Décès du cardinal Arns, figure majeure de l'Église brésilienne

Publié le 16 Décembre 2016

Radio Vatican nous fait part du décès du cardinal Evaristo Arns, surnommé le «cardinal du peuple» et l'une des voix les plus actives contre la dictature militaire au Brésil. Il était, avec le pape émérite Benoît XVI, l’un des deux derniers survivants parmi les cardinaux créés par Paul VI durant son pontificat : le cardinal brésilien Paolo Evaristo Arns, archevêque émérite de São Paulo, est décédé dans la soirée du 14 décembre dans un hôpital de cette ville où il était soigné depuis le 28 novembre pour des complications pulmonaires.

Dans un communiqué d’hommage, l’actuel archevêque de Sao Paulo, Odilo Pedro Scherer, a rendu hommage à son prédécesseur, rappelant son exceptionnelle longévité au service de l’Église : 95 ans de vie, 76 ans de consécration religieuse, 71 ans de sacerdoce, 50 ans d’épiscopat et 43 ans de cardinalat. Le cardinal Scherer a aussi évoqué «son engagement courageux dans la défense de la dignité humaine et les droits inaliénables de chaque personne» et «son attention spéciale aux petits, pauvres et affligés». Ce qui est plutôt drôle venant d’un opposant des plus conservateur à la théologie de la libération soutenue par le cardinal Arns.

 

Religieux franciscain, formé entre autres à la Sorbonne où il obtint un doctorat en lettres classiques, Paolo Evaristo Arns fut ordonné évêque auxiliaire de Sao Paulo en 1966, puis devint archevêque de cette immense métropole en 1970 à 1998. Son épiscopat fut marqué par un soutien actif aux communautés ecclésiales de base et une opposition au régime militaire, qui lui reprochait sa proximité avec la théologie de la libération.

 

Nommé cardinal par Paul VI en 1973, il avait été considéré comme l’un des principaux "papabile" lors des deux conclaves de 1978, ayant mené aux élections de Jean-Paul Ier et de Jean-Paul II, devenant alors le plus célèbre des cardinaux latino-américains. Bien qu’ayant dépassé l’âge limite des 80 ans pour participer au conclave proprement dit, il s’était déplacé à Rome pour participer aux congrégations générales de 2005 et 2013, avant les élections de Benoît XVI et de François. Malgré le poids de ses 93 ans, il était revenu à Rome en octobre 2014 pour assister la béatification de Paul VI, qui l'avait fait cardinal plus de 40 ans plus tôt.

 

Sa sœur, Zilda Arns, était elle aussi une figure de l’Église brésilienne, très engagée dans la protection des enfants, à travers l’association œcuménique "Pastorale des enfants". Encore très active à plus de 75 ans, elle est décédée tragiquement lors du séisme de 2010 à Port-au-Prince, lors d’une mission humanitaire à Port-au-Prince. Cette pédiatre, très populaire et reconnue dans son pays, fait actuellement l'objet d'une enquête de l'épiscopat brésilien en vue d'une éventuelle béatification.

 

Le pape François, dans un télégramme adressé au cardinal Scherer, a exprimé sa tristesse après la disparition de «cet intrépide pasteur qui dans son ministère ecclésial s'est révélé un authentique témoin de l'Évangile», notamment dans l'attention aux plus défavorisés. Le pape adresse donc ses condoléances aux catholiques du diocèse de Sao Paulo, et à toute l'Église du Brésil, qui a perdu «un sûr point de référence».

 

Comme le souligne NCRonline.org au cours de sa dernière conférence de presse comme archevêque de São Paulo, le cardinal Arns a fait savoir que l'Église doit se rendre plus visible, parfois même en prenant des positions politiques pour aider ceux qui sont dans le besoin. Un exemple à suivre, car l’Église s’est trop longtemps servie de la morale pour ne pas jouer son rôle prophétique auprès des pauvres. Heureusement que la venue de l’impopulaire et corrompu président Temer a été annulée, elle aurait sali la mémoire de cet homme humble et serviteur des pauvres.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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