Marisol Touraine, l'Église et la question de l'avortement

Publié le 30 Novembre 2016

Libération.fr et francetvinfo.fr nous montrent ce mercredi 30 novembre 2016 que la question de l'avortement revient au centre de l'actualité, à la veille de l'examen d'une proposition de loi visant à pénaliser les sites anti-IVG soutenus par l'Église. La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, invitée ce mercredi de France 2, explique que cette manœuvre permettra d'éviter la «désinformation» sur le sujet : «Le délit d'entrave, c'est tromper volontairement, intentionnellement des femmes», a-t-elle insisté.

 

Ce sont "les juges et non le gouvernement qui vont décider s'il y a volonté intentionnelle de tromper, de prétendre qu'on propose une information objective alors qu'en réalité on veut les amener à renoncer", rappelle-t-elle. La ministre de la Santé remarque qu'on "assiste depuis quelques années, régulièrement, à des offensives contre l'interruption volontaire de grossesse. Il y a un climat culturel qui pèse et qui tend à culpabiliser les femmes qui s'interrogent sur l'interruption volontaire de grossesse."

 

La proposition de loi, soutenue par la ministre, vise à pénaliser les responsables de sites anti-IVG qui avancent masqués : sans afficher clairement leur opinion sur le sujet, ils multiplient les témoignages à la véracité douteuse, les articles alarmistes sur les conséquences d’une interruption volontaire de grossesse, dans le but de dissuader des femmes, en particulier les jeunes. D’où le tutoiement de rigueur et les chartes graphiques aux couleurs pop plébiscitées par ce type de sites.

 

Faire voter cette mesure ne s’annonce pas chose aisée : le gouvernement a tenté par le passé de l’introduire via un amendement au projet de loi Egalité et Citoyenneté en septembre. Mais le Sénat, où la droite est majoritaire, s’y était opposé. Le climat ne semble pas plus propice ces derniers jours : vendredi, en plein entre deux-tours de la primaire de droite, de vifs incidents ont éclaté lors de l’examen de ce texte en commission des affaires sociales. Noms d’oiseaux et suspensions de séance ont même fait dire à un député PS présent que «la campagne de la primaire a ravivé sur le sujet de l’IVG des relents de 1974». Voilà qui promet.

 

Le plus risible est que l’on découvre aussi que le film «Sausage Party» est la nouvelle cible de la droite traditionaliste comme nous l’apprend Libération.fr. Trash et provoc, le film Sausage Party a été classé R aux États-Unis (interdit aux mineurs de 17 ans non accompagnés d'un adulte), et il est réservé aux plus de 12 ans en France. De quoi outrer la «Manif pour tous», qui lance aujourd'hui une campagne sur Twitter contre l'État, forcément complice d'un tel étalage pervers. Ce qui donne l’effet contraire puisqu’elle offre au film une pub inespérée sur les réseaux sociaux. Dans un tweet, elle diffuse carrément une vidéo YouTube montrant la partouze finale évoquée plus tôt, tirée d’une copie piratée du film. Mélangeant un peu tout et n’importe quoi en cette veille de 1er décembre, LMPT lâche ce constat définitif : «un jour, on jette les Français dans partouze-porno en mode rigolo #SausageParty. Le lendemain, on fait de la prévention #Sida», comme si le gouvernement avait une quelconque responsabilité dans la sortie du film. 

 

Libération.fr nous montre que l'Assemblée nationale a voté hier soir, à l'initiative des socialistes et au grand dam de la droite, un texte proclamant la réhabilitation de toutes les victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. Dernière révolution du XIXe siècle et première tentative d'un gouvernement de la classe ouvrière, elle fut la réaction à la défaite française lors de la guerre franco-allemande de 1870. Des exécutions, notamment durant la Semaine sanglante, ont fait entre 10 000 et 20 000 morts, voire plus, selon les estimations. Et des milliers de condamnations à mort, à la déportation, aux travaux forcés ou à de la prison ont été prononcées postérieurement. Evoquant un «acte solennel» par «devoir d'histoire» autant que «de justice», le président PS de la commission des Affaires culturelles et élu parisien Patrick Bloche a plaidé que «le temps est désormais venu pour la République» de rendre ainsi justice à tous les communards, «victimes d'une répression impitoyable».

 

Enfin comme le signale BFMTV.com, le pape François a reçu ce mercredi 260 élus de la région Auvergne et Rhône-Alpes, lors d'une audience particulière à Rome. Il est revenu sur la nécessité de la France "d'approfondir les valeurs républicaines". Le chef de l'Église catholique les a appelés à "rechercher et développer le sens du bien commun et de l'intérêt général", après "les attentats et la violence aveugle qui ont si profondément meurtri votre pays".

 

Le pape a également insisté sur la "nécessité de retrouver le sens du politique, les valeurs républicaines de liberté, égalité, fraternité" ne devant pas être "brandies de façon incantatoires, mais approfondies et comprises en référence à leur vrai fondement". Il demande encore aux élus "d'écouter plus particulièrement toutes les personnes en situation de précarité, sans oublier les migrants qui ont fui leurs pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence". Un bon rappel pour les hommes politiques qui ont grandement oubliés tous ceux qu’on marginalise dans la société.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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