ailleurs par la communication opusienne, c'est de prétendre à un capitalisme moral, saint. Alors qu'on est au coeur d'une logique de puissances d'argent et de pouvoir à tous prix.
La seule communauté qui intéresse l'institution, en réalité, c'est seulement la communauté des hauts prélats, leurs intérêts. Le reste de la communauté les intéresse peu. Le sous prolétariat des religieux, religieuses, prêtres, c'est devenu très secondaire. Les croyants dans leur immense majorité sont carrément niés. Seuls comptent ceux qui rapportent fortunes, donations, carnets d'adresses et marchés. Ce qui explique aussi le pourquoi du choix des cathos riches et fondamentalistes. C'est aussi un choix très pragmatique.
Si vraiment l'institution avait fait le choix de la communauté et non celui de l'argent, il n'y aurait pas d'institution au sens politique, financier et pyramidal du terme.
Un croyant vaudrait autant qu'un pape, un cardinal ou un évêque.
Ce qui n'est pas du tout l'orientation qui a été choisie et ce n'est pas celle qui est vécue.
Et la perspective qui s'annonce via de nouvelles prélatures personnelles papales (celle de l'Emmanuel et celle de la FSSPX) nous promet au contraire un renforcement capitaliste tourné vers un toujours plus d'argent, de mafia et de logiques de pouvoir.
On se trouve dans la même logique que celle qu'avait mise en place JP2.
Avec un discours d'ouverture progressiste quand au contraire, dans les faits, il s'agissait d'une restauration autoritaire et conservatrice, voire fondamentaliste.
Cette logique, très néolibérale, qui nous parle de progrès, de mieux vivre, est là non pour mobiliser les gens autour d'un projet, mais les démobiliser, en leur faisant croire qu'on suit leurs espérances tout en pratiquant exactement le contraire.
Ce qui constitue en soi une manipulation particulièrement perverse qui doit être dénoncée.

paroissiens-progressistes 26/11/2016 10:07

Françoise,

Tu n'y es pas, des journaux espagnols montre quel est le but du pape à propos de l'Opus Dei, le réformer et non la supprimer. C'est pour cela qu'il a mis un de ses proches pour la surveiller et un membre de l'Opus Dei qui n'a pas connu Josemaria Escriva de Balaguer pour la diriger. Le but du pape est de la transformer en une congrégation religieuse au service des pauvres.

Mais l'OD n'a pas l'air de le vouloir, comme le montre Vatileaks 2, l'opposition au sein de la curie du cardinal Pell et à l'extérieur par le cardinal Burke. C'est un jeu de dupe.

La notion de progrès n'est pas néolibérale, elle a été déformée par cette tendance économique. Je tiens à te rappeler que le mot progressiste a été donné aux gens de gauche, car il voulaient faire du progrès social.

Merci !