Une actualité politique entre ouverture et fermeture

Publié le 23 Novembre 2016

Comme nous le montre Libération.fr ce mercredi 23 novembre 2016 la primaire de la droite s'est invitée ce matin à l'Assemblée nationale, en commission des affaires sociales. L'examen de la proposition de loi sur l'extension du délit d'entrave à l'IVG a été suspendu dès la prise de parole du premier orateur de groupe, Alain Ballay, député PS de Corrèze, qui a fait allusion sans le nommer à la remise en cause de ce droit par François Fillon, rapporte LCP. Selon Jean-Frédéric Poisson, candidat malheureux à la primaire de la droite, la séance a été interrompue «pour cause de vol de noms d'oiseaux» de la part de l'opposition. Ce qui n’est pas tout à fait vrai.

 

En réalité la salle de l'Assemblée Nationale a été évacuée par la présidente ce matin à cause des cris et des insultes de députés du parti Les Républicains. La raison : alors que la proposition de loi socialiste relative à l'extension du délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse était examinée, la présidente de la commission des affaires sociales Catherine Lemorton a fait allusion à François Fillon en expliquant que «le choix de recourir à l'IVG ne relève pas d'une expression d'une opinion personnelle», déclenchant l'ire de ses collègues de l'opposition. «Je n'ai jamais vu ça», raconte Marie-Arlette Carlotti, député socialiste des Bouches-du-Rhône sur France Bleu. «Ils hurlaient, ils étaient debout, vociféraient, je pense que le sujet est tabou. Je n'ai jamais vu une droite aussi farouchement vent debout. Je croyais que la pauvre Simone Veil avait déjà essuyé toutes les agressivités et toutes les insultes».

 

Comme on pouvait s’y attendre la destitution de François Hollande a été rejetée par le bureau de l'Assemblée. Sitôt déposée, déjà enterrée comme le montre Libération.fr. Réuni ce mercredi matin, le bureau de l'Assemblée nationale a décidé de rejeter la proposition de résolution du groupe Les Républicains qui souhaitait engager une procédure de destitution à l'encontre de François Hollande pour violation du secret défense. «À la majorité de ses membres, le Bureau a rejeté la proposition (8 d'avis de la déclarer recevable, 13 d'avis de la déclarer contraire)», annonce le président de l'Assemblée, Claude Bartolone. Cette proposition, déposée par le député de Paris Pierre Lellouche, visait à réunir le Parlement en Haute Cour pour juger le président de la République, coupable, selon l'opposition, d'avoir transmis des documents secret défense aux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Lundi, Libération révélait par ailleurs que le procureur de Paris, François Molins, saisi par le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, avait ouvert une enquête préliminaire pour «compromission de la défense nationale».

 

Si l’on en croit L’OBS le Parti socialiste adressera prochainement, selon les informations de FranceInfo, une lettre aux potentiels candidats PS aux législatives pour leur rappeler leur devoir de fidélité au vainqueur de la primaire de la gauche (22 et 29 janvier)... un scrutin auquel Emmanuel Macron ne compte pour l'heure pas participer. Toute investiture sous l'étiquette PS sera conditionnée à un engagement à faire campagne pour le même candidat à l'élection présidentielle. Ce qui pose forcément la question des députés macronistes (tel l'élu du Finistère Richard Ferrand), même si la question de la sanction ou de l'exclusion n'est pas encore posée. "On va leur rappeler ce que ça veut dire d'être investi par le PS : c'est s'engager à soutenir le candidat du PS issu de la primaire", annonce à FranceInfo un dirigeant du parti. D'autres, comme le député des Français de l'étranger Arnaud Leroy, ex-soutien d'Arnaud Montebourg et qui roule désormais pour Emmanuel Macron, ont décidé de ne pas demander l'investiture socialiste par refus de "marchandage", et de concourir sous les couleurs du mouvement "En Marche !" aux législatives, précise encore FranceInfo.

