Le cardinal Müller utilise la controverse des «cardinaux rebelles» pour tenter de confronter Benoît XVI au pape François

Publié le 2 Décembre 2016

Cameron Doody dans son article du vendredi 2 décembre sur periodistadigital.com nous montre que selon le cardinal Gerhard Müller l’indissolubilité du mariage devrait être «le fondement inébranlable de l'enseignement dans tous les soins pastoraux». Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, répond à la dubia  des cardinaux ultras, et essaye en fait de confronter avec Benoît XVI avec le pape François.

 

Dans une interview publiée jeudi 1er décembre à Kathpress, le cardinal Müller dit que la Congrégation «agit et parle» seulement avec l'autorité du pape, et ne peut donc pas prendre part «dans une divergence d'opinions». Bien que ce pourrait être le cas à l'avenir puisque le pape a confié à la Congrégation la mission de résoudre le scandale provoqué par les quatre cardinaux rebelles - Burke, Caffarra, Meisner et Brandmüller«au moment, où il est important que nous restons concentrés sur l'objectif et que nous ne sommes pas emportés par la polémique et encore moins la créer.»

 

Toutefois, c’est ce que fait exactement Müller lors de la tentative de faire face au pape François avec Benoît XVI dans la question de savoir si les catholiques divorcés remariés civilement peuvent recevoir la communion. Le cardinal allemand fait valoir que bien que le pape François demander de l'aide à toutes les familles pour vivre «selon la volonté gracieuse de Dieu», ses mots dans Amoris laetitia ne peuvent pas être lus comme les précédentes déclarations des papes et même de la CDF sur la même question.

 

Pour étayer cette affirmation, Müller fait référence à une instruction de 1994 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur la proposition de trois des évêques du sud de l'Allemagne pour les personnes dans une situation de remariage afin d’examiner leur cas avec un prêtre confesseur pour aider à discerner si elles pouvaient revenir à l'Eucharistie. Le document de la CDF, signé par son préfet, le cardinal Ratzinger rejette cette possibilité et stipule notamment que «les fidèles qui vivent habituellement more uxorio (en concubinage) avec une personne qui n'est pas la femme légitime ou le mari légitime, ne peuvent pas recevoir la sainte communion».

 

Le cardinal Müller termine son entretien avec Kathpress en mettant en garde contre les dangers d'une «polarisation» dans l’Église. Bien qu'il n'y ait pas encore de «lutte pour le pouvoir dans les coulisses» sous les murs du Vatican, «entre les réformateurs et ceux qui veulent tout freiner», des rumeurs ont émergé à propos de la controverse des quatre cardinaux rebelles qui sont un «échantillon» de la pensée et de la perception des catégories de pouvoir qui sont corrompus. En matière de doctrine de l'Église, il fait valoir, que c’est «la victoire de la vérité et non pas le triomphe du pouvoir».

 

Le cardinal Gerhard Müller fait ici profil bas et se mettra sans doute du côté du pape François afin de garder son prestigieux poste de préfet de la CDF face aux cardinaux rebelles. Mais il doit faire attention au jeu de chaise musicale au Vatican qui touche tous ceux qui sont contre les réformes du pape. Opposer le pape François au pape Benoît XVI est tout sauf judicieux, car le pape émérite a déjà dit dans son livre Par la foi. Doctrine de la justification et expérience de Dieu dans la prédication de l’Église qu’il apporte son soutien à la «ligne» de miséricorde portée par le pape François depuis le début de son pontificat.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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