Conférence des évêques de France : pour une relance de la vocation chez les jeunes et une autre vision de la place des laïcs

Publié le 5 Novembre 2016

LaDepeche.fr nous montre ce samedi 5 octobre que depuis hier et jusqu'à mercredi, Lourdes accueille l'assemblée plénière des évêques, au Sanctuaire. Une occasion pour eux de s'interroger sur la baisse de l'engagement religieux.

 

«Il ne faut pas laisser planer le nuage toxique de l'angoisse vocationnelle», commence Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier. Par sa casquette de président du conseil épiscopal pour la pastorale des enfants et des jeunes, il a participé au Congrès international des vocations à Rome. Pendant deux jours, avec les évêques présents à Lourdes, ils vont travailler sur la façon de relancer la vocation chez les jeunes. «On demande à des prêtres de moins en moins nombreux d'être tout aussi présents. Nous sommes condamnés à n'être plus nulle part, commence l'évêque de Pamiers, Mgr Jean-Marc Eychenne, il faut vivre le non-cumul des mandats pour s'investir totalement.»

 

Tous s'accordent pour dire que les jeunes doivent être accompagnés, guidés, pour pouvoir se lancer. Mgr Dominique Rey, l'évêque de Toulon, a demandé à des futurs prêtres diocésains les raisons de leur engagement. L'utilité, le service des autres, le chemin le plus court vers la sainteté les encouragent. Pourtant, des peurs persistent, comme la durée des études, le célibat, la surcharge de responsabilités. Mgr Laurent Ulrich, évêque de Lille, demande aux paroisses de «développer la dimension intergénérationnelle des activités», pour toucher le plus de jeunes. «Le sujet des vocations ne doit plus être tabou dans les communautés ou dans les familles.» Le sujet continue d'animer la séance plénière ce matin, mais comme le montre la-Croix.com leurs échanges se sont engagés dans un début de réflexion sur les laïcs en mission ecclésiale, qui se poursuivra au printemps. Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard a invité ses confrères à engager un travail sur la notion de «sacerdoce commun». Ce souhait, repris notamment par Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, a illustré la volonté d’une majorité d’évêques d’envisager l’appel au sacerdoce d’une manière globale et d’y associer l’ensemble de la communauté chrétienne.

 

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a toutefois mis en garde l’assemblée contre l’idéalisation de la figure du prêtre. «Il est illusoire de vouloir mettre en place les conditions d’une vie sans épreuve, ce qui vaut d’ailleurs pour le mariage. Il faut que les candidats à la prêtrise, comme les couples qui se destinent au mariage, soient préparés aux épreuves qu’ils devront traverser. Ce discours de vérité est essentiel sinon nous sommes coupables de raconter des calembredaines alors que nous savons très bien que le sacerdoce, comme le mariage, est constitué d’épreuves à surmonter.»

 

Cette inclinaison pour un discours de vérité s’est retrouvée dans de nombreuses interventions, dont les auteurs avaient le souci manifeste de ne pas rabaisser l’exigence de l’appel au sacerdoce, ce qui peut être tentant quand les volontaires se font plus rares «Un prêtre diocésain n’est pas un prêtre au rabais. Il ne doit pas devenir un prestataire de services mais accompagner dans la progression de la foi des fidèles qu’il n’a pas choisis. Il y a aussi une radicalité dans le choix de devenir prêtre diocésain», a insisté Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre.

 

C’est bien à une réflexion sur la vocation au sens large qu’ont voulu s’atteler les évêques, conscients que la baisse du nombre de prêtres et l’appel de l’Église à des laïcs en mission ecclésiale conduit à une «transformation de la structure ministérielle », c’est-à-dire à repenser la mission profonde des uns et des autres.

