Le pape François refuse de tomber dans le «piège» fixé par le cardinal Burke et ses alliés sur des soit disant erreurs d’Amoris Laetitia

Publié le 17 Novembre 2016

Christopher Lamb dans son article pour The Tablet du mercredi 16 novembre nous montre que le pape croit que les questions posées sur les divorcés remariés sont conçues pour le forcer à mettre le débat sur les termes de cardinaux ultra conservateurs. Le pape François refuse donc de tomber dans le «piège» fixé par le cardinal Burke et ses alliés sur des soit disant «erreurs» dans Amoris Laetitia notamment sur la communion des divorcés remariés, c’est pour cela qu’il n’a n'a pas répondu au groupe mené dans lequel se trouve aussi le cardinal Joachim Meisner, archevêque retraité de Cologne, le cardinal Carlo Caffarra, archevêque retraité de Bologne, et le cardinal Walter Brandmüller, ancien responsable du comité des sciences historiques du Vatican.

 

Le pape François estime que leurs questions sont un piège et il a choisi de ne pas participer à un débat qui semble aller sur les termes des cardinaux et conçu pour le faire revenir aux anciennes règles. Il a également définitivement approuvé la position des évêques argentins qui est de donner la communion aux catholiques divorcés remariés dans certains cas, tout en laissant aux évêques de choisir individuellement sur ces cas en général, pour ceux qui feront appel à eux.

 

Pour ces cardinaux ultraconservateurs c'est le nœud du problème. Ce n’est pas tant la «confusion» sur le document, qui leur pose problème mais que le pape s’est prononcé en faveur de la conscience personnelle, du discernement et du pouvoir de décision sur ces sujets pour les églises locales. C'est effrayant pour eux parce que cela signifie qu’ils doivent secouer l'enseignement pontifical clair et sans équivoque.

 

Le pape François sait aussi que la plupart des catholiques sont d' accord sur l’ouverture envers les divorcés remariés et qu’Amoris Laetitia reflète la réalité d’un nombre incalculable de paroisses. Et il est sans doute sceptique quant à l'affirmation selon laquelle les fidèles sont «confus» venant d’un seul groupe de cardinaux qui n’est pas actuellement engagé en première ligne dans la pastorale. Ici le pape François fait le pari que son enseignement sera celui qui résistera à l'épreuve du temps.

 

Cela n’empêche pas comme nous le montre periodistadigtal.com le mercredi 16 novembre 2016 que le cardinal Raymond Leo Burke tempête dans une interview à National Catholic Register qu’il met en garde le pape de corriger les «doutes» «clairs» des 4 cardinaux à propos des «confusions» de l’encyclique, sinon  les cardinaux ultraconservateurs feront «un acte formel de corriger une grave erreur.»

 

Une menace qui provoque un certain étonnement au Saint-Siège plutôt que de la peur. Et, comme l’explique des experts de droit canon en  Espagne et à Rome, Mgr Burke s’est jeté dans une piscine sans eau. «Il n’existe pas une tel cas de figure, ou d’autres similaires, en droit canonique. C’est de la folie absolue», dit l'historien Juan Mari Laboa, l'un des plus grands experts sur le sujet. Comme il le montre, le seul qui peut se corriger formellement est le pape, et il pourrait appeler les quatre cardinaux rebelles pour leur retirer leur barrette comme à l’époque de Pie XI.

 

Dans l'entourage du pape, en attendant, ils prennent patience face à l’énième attaque par des cardinaux ultraconservateurs. Le pape lui-même, qui accuse un peu moins Mgr Burke d'être un hérétique, a fait un appel curieux pour «supporter patiemment les gens ennuyeux» lors de l'audience mercredi. Malgré ce que peuvent prétendre les quatre cardinaux opposés au pape, pour l'instant il n'y a pas eu de réaction officielle du Vatican, ni d’attente à ce sujet. Le pape François a rencontré lundi avec les chefs des dicastères de la curie romaine, mais la réunion ne portait pas sur une réponse à la demande de Mgr Burke, Mgr Brandmuller, Mgr Caffarra et Mgr Meisner.

