Melbourne ne publiera pas une enquête indépendante sur le protocole anti-abus de Pell

Publié le 28 Novembre 2016

Cameron Doody nous montre ce lundi 28 novembre 2016 dans periodistadigital.com que l’archidiocèse de Melbourne a enterré une enquête indépendante sur les victimes d’abus sexuels. Ce programme d’actualisation connu comme la Melbourne Response (la «Réponse de Melbourne») était blanche de toutes critiques depuis qu’il avait été mis en place en 1996 par l’archevêque de l’époque, l’actuel cardinal George Pell.

 

«Nous allons le savoir (sans publier l’enquête) parce que nous voulons connaître les nuisances envers les mineurs et les personnes qui ont souffert», a déclaré à Fairfax Media l’actuel archevêque de Melbourne, Denis Hart. Le prélat a réalisé cette déclaration depuis que l’archidiocèse a confirmé que la limite d’indemnisation offerte aux victimes a doublé, tout en promettant que la Réponse de Melbourne passerait entre les mains de la Commission australienne s’occupant des abus sexuels des prêtres sur mineurs.

 

En réalité cette Réponse de Melbourne est resté dans un placard de la curie archidiocésaine depuis 2015, sans que l’ex-juge Donnel Ryan qui l’avait faite en soit au courant. On peut comprendre le peu d’empressement de l’archidiocèse de Melbourne car une enquête de Fairfax a montré qu’il pourrait payer jusqu’à 62 millions de dollars australiens de compensation aux victimes. C’est la moyenne basse du programme de compensation extrajudiciaire.

 

Comme on peut le voir l’Église en Australie ne semble pas prendre la mesure des dégâts commis par les abus sexuels de prêtres sur mineurs et qu’il sera très dur de faire la sourde oreille.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 29/11/2016 11:30

Crois-tu sincèrement que l'Eglise prend la mesure de la gravité des crimes pédophiles perpétrés où que ce soit dans le monde? Elle a eu l'occasion depuis 1947 et la création des centres du Paraclet aux US et en Europe, de réaliser la gravité des crimes et tenter d'y porter remède.
Mais elle a toujours choisi de faire la sourde oreille, de mépriser tout ça, hélas.
On l'a vu aussi bien en Irlande, qu'en Suisse, qu'en France, qu'aux US.
L'Australie prend le même chemin et il faudra encore une immense mobilisation citoyenne mais aussi des victimes pour sortir de toute cette violence.
Je ne sais pas si la fin de la prescription pour viol en Californie incarne un peu d'espoir.
Ni ça pourrait s'appliquer prochainement également en Europe.
Je pense que tu as su que Laurence Rossignol voulait faire plancher Flavie Flament sur le sujet.
Mais bon, j'ai plus l'impression d'un hochet de fin de règne hollandiste, plutôt qu'un travail pouvant porter législativement quelque chose en ce sens.
Pour m'être mobilisée avec la Parole Libérée mais aussi différentes associations contre la prescription dans le cas de violences sexuelles, je vois hélas que ça n'a rien donné de concret.
Le Sénat bloque, sans doute par peur que des affaires enterrées ressurgissent...
Et puis comme le disait depuis longtemps la présidente de l'AIVI, il reste en France une certaine culture du viol, qui pose problème pour faire appliquer une législation spécifique pour l'inceste, qui pose souci dans l'approche pénale de toute affaire de viols, crimes sexuels (tout est correctionnalisé donc devient délit alors que c'est un crime qui ne devrait relever que des Assises).
A partir de là, non seulement il faut une mobilisation de l'ensemble des victimes de viols et sévices sexuels, mais aussi un engagement politique. Et c'est ce dernier qui est à la peine, chaque parti ayant une ou plusieurs vilaines histoires de viols qui traîne, et n'ayant pas envie de se faire pincer en faisant passer une loi anti prescription.
Je ne sais pas le temps que ça durera...sachant que nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer ces crimes publiquement et que la société semble peu à peu comprendre la gravité des faits, mais pour le moment, la situation reste bloquée.

Ce n'est pas propre à l'Australie mais généralisé, malheureusement

paroissiens-progressistes 01/12/2016 15:50

Françoise,

Je ne crois pas que l'Eglise se rende vraiment compte de la crise durable des prêtres pédophiles. Elle veut redorer son image, mais sans y mettre la manière et en voulant en finir rapidement pour que d'autres affaires ne soient plus visibles. Depuis le concile d'Elvire en 305 ou 306, on connait déjà des cas, et rien n'a été fait depuis. Tu te rends compte, cela fait des siècles que l'Eglise cache les cas de prêtres pédophiles. Il est grand temps qu'elle prenne ces affaires au sérieux au risque de tout perdre.

Merci !