L’Église face aux oppositions et aux clivage de la société

Publié le 11 Décembre 2016

Joshua J. McElwee nous montre dans son article sur NCRonline.org du vendredi 9 décembre 2016 qu’un groupe de 23 universitaires a publié une déclaration de soutien pour les quatre cardinaux contestant ouvertement la pape François à propos de son exhortation apostolique sur la famille, affirmant que l'Église catholique mondiale «dérivait dangereusement comme un navire sans gouvernail.»

 

Les universitaires, qui ont écrit à propos d’Amoris Laetitia, font appel à d'autres évêques catholiques pour qu’ils rejoignent les cardinaux, qui ont émis une lettre ouverte au pape avec cinq questions où il doit répondre oui ou non pour comprendre la façon dont il voit l’enseignement de l'Église. Parmi les signataires de la lettre, postée en anglais sur le blog personnel du chef de la Société de la Messe en Latin au Royaume-Uni, se trouvent neuf prêtres, professeur à l'Université catholique pontificale de Porto Rico, et membre de l'Académie pontificale pour La vie.

 

Dans L’OBS Andrea Riccardi dans ses propos recueillis ce dimanche 11 décembre par Marie Lemonnier a livré une excellente réponse à cette opposition stérile : Certains ont même parlé d'un premier acte d'impeachment contre François. Cette opposition est une énorme erreur pour le catholicisme, car ce pape, arrivé comme une divine surprise dans une Eglise en crise, lui offre une chance de survivre et de mener sa mission. Je ne vois pas du tout un Luther en lui.

 

Bergoglio n'a aucunement changé la doctrine catholique ni la morale, il a simplement changé la perspective. C'est un pape traditionnel et surtout un vrai catholique, au sens profond et universel du terme. Il est à mon sens bien moins négligent des principes chrétiens que les rigoristes qui se tiennent en dehors du monde en le condamnant. François n'a pas un esprit de conquête hégémonique, mais il veut être dans la mêlée. C'est un homme qui a une vision. Ne pas saisir la chance qu'il représente reviendrait à rater un train de l'histoire.»

 

Andrea Riccardi met aussi en avant le risque du national catholicisme : «Ses opposants dans l'Eglise disent qu'il est «le pape des non-croyants». C'est un peu vrai. Mais il a le peuple avec lui, les audiences générales à Rome sont plus fréquentées qu'autrefois. Il fait son métier d'évangélisateur et il est devenu un prophète: il sort, il parle de sa foi, et aborde des problèmes actuels dans un dialogue personnel avec le monde. C'est ça, la révolution bergoglienne. François n'est pas seulement le pape des non-croyants, il est le pape des croyants qui vivent dans le monde, et non des purs et durs enfermés dans une psychologie de minorité paresseuse.»

 

Car, aujourd'hui, quel est le risque ? C'est celui du national-catholicisme. Regardez par exemple la Hongrie, où le christianisme devient le cœur de l'identité nationale… Dans cette période trumpiste, je suis plus pro-François que jamais.»

 

Il pousse un peu plus loin son propos : «Les gens sont seuls; certains expriment leur révolte dans le vote populiste ou dans le fondamentalisme. Le danger est là. Il faut par conséquent retisser le tissu humain de la banlieue au lieu de se replier dans sa bulle et de verser dans un nationalisme de réaction à la mondialisation. La vraie défaite de l'Église, à cet égard, a été de renoncer à lutter face à la prétendue sécularisation et de se mettre à se comporter comme une minorité identitaire.

 

Or perdre le lien avec les pauvres, c'est pour l'Eglise perdre une partie de soi-même. Tous les papes ont parlé des pauvres, bien sûr, mais François en parle d'une manière évangélique simple et définitive.»

 

Mais rien n’est perdu comme le montre Público.es le samedi 10 décembre puisque 70 maires invités par le Vatican lors d'une réunion organisée par l'Académie pontificale des sciences sociales sous la rubrique nommée «Europe : Les réfugiés sont nos frères», ont réfléchi sur la façon de résoudre la crise des migrants sur le continent. Ils ont aussi exigé de mettre un terme à l'attitude passive du gouvernement espagnol en ce qui concerne l'accueil des réfugiés et le traitement qu'ils dispensent aux migrants.

 

ara.cat nous montre qu’un document a été préparé sur lequel les maires demandent à ce que les autorités soient plus proches des citoyens, leur fournissent des compétences pour répondre, accueillir et réglementer tous les types de migrants ou de réfugiés. Ils souhait aussi que les villes qui accueillent des réfugiés puissent leur accorder des permis de travail temporaires afin qu'ils puissent s’y joindre en tant que citoyens à part entière. Une autre proposition revendique la possibilité que les villes fassent partie du réseau des villes de solidarité, promu par Barcelone, Athènes, Amsterdam et Berlin, qui peuvent redistribuer les réfugiés. Le Vatican soutient ce réseau de ville pour l’aide au déplacement des réfugiés. Comme quoi la «Trumpisation» de la société n’a pas touché tout le monde.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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