 

La chose la plus proche d'une réponse est celle du cardinal Kevin Farrell, préfet du conseil pontifical pour les laïcs, la famille et la vie, qui, dans une interview à paraître aujourd’hui dans le National Catholic Reporter règle la question, en soulignant qu’«honnêtement, je ne vois pas comment et pourquoi certains évêques semblent penser qu'ils ont à interpréter ce document». Quelques mots similaires à ceux déjà dits par son homologue Blase Cupich. Pendant ce temps, le jésuite Antonio Spadaro a répondu sur son profil Twitter avec les mots qu’utilisait le cardinal Schönborn pour faire la présentation officielle d’Amoris laetitia. «C’est un acte du magistère, ainsi il n’y a pas la même question qui donne la réponse que vous voulez», dit le journaliste italien.

 

Luis Ferrando Lada n’a sans doute pas tort de voir dans periodistadigital.com ces quatre cardinaux comme des scribes et des pharisiens vêtus de pourpre qui sont seulement préoccupé par l'interprétation et l’application stricte de la loi, voulant piéger le pape à travers une lettre. Une telle technique n’est pas digne de ces ecclésiastiques de haut rang. Surtout quand l'intention de ceux-ci se cache dans des prétextes pieux.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Guillaume 01/12/2016 23:37

Notre boussole, notre repère, notre modèle c'est le Christ et non notre conscience.
Que dit le Christ?
S’agissant des divorcés remariés, s’il y a bien un endroit où notre Seigneur a été d’une clarté sans paraboles, c’est bien sur ce thème que nous pourront précisément vérifier dans l’évangile de Matthieu 19 (http://www.aelf.org/bible-liturgie/Mt/Evangile-de-Jeesus-Christ-selon-saint-Matthieu/chapitre/19) qui a été lu le 22 novembre 2016 dans toutes les églises catholiques du monde, et qui se terminait par ceci : « ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! », cette injonction s’adresse d’abord aux principaux concernés à savoir les mariés eux mêmes.
Et notre Seigneur martèle cette enseignement dans Matthieu 5:28 lorsqu’il déclare : » Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne ». On ne peut pas être plus claire. Nous entrons là dans ce qu'on appelle la radicalité évangélique qui n'a rien à voir avec un examen cas par cas où notre conscience en est l'ultime juge. La réaction extrêmement négative des apôtres(« Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » disent-ils) est à la hauteur des enjeux posés par Jésus qui ne craint pas de leur montrer l'essentiel : "Le royaume des cieux" et non les plaisirs charnels de ce monde. Et j’avoue être stupéfait lorsque sur ce sujet, le Saint Père traite ceux qui ne le suivent pas dans sa logique de « pharisien à la nuque raide ». A regarder de plus près, à la lumière du récit biblique, qui sont véritablement les pharisiens ? C’est bien ceux qui modifie la doctrine de Dieu "à cause de la dureté de leurs cœurs". Enfin, le Christ, fasse à son message, invite à un positionnement claire, noir sur blanc, lorsqu'il déclare :

" Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. » Jacques 5:12
« Que votre parole soit oui, oui, non, non; CE QU’ON Y AJOUTE VIENT DU MALIN (du démon). » St Mathieu 5. 37 ou encore : Apocalypse 3:15 "Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche". C'est claire et c'est net, car "Contexte la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du coeur ".Hébreux 4:12

Voilà pourquoi "Les quatre points cardinaux" veulent indiquer le cap qui dévie dangereusement à gauche", ayant en tête toutes ces affirmations de notre Seigneur, préservées jalousement par la tradition de l'Eglise durant 2000 ans, veulent dégager leur responsabilité devant Dieu et devant les hommes en interpellant le Pape pour qu'il se prononce lui aussi comme le Christ dont il est le vicaire par une réponse claire en tant que maitre et gardien de la foi catholique donnée par notre Seigneur et transmis par les apôtres, par un OUI ou par un NON. Simplement !!!! tout simplement !!!! sans polémiques ni démagogie. Sans plus, ni moins.

paroissiens-progressistes 02/12/2016 10:07

Guillaume,

Vous donnez ces passages de Matthieu en oubliant que Jésus a aussi dit : "tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé" (Matthieu 5,18). Jésus a aussi dit qu'il n'est pas venu abolir la loi mais l'accomplir (Matthieu 5,17).

