La résistance à Donald Trump continue

Publié le 14 Novembre 2016

Frédéric Autran, correspondant à New York dans son article du 14 novembre 2016 nous montre que les inquiétudes envers Donald Trump sont fondées. Donald Trump a martelé dimanche que la priorité était de cibler les clandestins condamnés ou recherchés par la justice. A titre de comparaison, Barack Obama a expulsé 2,4 millions de personnes entre 2009 et 2014. Un chiffre record qui pourrait grimper d’ici la fin de sa présidence jusqu’à 3,2 millions de personnes. Mais peut-on le croire ? Interrogé sur le fameux mur qu’il compte ériger le long de la frontière mexicaine, Donald Trump a réitéré sa promesse. Seule nuance : il a accepté que, par endroits, la séparation soit constituée de clôtures et de barrières, telles qu’il en existe déjà.

 

Au cours de cet entretien, le président élu a confirmé qu’il nommerait à la Cour suprême des juges très anti-avortement et favorable au port d’armes. En revanche, il a estimé que la décision de la Cour suprême autorisant le mariage homosexuel était définitive. «C’est la loi […] Cela me convient» a-t-il dit. Enfin, invité à s’exprimer sur les tensions observées à travers les Etats-Unis depuis son élection, Donald Trump a promis de «rassembler le pays». En fixant la caméra, il s’est d’abord adressé aux auteurs d’attaques racistes et islamophobes, perpétrées notamment par certains de ses partisans et dont le nombre a nettement augmenté ces derniers jours. «Je leur dirais (à ces agresseurs) : ne faites pas ça, c’est terrible parce que je veux réunifier le pays», a-t-il souligné. Des violences, dont il est en parti coupable avec ses discours xénophobes.

 

Il faudra toutefois bien davantage que des mots pour les rassurer, car comme le montre aussi Libération.fr dans l’article de Frédéric Autran du dimanche 13 novembre, le choc n’est pas encore digéré mais déjà, la contre-attaque s’organise. Si l’élection de Donald Trump ouvre assurément une période d’incertitude, elle déclenche aussi une vague de contestation inédite dans l’histoire américaine moderne. Responsables politiques, militants associatifs, artistes ou simples citoyens : partout aux États-Unis, des voix s’élèvent et promettent de s’opposer au futur président. Partie la plus visible de cette mobilisation, les manifestations anti-Trump se multiplient depuis mercredi. À New York, Los Angeles, Chicago, Las Vegas ou Indianapolis, des dizaines de milliers de personnes ont défilé aux cris de «not my president» («pas mon président»). Dans un pays de près de 320 millions d’habitants, le nombre de manifestants peut sembler insignifiant. Il n’en reste pas moins notable, tant défiler ne fait pas partie de l’ADN des Américains.

 

La résistance n’est pas seulement citoyenne. Jeudi, le maire démocrate de New York a promis de «s’opposer» à toute action prise par Donald Trump qui serait perçue comme une «menace pour les New-yorkais». Bill De Blasio s’engage notamment à combattre toute tentative de l’administration Trump d’expulser les clandestins vivant à New York.

 

Enfin, pour beaucoup, la résistance à Trump nécessite la construction d’un mouvement capable, à moyen terme, de proposer une alternative politique aux électeurs séduits par son message. Ce que n’a pas réussi à faire Hillary Clinton. «Le Parti démocrate a servi les intérêts de Wall Street, pas ceux de sa base électorale, déplore Maria Svart, directrice de Democratic Socialists of America (DSA), la principale organisation socialiste du pays. Nous devons bâtir un mouvement économique pour le plus grand nombre et antiraciste. Nous devons approfondir la révolution politique de Sanders, qui est la seule chose qui puisse nous sauver. Nous devons nous mobiliser.»

 

Le réalisateur militant Michael Moore, qui avait prédit la victoire du Républicain, dit dans le Los Angeles Times vouloir être l’une des voix de cette opposition : «Ce sera un mouvement massif de millions de personnes qui éclipsera Occupy Wall Street.» «Nous n’allons pas réparer le Parti démocrate, nous allons en prendre le contrôle», ajoute-t-il, appelant ses dirigeants actuels à démissionner. L’avenir du parti se jouera dans les prochains mois. Défavorisé au cours des primaires par un comité directeur acquis à Hillary Clinton, Bernie Sanders a lancé l’offensive pour faire triompher la ligne progressiste. «Le parti doit rompre ses liens avec l’élite des affaires et redevenir un parti populaire qui défend la classe moyenne, les personnes âgées et les pauvres», a-t-il écrit vendredi dans une tribune publiée par le New York Times. Avant de s’attaquer à Donald Trump, le parti démocrate va devoir régler le problème de vision politique qui se profile en ses rangs.

 

Trump n’aura pas non plus le temps de se reposer puisque des manifestations sont déjà en préparation pour l’investiture du 20 janvier à Washington. Comment pouvait-il en être autrement.

 

La victoire de Trump vient d’un constat très inquiétant comme le montre marianne.net : La mise à genoux du gouvernement grec, les trahisons de Hollande et l’échec de Sanders aux USA, face à un Parti démocrate complice de la finance, ont privé les peuples de tout espoir à gauche et dans la démocratie. Les peuples ne croient plus aux politiques mais pire, ils ne croient plus que la démocratie puisse améliorer leur vie. Alors ils cherchent des bouc-émissaires, souvent les étrangers mais aussi les plus pauvres, traités «d’assistés» par la «bienpensance» universelle.

 

Pendant ce temps, la ploutocratie et l’élitocratie médiatique associées restent sourdes et aveugles à la désespérance des peuples et aux avertissements des urnes. Le résultat est là : Brexit au Royaume-Uni, votes d’extrême droite en Europe et, pour couronner le tout, élection triomphale de Trump aux USA. La gauche européenne est aux abonnés absents et ne propose rien. Pas un seul rêve pour un monde nouveau, plus juste, plus solidaire, plus fraternel… Comme les gaullistes et les syndicats dits réformistes, elle trahit sa mission et son histoire.

 

Seul un sursaut des peuples peut permettre d’imaginer et de construire une Europe digne de ce qu’ont fait nos parents et lumière pour le monde. Il faut pour cela une union de philosophes, de sociologues, de politiciens, de syndicalistes et de citoyens pour relever ce défi comme surent le faire les Résistants français. Ils proposèrent au monde le programme «les Jours heureux» du Conseil National de la Resistance dans les heures les plus sombres de l’histoire de France. Ils surent offrir aux jeunes la seule utopie qui vaille, des lendemains meilleurs et ils le firent. Sinon, nos gouvernants, qui ont détruit cette espérance, sapé le contrat social et livré les USA à Trump, livreront demain la France et l’Europe aux partisans de l’exclusion et de la haine.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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