Le pape François entre mise au point et ouverture

Publié le 12 Novembre 2016

Marie Malzac dans son article pour la-Croix.com du jeudi 10 novembre 2016 nous montre que une interview à Antonio Spadaro, publiée dans le nouvel ouvrage du directeur de La Civiltà cattolica, présenté jeudi 10 novembre à Rome, le pape soutient que, dans le domaine liturgique, «parler de réforme de la réforme est une erreur».

 

Interrogé sur l’attachement d’une partie des catholiques à certains aspects liturgiques traditionnels, le pape François répond que «Benoît XVI a fait un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité de certains groupes et personnes qui ressentaient de la nostalgie et s’éloignaient. Mais c’est une exception. C’est pour cela que l’on parle de rite ‘extraordinaire’».

 

Le pape contrairement au cardinal Robert Sarah ne vaut pas d’un retour en arrière. «Vatican II et la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium doivent continuer d’être appliqués tels qu’ils sont. Parler de ‘réforme de la réforme’ est une erreur», poursuit le pape, désavouant ainsi des propos tenus récemment par le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

 

«J’essaie de comprendre ce qu’il y a derrière des personnes qui sont trop jeunes pour avoir vécu la liturgie préconciliaire mais qui la veulent quand même», se questionne le pape dans son entretien avec le P. Spadaro. «Parfois, je me trouve face à des personnes très rigides, face à une attitude de rigidité». «Et je me demande : pourquoi tant de rigidité ?», poursuit-il, indiquant que celle-ci cachait «toujours quelque chose : de l’insécurité, ou même autre chose». Et d’ajouter : «La rigidité est défensive. Le véritable amour ne l’est pas». Pour le pape François, le «traditionalisme rigide n’est pas bon». Au contraire, «la tradition fleurit», si elle se fonde sur la «fidélité».

 

Le pape fait une mise au point salutaire et montre à ceux qui croient que la Tradition est un bloc monolithique, mais qu’elle a source dans la passé, le présent et l’avenir. La Tradition n’est pas immuable, elle est en mouvement. Après tout si l’on croit le pape François : «L’homélie est toujours politique, car vous la faites au milieu de la Polis, au milieu du peuple».

 

Nicolas Senèze nous montre dans la-Croix.com nous montre aussi que dans le cadre des «vendredis de la miséricorde», le pape François s’est rendu dans l’après-midi du vendredi 11 novembre dans le quartier de Ponte di Nona, à l’extrême est de Rome où il a rencontré, dans un appartement, sept familles toutes fondées par d’anciens prêtres ayant quitté le sacerdoce. Un vendredi par mois, depuis le début du Jubilé, le pape part rendre discrètement visite à des personnes défavorisées ou marginalisées pour illustrer les œuvres de miséricorde.

 

«Le Saint-Père a voulu offrir un signe de proximité et d’affection à ces jeunes qui ont fait un choix pas toujours accepté par leurs frères prêtres et la famille», note le Vatican dans un communiqué. «Après plusieurs années consacrées au ministère sacerdotal en paroisse, il est apparu que la solitude, l’incompréhension, la fatigue causée le grand effort de responsabilité pastorale ont mis en crise leur choix initial de la prêtrise, continue la Salle de presse du Saint-Siège. Des mois et des années d’incertitude et de doute les ont souvent conduits à croire qu’il avait fait, avec le sacerdoce, le mauvais choix. D’où leur décision de quitter la prêtrise et de fonder une famille.»

 

Quatre des jeunes pères de famille rencontrés par le pape étaient d’anciens curés du diocèse de Rome, dont le pape est l’évêque, les autres venants de Madrid (Espagne), d’Amérique latine et de Sicile. Selon le Vatican, l’arrivée du pape dans l’appartement «a été marquée par un grand enthousiasme», les enfants se rassemblant autour de François pour l’embrasser tandis que les parents «ne retenaient pas leur émotion».

 

«La visite du Saint-Père a été très appréciée par toutes les personnes présentes qui n’ont pas ressenti pas le jugement du pape sur leur choix, mais sa proximité et l’affection de sa présence», précise le Saint-Siège selon qui le pape a écouté les anciens prêtres et s’est tenu au courant des procédures canoniques en cours. «Sa parole paternelle a rassuré tout le monde sur son amitié et la certitude de son intérêt personnel», conclu le Vatican selon qui François a une nouvelle fois «voulu donner un signe de la miséricorde à ceux qui vivent une situation de détresse spirituelle et matérielle, et que personne ne doit se sentir éloigné de l’amour et de la solidarité des pasteurs».

 

Cette visite s’est terminée vers 17 h 20 après quoi le pape est rentré au Vatican. Il s’agissait du dernier «vendredi de la miséricorde» de l’année jubilaire. Une miséricorde dont aurait aussi besoin des catholiques de Coire qui souhaitent que le pape ne nomme pas tout de suite un nouvel évêque après le départ à la retraite du contesté Vitus Huonder comme le montre tdg.ch le vendredi 11 novembre 2016.

 

Le pape doit surseoir à la nomination d'un nouvel évêque de Coire et nommer un administrateur apostolique le temps d'apaiser la situation dans le diocèse. C'est ce que demande une pétition lancée vendredi par l'alliance «Es reicht!» («Ça suffit!»). L'alliance regroupe une douzaine d'associations catholiques. Sa pétition reprend une demande déjà formulée lors d'une réunion en 2014 à St-Gall: elle exige que l'évêque Vitus Huonder ne soit pas remplacé après son départ à la retraite l'an prochain, peut-on lire dans le texte de la pétition présentée vendredi à Coire. À la place d'un nouvel évêque, le Vatican est appelé à désigner un administrateur apostolique qui soit rassembleur et qui représente une Église proche des hommes et des réalités de la vie, écrit l'alliance.

 

La pétition en ligne peut être signée jusqu'à la fin de l'année. Elle sera ensuite envoyée au nonce apostolique en Suisse, qui la transmettra ensuite au pape à Rome et à la Conférence des évêques suisses. Le diocèse de Coire couvre les cantons de Zurich, Schwyz, Nidwald, Obwald, Uri, Glaris et des Grisons. Martin Kopp, vicaire général de Suisse centrale (UR, SZ, NW et OW), a lui aussi appelé à nommer un administrateur apostolique. Dans un entretien accordé au Tages-Anzeiger et au Bund en novembre, il a déclaré qu'il est «clair que le diocèse ne peut plus continuer à fonctionner comme maintenant», car sa gestion ne correspond pas à la vision des fidèles de la région.

 

Pour le vicaire, si le successeur poursuit la politique actuelle, «l'évêché est mort». Zurich, Uri, Schwyz, Obwald et Nidwald se sépareront de l'évêché de Coire. L'idée d'un nouveau départ est «largement partagée», a-t-il ajouté. Espérons que cette idée soit aussi partagée par le pape François pour permettre à l’évêché de Coire de se rassembler pour mettre en avant des jours nouveaux.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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