Leonardo Boff pense que le pape va réformer le célibat des prêtres

Publié le 28 Décembre 2016

Raphaël Zbinden dans son article pour cath.ch du mardi 27 décembre 2016 nous montre que le théologien de la libération brésilien Leonardo Boff s’attend à ce que les ex-prêtres mariés soient réintégrés dans la pastorale. “Les évêques brésiliens l’ont formellement demandé au pape”, a affirmé l’ancien Père franciscain au quotidien allemand Kölner Stadt-Anzeiger.

 

Leonardo Boff assure, d’après des informations provenant de l’entourage du pape François, que ce dernier aurait la volonté de répondre positivement à cette demande, du moins pour une phase expérimentale au Brésil. La mesure serait destinée à palier à la pénurie de prêtres au niveau mondial. “En même temps, il s’agirait d’une impulsion pour que l’Église catholique supprime le fardeau du célibat obligatoire”, lance le théologien dans l’interview publiée le 25 décembre 2016. Il souligne le problème que représente le manque de prêtres, notamment au Brésil. Il remarque qu’il “n’est pas étonnant que les fidèles se rendent en masse chez les évangéliques et les pentecôtistes pour combler ce vide d’accompagnement (spirituel)”.

 

L’ancien Père franciscain avoue avoir, après son abandon de la prêtrise en 1992, continué à exercer des fonctions sacerdotales. Ceci avec le consentement explicite d’évêques de son pays. “Jusqu’à maintenant, aucun évêque que je connais, ne l’a jamais interdit ou même fait d’objection”, assure-t-il. Selon Leonardo Boff, les prélats s’en réjouissaient même et lui disaient : “le peuple a le droit de recevoir l’Eucharistie. Continue tranquillement à le faire !”

 

Pour Leonardo Boff, la théologie de la libération, condamnée par les papes Jean Paul II et Benoît XVI pour sa trop grande proximité avec le marxisme, a été pleinement réhabilité par le pape argentin. “François est des nôtres. Il a fait de la théologie de la libération un bien commun de l’Église et a élargi sa portée”, affirme Leonardo Boff en référence à la préoccupation du pape pour la sauvegarde de la création. Selon le théologien, le pontife a demandé, dans le cadre de la rédaction de son encyclique Laudato Si’, qu’il lui fasse parvenir ses écrits. Le pape lui aurait suggéré de ne pas passer par l’administration vaticane, qui aurait bloqué ces livres “interdits”, mais par l’ambassadeur argentin auprès du Saint-Siège, un proche du pontife.

 

Le penseur brésilien relève également les gestes de réconciliation avec certains théologiens de la libération qui ont été reçus au Vatican par le pape François. Il indique avoir été lui-même invité à Rome. Il précise cependant que le pape n’avait au dernier moment pas eu le temps de le rencontrer, à cause d’une urgence au Synode des évêques.

 

Dans l’interview au Kölner Stadt-Anzeiger, Leonardo Boff défend en outre le pape contre “les vents contraires” venant de ses propres rangs. Le théologien désigne ainsi nommément dans le rôle de contradicteur le cardinal américain Raymond Leo Burke, qu’il qualifie de “Donald Trump de l’Église catholique”. L’ancien prêtre critique vertement les velléités du patron de l’Ordre de Malte de “corriger” le pape sur certaines de ses positions doctrinales. Il estime cette attitude “sans précédent” dans l’histoire de l’Église et ose parler “d’affront” envers le pontife. “Le pape ne peut pas être condamné, c’est une règle de l’Église”, souligne Leonardo Boff.

 

Il relève que la priorité du pape François n’est pas l’Église en elle-même et encore moins ses affaires internes, mais la survie de l’humanité et l’avenir de la terre. “Les deux sont en danger, et il faut se demander si le christianisme peut apporter sa contribution pour surmonter cette grande crise qui menace les fondements de l’humanité”.

 

Leonardo Boff nous annonce de bonnes nouvelles en perspectives : la réintégration des ex-prêtres mariés dans la pastorale pour palier la pénurie de prêtres d’abord au Brésil, une mesure qui pourrait s’étendre ailleurs, et un retour en grâce de la théologie de la libération. Mais le théologien de la libération n’est pas naïf et voit bien que les adversaires du pape François sont nombreux et qu’ils ne sont pas sa priorité puisque c’est l’humanité et l’avenir de la terre. Mais le cardinal Burke devra bientôt recevoir une réponse du pape qu’il n’appréciera pas.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise, #Sacerdoce

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gaetan ribault 28/12/2016 17:55

Petite remarque : Croyez vous que "deux paroissiens hémois" soit intelligible pour quelqu'un habitant Nice ou Marseille ? Dites deux paroissiens de la Banlieue de Roubaix cela sera plus compréhensible

Merci

paroissiens-progressistes 29/12/2016 13:09

gaëtan,

Je suis de Hem et je n'en ai pas honte. Pourquoi devrai-je dire que je suis autre chose ? Ce serait de l'hypocrisie et ce n'est pas notre fort.

magali 28/12/2016 20:48

Petite remarque Gaetan: Je suis niçoise et hémois est intelligible pour moi et d'autres!!!!!
Merci à nos deux paroissiens hémois et bonnes fêtes de fin d'années à eux et à tous!!!

Guillaume 28/12/2016 16:44

Donc, si un pape, n'importe lequel est dans l'erreur, il ne devra jamais être repris, simplement parce qu’il est pape, comme Paul l'a fait envers Pierre dans Galates 2, versets 11 à 15 ?

paroissiens-progressistes 28/12/2016 17:30

Guillaume,

Donc Jean-Paul II en parlant du discernement pour décider si les divorcés remariés peuvent communier était aussi dans l'erreur ? C'est ce que vous semblez avancer. Il a utilisé un autre pape pour trouver une solution, un fait un synode pour demander son avis aux évêques et il semble que Benoît XVI le soutienne. Tout a été fait pour ne pas avoir de problèmes, ces quatre cardinaux n'ont pas encore compris que l'eucharistie n'est pas une récompense aux plus méritants. On ne peut priver personne du salut.

Vous utilisez les versets de Galates 2, 11-15 sans dire pourquoi Pierre s'est détourné de Paul. Paul avait caché à Pierre qu'il mangeait avec les païens des bêtes sacrifiées au idoles, et c'est les envoyés de Jacques qui lui ont appris. Une telle tromperie n'allait pas le rendre très en odeur de sainteté. D'ailleurs le concile de Jérusalem n'est que la confirmation de cela, Jacques donne raison à Pierre qui peut ensuite revenir chez certaines communautés crées par Paul, à son plus grand déplaisir.

Merci !