Les évêques de France rappellent que le défi de la laïcité «dépasse largement» la question des crèches et les évêques américains appellent à l’unité après l’élection de Donald Trump

Publié le 10 Novembre 2016

Gauthier Vaillant dans son article pour la-Croix.com nous montre que la Conférence des évêques de France (CEF) a réagi à la décision du Conseil d’État qui a autorisé, mercredi 9 novembre, l’installation des crèches dans les mairies sous certaines conditions.

 

Le Conseil d’État a tranché après des années de polémique, mercredi 9 novembre, en autorisant l’installation de crèches de Noël dans les bâtiments publics à certaines conditions. La Conférence des évêques de France (CEF) a pris note de cette décision dans un communiqué, quelques heures après l’annonce de la décision des Sages.

 

L’argumentaire du Conseil d’État distingue notamment la dimension culturelle et la dimension religieuse des crèches. À ce titre, seules des circonstances particulières permettant de lui reconnaître un caractère culturel, artistique ou festif, ou de l’ordre de la tradition locale, autorisent l’installation d’une crèche dans un bâtiment public.

 

«L’Église a toujours affirmé que la crèche était un symbole religieux ainsi qu’un élément culturel qui prend, aujourd’hui, une place naturelle dans le paysage de Noël avec une présence plus ou moins forte selon les régions de France», rappellent les évêques. Ils insistent également sur le fait que «la présence d’une crèche dans tous les bâtiments publics n’est pas une revendication de l’Église». Cependant, «sa présence dans divers lieux publics» est selon eux le «signe de l’attachement des Français à cette tradition».

 

Surtout, les évêques rappellent discrètement leurs réserves sur le débat lui-même, en soulignant que «les défis à affronter par notre société dépassent largement la question de la présence des crèches dans les bâtiments publics». «Il s’agit de permettre à tous, croyants et non-croyants, de pouvoir affirmer leurs convictions pour construire ensemble une société où chacun est respecté», estiment les évêques, critiquant en creux le caractère anecdotique de la polémique sur les crèches. «Rien ne peut nous faire oublier que la fête de Noël est une fête de la paix et que c’est ensemble qu’il faut en préserver le sens», concluent les évêques français.

 

Les évêques français n’ont pas tort de voir le caractère anecdotique de la question des crèches en montrant qu’il y a des problèmes bien plus urgent à régler que d’utiliser cela comme un motif électoral.

 

la-Croix nous montre aussi dans un communiqué intitulé «Se rassembler en citoyens fidèles pour le bien commun», le président de la conférence épiscopale des États-Unis (USCCB), Mgr Joseph Kurtz, archevêque de Louisville, a pris acte au nom des évêques américains de l’élection de Donald Trump à la présidence du pays. Adressant ses félicitations au nouveau locataire de la Maison-Blanche, Mgr Kurtz, qui achèvera la semaine prochaine son mandat à la tête de l’USCCB, estime qu’«il est désormais le moment de se tourner vers la responsabilité de gouverner en vue du bien commun de tous les citoyens».

 

L’archevêque de Louisville lance un appel à l’unité, adressé à tous les Américains : «ne nous voyons pas les uns les autres sous le jour de la division entre Démocrates et Républicains, ou tout autre parti, mais cherchons plutôt à voir le visage du Christ chez notre prochain, spécialement chez ceux qui souffrent et ceux avec lesquelles nous sommes en désaccord», exhorte-t-il.

 

Mais on voit venir l’USCCB puisqu’en tant que président de la conférence épiscopale, Mgr Kurtz assure que celle-ci «a hâte de travailler avec le président élu Trump à la protection de la vie humaine, de son commencement le plus fragile à sa fin naturelle». Une référence aux positions «pro-life» prises par le candidat républicain au cours de la campagne électorale, qui ont attiré nombre d’électeurs chrétiens.

 

Le président de l’USCCB assure également que les évêques «surveilleront l’engagement de la nouvelle administration en faveur de la liberté religieuse dans notre pays», prenant l’exemple de la liberté des «gens de foi» de «proclamer et de façonner leurs vies autour de la vérité de l’homme et de la femme, et de l’unique lien du mariage qu’ils peuvent former». Une référence à l’opposition de évêques au mariage de couple de même sexe.

 

Mais sur la question de l’accueil des migrants, sur laquelle le désaccord entre les évêques et Donald Trump est en revanche évident, Mgr Kurtz affiche sa constance. «Nous demeurons fermes dans notre conviction que nos frères et sœurs migrants ou réfugiés peuvent être accueillis humainement, sans sacrifier notre sécurité», affirme-t-il. Il promet également que l’Église catholique américaine «attirera l’attention sur les persécutions violentes qui menacent nos frères chrétiens et les personnes d’autres confessions partout dans le monde, tout spécialement au Moyen-Orient».

 

Cet appel à l’unité risque d’être difficilement entendu puisque la victoire de Donald Trump ne plaît pas à toute l'Amérique. Des milliers de personnes sont descendues dans la rue à Chicago, New York ou San Diego. Certains se disent terrorisés à l'idée de voir s'installer le milliardaire dans le bureau ovale de la Maison Blanche.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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