Donc, même Deutéronome 24, 1-3 sur le divorce ne disparaîtra pas selon Jésus : "Si un homme répudie sa femme en lui remettant une lettre de divorce, qu’elle quitte sa maison et se remarie à un autre homme, que ce second mari la répudie à nouveau selon la même procédure… alors son premier mari ne pourra pas la reprendre pour épouse."

Jésus donne aussi deux raisons valables pour divorcer qui se rapprochent de ce qui existait à l'époque : adultère (Matthieu 19,9). C'est toujours la principale situation pour divorcer. L'interprétation de Jésus sur le divorce est à voir avec son contexte, Jésus ici donne une vision restrictive pour éviter les motifs peu sérieux de divorce à l'époque (femme qui fait mal à manger, mari qui veut épouser une autre femme, mauvais regard de la femme). Dans le divorce, la femme perdait tout. Donc ici , Jésus prend parti pour les femmes et demande aux maris de prendre leur responsabilités dans un mariage où la femme était souvent la perdante. Aujourd’hui, comme les femme travaillent cette clause restrictive de Jésus est difficilement tenable.

Ici, la communion aux divorcés remariés a peu avoir avec une formulation de Jésus sur le divorce. Ensuite, Jésus n'a pas eu de démarche restrictive sur la communion puisqu'elle concerne tous les fidèles quels que soient leurs péchés. Jésus n'a pas fait une Eglise de juste et de purs, il est venu chercher tout le monde même les pêcheurs.

Le cap ne dévie pas dangereusement, le pape a mis en avant ce qu'a dit Jésus, le pardon des péchés. Et comme l'avait dit Jésus : Je ne "suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs" (Marc 2,17). Vous avez une vision restrictive de l'enseignement de Jésus.

Merci !

Mézière 18/11/2016 13:46

Les 4 cardinaux n'ont pas posé un piège. Ils demandent simplement que le Souverain pontife clarifie un point de doctrine.Qu'il nous dise si ce que le pape Jean-Paul II a dit sur l'Eucharistie et les personnes divorcées est toujours valable.Si c'est oui, tant mieux, si c'est non, c'est très grave !!!
Relisez ce que le premier concile du Vatican dit sur le pape. Il n'est pas au-dessus de la tradition; il doit s'y conformer et transmettre à son successeur ce que son prédécesseur lui a remis. Il n'a pas le droit d'inventer une doctrine nouvelle. La Sainte Eglise n'est pas une démocratie mais une théocratie. Ce n'est pas une majorité populaire qui modifie les lois et les dogmes au gré de ses humeurs et de ses vices. Ce n'est pas mon Eglise, ni l'Eglise de Bergoglio ou de l'évêque untel mais c'est l'Eglise de Jésus-Christ qui nous a donné une doctrine immuable. Relisez les Evangiles et les Actes des Apôtres...

paroissiens-progressistes 13/12/2016 15:19

Guillaume,

La conversion ne peut venir de la rigidité, mais dans l'accueil. Le repentir ne peut pas venir non plus de condamnation. L'Eglise doit aussi savoir être apte à l'offrir. Donc, en condamnant ceux qu'elle ne juge pas pur, elle empêche ainsi le repentir et se contredit de ce fait comme on peut le voir pour les divorcés remariés.

Merci !

