Élections présidentielles en Autriche : la victoire du bon sens

Publié le 4 Décembre 2016

Élections présidentielles en Autriche : la victoire du bon sens

Franceinfo.fr, LeMonde.fr et Libération.fr nous montrent aujourd’hui que les Autrichiens se rendent aux urnes ce dimanche 4 décembre 2016 pour le "troisième tour" de la présidentielle. Et pour la première fois, un candidat d'extrême droite pourrait accéder à la présidence d'un État de l'Union européenne. Selon la Constitution autrichienne, dont se serait inspiré celle de la Ve République du général de Gaulle, le président en Autriche joue traditionnellement un rôle protocolaire mais il dispose de certains pouvoirs, comme celui de nommer le chancelier et de révoquer le gouvernement, et il est le chef des armées. Et surtout il peut dissoudre le Parlement et provoquer ainsi des législatives anticipées qui pourraient alors bénéficier au Parti de la liberté (FPÖ).

Selon les derniers sondages, le duel s'annonce très serré entre le candidat d'extrême droite du Parti de la liberté (FPÖ), Norbert Hofer, 45 ans, et son rival écologiste, Alexander Van der Bellen, 72 ans. Une des inconnues du scrutin porte sur le taux de participation, après une campagne à rallonge qui a soumis les candidats à près de onze mois d'exposition et de joutes médiatiques devenues acrimonieuses.

Quelque 6,4 millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Le ministère de l'Intérieur a toutefois indiqué que les résultats ne seraient pas proclamés avant lundi, jour où sera compté le vote par correspondance. Mais hier, certains ont manifesté avec véhémence leur opposition à Norbert Hofer, le candidat de l'extrême droite, dans les rues de Vienne, la capitale.

Le populiste Hofer est battu à la présidentielle autrichienne selon les premières projections de l’ORF. Il faut rester prudent, mais les premières estimations de la télévision publique autrichienne donnent une nette avance à l'écologiste libéral Alexander Van der Bellen. Ce dernier est crédité de 53,6% des voix contre 46,4% au candidat du parti d'extrême droite (FPÖ) Nobert Hofer.

On parlait d'un effet Brexit, d'un effet Trump. Ça n'a pas aidé le candidat populiste. Notons aussi que la participation semble en hausse de plus d'un point par rapport au précédent scrutin à 73,8%. Le FPÖ de Nobert Hofer reconnaît sa défaite face à l'écologiste Van der Bellen dans la présidentielle autrichienne. Sur Twitter, Norbert Hofer reconnaît sa défaite et félicite Alexander Van der Bellen pour sa victoire à l'élection présidentielle. Le chef du parti d'extrême droite autrichien FPÖ exclut de contester en justice la victoire de l'écologiste Alexander Van der Bellen à la présidentielle, comme il l'avait fait au printemps. Il affirme que le scrutin s'était déroulé "régulièrement".

 

Selon de nouvelles estimations données sur le site du quotidien de centre-gauche Der Standard, Van der Bellen a remporté l'élection avec 53,3 % des suffrages (53,6 % lors de l'annonce des résultats précédente) contre 46,7 % pour Hofer. Dans la capitale, Vienne, le candidat écologiste bénéficie même de 65 % des voix.

 

L’écologiste libéral Alexander Van der Bellen s’est réjoui de la victoire d’une «Autriche pro-européenne». «Depuis le début, je me suis battu et j’ai plaidé pour une Autriche pro-européenne», a déclaré à la télévision publique l’ancien patron des Verts autrichiens, âgé de 72 ans, qui veut aussi défendre les «valeurs d’égalité, de liberté, de solidarité».

 

La victoire d’Alexander Van der Bellen ne s’explique pas nécessairement par la victoire d'un candidat écologiste. Il s'est lui-même présenté en tant qu'indépendant, certes avec le soutien du parti vert, mais en faisant très attention de ne pas s'aliéner le vote des électeurs que son profil aurait pu effaroucher. Pour nombre de conservateurs, la perspective de voter pour une figure du parti vert autrichien n'allait en effet pas de soi, en particulier dans les campagnes. M. Van Der Bellen doit, de fait, son élection à la mobilisation d'un électorat qui dépasse largement le seul électorat des Verts. Sa défaite aurait en revanche permis à l'extrême droite de placer un des siens à la présidence de la République.

 

Il y eu aussi les suites du "Brexit" dans la mesure où les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne restent encore très confuses. Les négociations n'ont toujours pas été lancées et la perspective d'un "Öxit" du même ordre a pu faire réfléchir une partie de l'électorat. L'opinion publique autrichienne sait bien, en dépit d'un fort courant eurosceptique, que le pays a pu bénéficier de son adhésion à l'Union européenne en 1995, puis du vaste élargissement à ses voisins d'Europe centrale en 2004. Ces événements lui ont permis de retrouver sa place dans les échanges entre l'Est et l'Ouest du continent.

 

M. Hofer cultivait, comme une bonne partie de ses homologues européens d'extrême droite, une certaine proximité avec M. Trump, dont l'élection est cependant perçue comme inquiétante par une partie de l'électorat autrichien. Il y a peut-être eu, dans une partie de l'électorat, un sursaut afin de protéger la réputation internationale de l'Autriche, tout en jouant la carte d'une certaine stabilité.

 

Un grand bravo à l’Autriche qui nous montre la voie, et nous apprend aussi comment éviter le pire en ne continuant pas les mêmes politiques qui mènent vers les votes extrêmes.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0
Commenter cet article