Le pape envoie un message au festival de la Doctrine sociale de l’Église

Publié le 25 Novembre 2016

Radio Vatican nous montre qu’à l’occasion du VIe festival de la Doctrine sociale de l’Église qui se tient à Vérone du 24 au 27 novembre sur le thème "au milieu du peuple", le pape François a envoyé un message vidéo, dans lequel il appelle à s'ouvrir à la richesse de la rencontre avec l'autre.

 

Dans son message, le pape rappelle que «c’est l’isolement qui fait du mal, non le partage», car l’isolement «développe la peur et la méfiance, et empêche d’apprécier la fraternité». Il appelle donc à ne pas se concentrer sur soi-même mais à s’ouvrir à la rencontre, à prendre soin de l’autre, notamment «le malade, le vieil homme, le migrant, le pauvre, le chômeur». C’est une relation réciproque qui doit se créer, prévient le pape, car «être au milieu des autres ne signifie pas seulement être ouvert, mais aussi se laisser rencontrer par les autres». Ainsi nait une «authentique richesse humaine». En étant au milieu des autres, la vie s’apprend par l’enseignement des faits qui marquent notre existence. Même «sans discours ou explications, on comprend ce qui importe ou n’importe pas dans la vie» estime le pape.

 

Être au milieu des autres, poursuit le pape, c’est faire partie d’un peuple, et «être ensemble nous aide à voir ensemble». Cette vue d’ensemble enrichit le regard et permet d’assurer l’harmonie sociale, car séparer le peuple du pouvoir a «des conséquences graves sur les gens : l’augmentation de la pauvreté, la mise en danger de la paix, la mauvaise gestion de l’argent». Le pape souligne aussi la «richesse et la beauté» de la pluralité de couleurs, cultures, races et religions, de pensées et d’actions, qui est mise en évidence quand on se tient au milieu des autres. À l’exemple de Marie, humble servante miséricordieuse, «présence constante» qui n’est jamais «au centre de la scène», le pape invite à «partir d’en bas, se salir les mains, avoir du courage» pour résoudre les problèmes des autres. «Quand on est avec les autres, on touche à l’humanité : il n’y a jamais seulement la tête, il y a aussi toujours le cœur, il y a plus de concrets et moins d’idéologies».

 

Un message qui rejoint les inquiétudes de la Banque mondiale sur la progression des populismes dans un article d’euronews.com du mardi 22 novembre. La montée des populismes a un impact négatif sur les perspectives économiques à long terme de l’Europe et de l’Asie centrale : c’est la conclusion du dernier rapport de la Banque mondiale, qui anticipe toutefois une accélération de la croissance à court terme. Malgré des créations d’emplois, les salaires stagnent et les inégalités s’accroissent. Cette évolution alimente un sentiment d’insécurité sociale qu’ont reflété le vote en faveur du Brexit et les réactions négatives à la crise des réfugiés en Europe. Un terreau fertile aux populismes. Le rapport note que les sociétés peuvent accuser les chocs exceptionnels, mais quand les mauvaises nouvelles économiques se succèdent, la confiance envers les partis politiques traditionnels s‘étiole. Les électeurs se détournent ainsi des courants centristes. Le rapport met d’ailleurs en exergue une étroite corrélation entre la sous-performance de la croissance et la montée du vote populiste.

 

Le vote en faveur des partis populistes prend racine dans l’anxiété liée aux bouleversements du marché du travail, à un défaut de sécurité de l’emploi. Et le risque tient au fait que les problèmes que rencontrent les gens ne sont pas résolus. Cette anxiété est largement liée par le fait que tous les nouveaux emplois créés sont soit des temps partiels, soit temporaires, et que les contrats à temps plein et permanents se font de plus en plus rares. Selon elle, pour mettre fin à l’insécurité de l’emploi il faut que les systèmes de protection sociale, qui dans le passé étaient fortement liés aux grandes entreprises où les gens travaillaient pendant une longue période, doivent aujourd’hui être dissociés de ces entreprises pour devenir bien plus larges et accessibles. Enfin pour la Banque mondiale ce que peuvent faire les gouvernements, c’est aider les gens à s’adapter à cette situation nouvelle.

 

Mais cette adaptation demanderait aux gens d’accepter un marché du travail précaire sans leur demander véritablement leur avis. Il faut dire que de plus en plus de citoyens se sentent délaissés par le système économique en place, surtout depuis la crise économique. Ils se sentent menacée par la mondialisation et le libre échange est désormais vu comme une menace pour les emplois. Donc, les citoyens ont toujours besoin d’un État protecteur qui les écoute afin d’éviter de se tourner vers les populismes. Et quand on écoute les citoyens le résultat est souvent probant comme le montre un sondage au Portugal où le PS est très proche de la majorité absolue (43%). Mais les États ne doivent pas oublier de faire participer les citoyens aux grandes décisions et pas seulement au jeu électoral s’il veut que ceux-ci ne se sentent pas abandonnés.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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