Guillaume 13/12/2016 14:24

paroissiens-progressistes,
Vous dites que « Jésus a aussi dit qu'il n'est pas venu abolir la loi mais l'accomplir » (Matthieu 5,17). Vous citez aussi Deutéronome 24, 1-3.
Vous avez parfaitement raison, le Christ n'est pas venu abolir la loi mais l'accomplir.
Mais seulement l'accomplir dans sa totalité et dans sa perfection en vue du royaume éternel. Il ne se limite plus aux considérations charnelles, mais nous invite à une élévation absolue de l'esprit vers les biens célestes. Il est question ici d’un renoncement radical et total: par rapport à sa propre personne; par rapport aux biens matériels éphémères. A la loi du talion en vigueur dans le livre du Deutéronome que vous citez, le Christ va au-delà : Luc 6: 28 "bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent ». Luc 29 "Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un prend ton manteau, ne l'empêche pas de prendre encore ta tunique". Au jeune riche qui voulait le suivre et qui en plus observait bien les commandements de Dieu (livre du Deutéronome), Jésus le félicite mais l'oriente aussitôt à plus de perfection en l'invitant à le suivre après qu'il ait vendu tous ses biens. Ce que le jeune homme n'a pas pu faire. On dit qu'il s'en alla tout triste.
Beaucoup, comme le jeune homme riche, n'ont pas supporté un discours aussi radical, comme c’est le cas de nos jours. Souvenez vous du discours sur le pain de vie où il est dit dans Jean 6: « Beaucoup de ses disciples s'écrièrent : "Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter (...). À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui.». Comme nous le lirons par la suite, Jésus n'a pas cherché à les retenir, ni à moduler son discours pour une pastorale d'accompagnement et de discernement au cas par cas. Il a continué à marteler les vérités du royaume comme il le rappelle lui même dans la parabole du semeur. Chacun est libre d'accepter ou de refuser son message. C’est à prendre ou à laisser. Ce qui lui a d'ailleurs valu la mort.
C'est vrai comme vous dites: "Jésus n'a pas fait une Église de juste et de purs, il est venu chercher tout le monde même les pêcheurs". C'est très juste de citer également Marc: «Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs". Vous éludez cependant un élément fondamental: LA CONVERSION. A la femme adultère, que Jésus sauve de la lapidation il lui dit: "va et ne pèche plus". Lorsqu'il rencontre Matthieu le publicain, ce dernier abandonne radicalement tous ses grands biens, fait une fête et le suit. Zachée partagera ses biens avec tous ceux à qui il a fait du tord.
Qu'est ce qui peut mettre en branle tout un ciel, dans une joie festive et joyeuse ? C'est quand un seul et rare pécheur se convertit : Luc 15 : « il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance »LA REPENTENCE, qui conduit à la CONVERSION. Voilà ce qui touche le cœur de Dieu. "Dieu ne veut pas la mort du pécheur, il veut que le pécheur se repentisse et qu'il ait la vie éternelle" (je ne maitrise pas la référence).
Enfin vous dite je cite : « Vous avez une vision restrictive de l'enseignement de Jésus ». C’est vrai, au vu des paroles radicales qu’il a lui-même prononcé, et que je cite volontairement pour vous démontrez que je n’invente rien, Jésus nous invite à opérer des choix radicaux dans nos vie : « Que votre Oui soit Oui et que votre Non soit non ».
S’il y a eu une qualité qui m’a toujours marqué lors des procès en canonisation, c’est la recherche de l’existence DES VERTUS HEROÏQUES du candidat à la canonisation, c'est-à-dire, l’ensemble des renoncements héroïques effectués par la personne en vue du Royaume éternel. Et Jésus nous y invite tous à opérer ces choix radicaux lorsqu’il dit dans Matthieu 5 : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. ». Tout un programme.
Ce n’est pas évident, je vous le concède, peut être je n’y arriverai jamais. Mais reconnaitre ces vérités et ensuite essayer malgré la difficulté de les mettre en pratique, est déjà en soi un cheminement.
Merci bien.

paroissiens-progressistes 20/11/2016 14:23

gaëtan,

Qui sait le pape m'inspire ou j'innove ? A vous de voir.

Merci !

gaetan ribault 20/11/2016 14:00

Paroissiens , vous ne m'aviez pas habitué à des réponses aussi jésuitiques

paroissiens-progressistes 18/11/2016 18:51

Mézière,

Le pape leur a parfaitement répondu dans l'Avvenire en disant qu'il suit le "concile" et qu'ils devraient arrêter de tout voir en "noir" et "blanc". Il n'y a aucune confusion dans l'encyclique puisqu'il met en avant ce que dit Familia Consortio sur le discernement et le for intérieur.

Merci !