Dans un journal belge, le pape défend la laïcité et pourfend le laïcisme

Publié le 7 Décembre 2016

Nicolas Senèze nous montre qu’interrogé par le magazine néerlandophone Tertio sur le débat visant à supprimer les cours de religion en Belgique, le pape François met en garde contre un laïcisme qui «ferme la porte à la transcendance».

 

Revenant sur plusieurs grands thèmes évoqués depuis le début de son pontificat, le pape François a, dans un entretien au magazine belge néerlandophone Tertio paru mercredi 7 décembre, réitéré ses propos concernant une «saine laïcité» qui ne doit pas être confondu avec le «laïcisme».

 

Alors que la Belgique débat actuellement de la suppression ou non des cours de religion et que certains voudraient réduire l’expression religieuse à la vie privée, le pape François a estimé qu’il s’agissait là d’«une posture antique». «C’est l’héritage que nous ont laissé les Lumières –, n’est-ce pas ? – où tout phénomène religieux est une sous-culture», a relevé le pape avant de faire référence à l’entretien qu’il avait donné à La Croix en mai dernier.

 

C’est réducteur de voir les Lumières ainsi car leur but était de lutter contre les superstitions attachées à la pratique religieuse et l'intolérance religieuse. Voltaire pensait que la religion participe à la concorde d'un État, c'est à dire à la bonne entente entre les hommes, et Rousseau la jugeait essentielle.

 

«C’est la différence entre le laïcisme et la laïcité, dont j’ai parlé aux Français», explique le pape, rappelant qu’«en général un État laïc est une bonne chose, il est meilleur qu’un État confessionnel, parce que les États confessionnels finissent mal.» «Une chose est la laïcité, une autre est le laïcisme», explique alors le pape pour qui «le laïcisme ferme la porte à la transcendance», «à la transcendance vers les autres et par-dessus tout à la transcendance vers Dieu.»

 

Or, ajoute-t-il, précisant ne pas «parler de religion» mais de «transcendance», cette dernière «fait partie de l’essence humaine, elle fait partie de l’homme». «Ainsi, une culture, un système politique qui ne respecte pas l’ouverture à la transcendance de la personne humaine ‘’élague”, attache, la personne humaine, ne respecte pas la personne humaine», conclut le pape pour qui «renvoyer à la sacristie un quelconque acte de transcendance est une ‘’asepsie” qui n’a que faire de la nature humaine, qui ôte à la nature humaine une bonne part de la vie».

 

Dans son entretien à Tertio, le pape François précise également qu’il ne se rendra pas en Belgique en 2018 pour commémorer de la fin de la Grande Guerre en 2018. Il rappelle à cette occasion s’être rendu dans le pays tous les ans et demi entre 1973 et 1979, avec l’association des amis de l’Université catholique de Cordoba dont il était le grand chancelier en tant que provincial d’Argentine des jésuites. «J’ai donc commencé à apprécier la Belgique», explique le pape pour qui  la plus belle ville de Belgique, ce n’est pas Gand ou Anvers, c’est Bruges».

 

La laïcité repose sur trois principes : la liberté de conscience et la liberté de culte, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions. Mais dans le cas du remplacement des cours de religion et de morale pour suivre deux heures d'éducation à la philosophie et à la citoyenneté à la demande des élèves, il n’y aucune atteinte à la religion, car il y a eu quand même 8% d’élèves de primaire qui ont voulu se passer des cours de religion et de morale. La laïcité met en avant la neutralité et n’impose pas de choix aux élèves ni aux parents.

 

Dans le cadre de l’éducation publique, le gouvernement a choisi de mettre en avant le choix entre les cours de religion et de morale et d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté. Donc, le pape n’a pas à s’inquiéter et il ne peut pas obliger tous les élèves à prendre des cours de religion et de morale.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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