 

L’OBS nous montre que François Ruffin envisage de se lancer en politique. Comme repéré par "Les Inrocks" mardi, le dernier numéro du magazine "Fakir" porte en une ce bandeau : "Notre réd'chef candidat ? Pourquoi pas". Sur 3 pages, François Ruffin confirme : il envisage une candidature aux élections législatives de juin prochain à Amiens, fief de "Fakir", afin de répondre à la "progression du vote FN dans sa région". Réalisateur du documentaire satirique à succès "Merci Patron", inspirateur du mouvement Nuit debout qui a fleuri sur les places publiques françaises au printemps, le journaliste, qui dénonce la trahison du Parti socialiste, écrit ainsi : “Depuis l’été, des syndicalistes, des cocos, des copains, des écolos, des insoumis, des citoyens, quelques élus même m’ont sondé : 'Si on te soutient, est-ce que tu serais candidat aux législatives ?' Pourquoi pas, j’ai répondu. Pourquoi pas, à condition (et quelle condition !) que la gauche s’unisse". Dans la circonscription visée, de tradition communiste, le FN est arrivé en tête aux dernières élections régionales, avec 35% des voix. "Dans cette bataille qui débute peut-être, je vais vous dire qui sera mon adversaire, mon véritable adversaire : l’indifférence, ce poison qui a rongé nos âmes", explique François Ruffin. "En cas d’élection, je ferai ce que je fais déjà mais avec un mandat. Interpeller. Leur botter le cul. Avec des commissions d’enquête." Le rédacteur en chef fait également état des conseils du sociologue Emmanuel Todd, qui l'aurait convaincu de s'engager dans cette campagne. Reste à savoir si la gauche locale fera l'unité derrière lui...

 

Plus inquiétant comme le montre Libération.fr est l’homophobie qui se dégage d’une simple campagne de prévention contre le VIH, ce qui amène «l'Union» a publier les commentaires homophobes de ses lecteurs. «C'est des détraqués mentaux», «il faut arrêter de provoquer avec ces photos», «elles sont très bien ces pubs, elles montrent bien que le sida est un truc de pédés»... Le quotidien local L'Union, dans son édition de Chalons-en-Champagne datée de ce mercredi, a décidé de reproduire sur une page entière des commentaires homophobes de lecteurs, rapporte par franceinfo. Des commentaires publiés en réponse à un article sur les dégradations commises sur les affiches de prévention contre le sida, mettant en scène des couples d'hommes, et retirées dans plusieurs villes de France. Les noms ou pseudos, ainsi que la photo de profil des internautes sont également reproduits dans le journal papier.

 

Comme on pouvait s’y attendre François Fillon a montré son profil conservateur à propos de cette campagne d’affiche. «Je comprends que des maires et des familles puissent être choqués.» Invité mercredi sur Europe 1, le candidat à la primaire de la droite François Fillon a fait part de ses doutes concernant la campagne d’affichages de prévention contre le Sida. Un avis partagé par de nombreux élus de droite et du centre. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, semble agacé de certains baisers : «Le fait qu’on soit obligé de montrer (des homosexuels) s’embrasser, franchement, on aurait pu prendre des postures différentes». Il ne semble pas non plus apprécier les slogans.

 

Enfin comme le signale Libération.fr, à l'heure où l'ingénieur Pierre-Alain Mannoni est jugé à Nice pour avoir secouru trois femmes étrangères dans la vallée de la Roya, un collectif d'universitaires s'adresse au gouvernement pour dénoncer la situation dramatique des réfugiés et s'insurger contre la manière dont sont traités ceux qui leur viennent en aide.

 

Comme on pouvait s’y attendre une majorité de Français se dit opposée aux programmes des finalistes de la primaire de la droite, François Fillon et Alain Juppé, qui sont au contraire plébiscités par les proches de la droite et du centre, selon un sondage Elabe publié ce mercredi. La gauche a un terrain à s’ouvrir si elle en est capable.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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