 

Il n’est donc pas anodin que le thème des laïcs en mission ecclésiale – ils sont actuellement 9000 en France, pour environ 5 000 prêtres de moins de 75 ans et 2 000 prêtres «venus d’ailleurs» – ait immédiatement suivi l’échange des évêques sur les vocations sacerdotales. Au cœur de cette réflexion, introduite par le père Christian Delarbre, vicaire général du diocèse d’Agen : les laïcs doivent-ils remplir une fonction ou une mission ? «La question de leur enracinement spirituel et ecclésial est essentielle», a-t-il esquissé, ouvrant un champ large de discussions aux évêques, pour un débat qu’ils reprendront lors de leur assemblée de printemps.

 

Intéressante réflexion que celle de la crise du sacerdoce et du rôle des laïcs, mais le sacerdoce pour la jeunesse est une vie difficile à laquelle on peut rajouter la mauvaise image de l’Église actuelle qui ne rend pas plus engageante cette vocation. Malheureusement, la mission profonde des laïcs dans l’Église n’est pas encore repensée.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Françoise 06/11/2016 18:55

Je pense qu'on ira progressivement (au moins en Europe et aux US) vers une prêtrise complètement laïque, similaire à la situation pastorale protestante. D'une, parce que le clergé religieux catho s'est complètement décrédibilisé (scandales pédophiles mais aussi financiers, scandales des couvents prisons et des bagnes religieux, des liens avec différentes dictatures et politiques d'oppression des individus en fonction de leur genre, de leur sexualité, de leur statut social) et de deux, parce que l'état sacerdotal religieux n'a plus l'attrait de promotion sociale, intellectuelle ou de refuge.
Je constatais ces dernières années une évolution également dans la gestion citoyenne de plein de problèmes quotidiens. Beaucoup de services qui auparavant dépendaient de structures étatiques ou administratives, ayant été supprimés (au profit d'une privatisation et des services payants), des citoyens se montent en associations pour pallier les manques et recréer des sortes de services publics à échelle locale.
Il me semble qu'au plan religieux catho, ce sera pareil à moyen terme.
Cependant, attention aux récupérations par des groupes fondamentalistes, qui sont déjà très présents dans les paroisses et ont déjà vampirisé pas mal de fonctions pastorales.

Pour ça que je pense que pour pouvoir inscrire dans la durée et d'une façon stricte et claire des rituels, il faudra passer par des rituels "spirituels" laïcs, hors religions.
Ca relèvera d'un service associatif que ce soit pour les obsèques, le mariage, le baptême, la communion, le catéchisme. Animé par un collectif citoyen de tous âges, mais engagé à dispenser les services et rites pour un petit groupe de personnes.

On reviendra à des rituels de passage, proches finalement de ceux des premiers hommes.
Avec des codes non religieux mais seulement spirituels.

Quand tu vois aussi les évolutions commerciales pour ce qui relève des obsèques (tu vois maintenant plaques, fleurs) mais aussi pour d'autres fêtes toutes ou parties religieuses, comme les dragées, images pieuses, déco mariage, baptême, communion, dans des boutiques de type bazar -foirefouille, gifi, etc-, tu vois bien qu'il y a de moins en moins de sectorisation religieuse. On désacralise pour créer ses propres rites. Les célébrations vont donc progressivement évoluer.
On le voit déjà sur les mariages, parfois sur les obsèques. Alors le reste suivra.

Y a un côté à la fois angoissant, parce qu'on ne sait pas du tout si ça sera mieux ou pire que l'actuelle situation, mais aussi quelque chose d'apaisant parce que la population reprend en main sa destinée, quelque part.

paroissiens-progressistes 07/11/2016 18:20

Françoise,

La mondialisation amènera plus rapidement les mêmes problèmes qu'en Europe, que soit en Afrique et en Asie. Revenir au temps des premiers chrétiens, où la hiérarchie était élue et la participation des fidèles était importante, pourrait être la solution. Un pape comme guide plutôt qu'un monarque serait intéressant. L'évolution des rites ? Je ne sais pas. Il faudrait voir ce que cela donne. Ce serait très intéressant.

Merci !