Le message du pape François à la COP22 et le plan stratégique de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis

Publié le 16 Novembre 2016

Pierre Granier dans cathobel.be nous montre le mardi 15 octobre 2016 que le pape François a transmis un message à Salaheddine Mezouar, ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc et président de la COP 22, qui se déroule à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre. Il y a expliqué que les problèmes liés à la défense de l’environnement soulevaient un défi «éducatif et culturel».

 

Le pape a en effet estimé qu’il n’était pas possible de réduire les solutions «à la seule dimension économique et technologique». Au contraire,  il est essentiel et nécessaire, selon lui, de «prendre aussi attentivement en considération les aspects éthiques et sociaux du nouveau paradigme de développement et de progrès». «Le style de vie fondé sur la culture du rebut est insoutenable et ne doit pas trouver de place dans nos modèles de développement et d’éducation»,  a-t-il confié au président de la COP 22.

 

L’accord de Paris, entré en vigueur le 4 novembre dernier, «encourage la solidarité envers les populations les plus vulnérables», a par ailleurs estimé le pape François. Pour ce dernier, cette nouvelle conférence représente une étape centrale dans le parcours tracé par la COP 21. Le pontife a ainsi encouragé tous les pays participants à la conférence de Marrakech à être animés «du même esprit de collaboration manifesté durant la COP 21».

 

Cette vue du pape François semble épouser parfaitement le nouveau plan stratégique adopté par la Conférence des évêques catholiques  des États-Unis (USCCB) le 15 novembre lors de son assemblée générale d'automne comme le montre NCRonline.org et qui reflète les efforts du pape François pour établir une église plus miséricordieux et d'accompagnement, a déclaré l'archevêque qui a dirigé le processus de planification. Le plan, adopté par un vote de 199 voix contre 4 avec deux abstentions, et les travaux de la conférence et de ses comités se mettront en place à partir de 2017 jusqu'en 2020. Ils prendront effet en janvier.

 

Le plan intègre le thème «Rencontrer la miséricorde du Christ et accompagner son peuple avec joie» et met en avant cinq priorités : l'évangélisation, le mariage et la vie de famille, la vie humaine et la dignité, les vocations, et la liberté religieuse. Au total, les cinq priorités identifient plus de 740 projets individuels à accomplir au cours des quatre prochaines années. Le cardinal Joseph Tobin d'Indianapolis, qui a été récemment été nommé archevêque de Newark, au New Jersey, a demandé ce qui dans le plan pourrait répondre au souci de l'environnement et des personnes qui éprouvent les effets négatifs du changement climatique. L’archevêque de la Nouvelle Orléans Gregory Aymond lui a répondu que les travaux du plan sur l'environnement, le changement climatique et la réponse aux besoins des personnes en marge de la société concernent dans le monde entier dans la priorité à la vie et la dignité de la personne humaine.

 

Dans cette section, l'un des domaines abordés comprend l'enseignement et la défense de ce que le pape a décrit comme l'écologie intégrale, «mettant l'accent sur la dégradation de l'environnement et son impact sur la vie des personnes les plus vulnérables.» Le document de 28 pages offre un aperçu du plan et décrit plusieurs domaines spécifiques pour traiter de chaque priorité. Une grande partie du plan a été élaboré pour aider les personnes de tous âges ainsi que les familles, les gens dans leur vie quotidienne et pour d'encourager les actions qui portent sur ce qui est décrit comme une «disciple missionnaire».

 

Un autre passage dans le plan souligne que l’Église doit être «un chemin d'espoir pour les personnes qui ont besoin d'une étreinte amoureuse quand ils font face aux défis du monde.» En outre, le document indique, «Le plan stratégique de l’USCCB existe pour servir la mission d'évangélisation confiée d'une manière particulière à chaque évêque, c’est l'outil dont comptent les évêques américains pour mettre en avant leurs priorités, organiser, et optimiser les ressources des bonnes œuvres qui permettront à la conférence de remplir sa mission.»

 

Mais ce choix de se centrer sur l’environnement et les personnes en marge de la société sera-t-il porteur ? Les évêques américains n’ont pas été connus comme les vibrants défenseurs de ces deux choses. Vatican Insider nous montre que le doute est permis quand on voit  que les évêques des États-Unis ont choisi Daniel DiNardo, archevêque de Galveston-Houston, comme président de la Conférence épiscopale américaine, aura parmi ses principales tâches est de guider les relations entre les dirigeants de l'administration de l'Église et Donald Trump. Di Nardo, est un défenseur de la cause pro-vie, et il a été vice-président de la Conférence épiscopale. Son vice-président tandis l'archevêque de Los Angeles, José Horacio Gómez, né au Mexique et formé dans l'Opus Dei. Deux hommes assez conservateurs peu portés vers le progressisme.

 

Hier, les évêques américains ont approuvé une déclaration dirigée à l'administration entrante du président élu Donald Trump qui dit : «Nous allons travailler à promouvoir des politiques humaines qui protègent la dignité inhérente des réfugiés et des immigrants, gardent les familles ensemble, et honorent et respectent les lois de la nation.» Intéressant, mais Vatican Insider montre que le pape ne veut pas seulement des mots mais des actes venant des évêques américains. «Notre grand défi est de créer une culture de la rencontre, qui encourage à briser les murs et à construire des ponts ... Nous sommes appelés à être porteurs de bonnes nouvelles pour une société en proie à des changements vertigineux et à une polarisation croissante». C’est par ses mots très clairs que le pape François s’est adressé aux évêques américains, réunis à Baltimore.

 

Mais le pape sait sans doute déjà que l’USCCB est déjà hors-jeu et qu’elle fait partie de cette vieille Amérique est qui en train de mourir pendant qu’une autre naît, portée par la montée en puissance des minorités et l’ouverture culturelle de la nouvelle génération, les millennials. Jeune, métissée, progressiste, plus urbaine, plus éduquée (les femmes le sont plus que les hommes), moins religieuse, plus favorable à la légalisation de la marijuana, c’est elle qui a élu Obama, qui a obtenu le doublement du salaire minimum dans plusieurs États, refuse le fracking (pour extraire le pétrole et le gaz de schiste) au motif du développement durable, est pour le développement d'écoles maternelles, du congé parental, d’un contrôle des dérives policières et qui réclame l’instauration d’un système public de santé et la réduction des inégalités. Ce sont ces électeurs qui ont refusés de voter Hillary Clinton et Donald Trump. Espérons qu’en France, la génération portée par Nuit Debout puisse aussi ouvrir la France à autre chose que le défaitisme.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise, #Actualités

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