Lutte contre la pédophilie : l’Église prend des initiatives

Publié le 7 Décembre 2016

Clémence Houdaille dans son article du mardi 6 octobre 2016 pour la-Croix.com nous montre que la première rencontre nationale des référents des diocèses pour les questions de pédophilie a eu lieu mardi 6 décembre à la Conférence des évêques de France (CEF) à Paris.

 

Mgr Luc Crépy, évêque du Puy-en-Velay et président de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie, nous apprend que cette rencontre a réuni, outre la cellule permanente de lutte contre la pédophilie de la CEF, 80 personnes, parmi lesquelles des vicaires généraux et épiscopaux, mais aussi de nombreux laïcs, médecins, magistrats… appelés par leurs évêques pour faire partie de cellules d’écoutes diocésaines, ainsi que plusieurs victimes d’actes pédophiles.

 

Le matin, il y a eu plusieurs interventions donnant des approches différentes sur cette question de la pédophilie. La psychanalyste et criminologue Geneviève de Taisne a expliqué ce qui se vivait au niveau des victimes de tels actes, sur ce qui se jouait chez un enfant abusé. Puis, lors d’une autre intervention, elle a abordé la question des auteurs de ces actes. Mgr Jacques Blacquart, évêque d’Orléans, a raconté, sur le plan pastoral, son expérience d’évêque, insistant sur l’importance de faire la vérité à ce sujet. Enfin, Mgr Joseph de Metz-Noblat a dressé un parallèle entre les processus juridiques de la société civile et ceux de la justice canonique, pour permettre la sécurité des personnes. L’après-midi, plusieurs ateliers ont permis d’échanger sur ces sujets.

 

Après cette première journée de formation, Mgr Luc Crépy signale qu’il reste encore beaucoup à faire. La prochaine rencontre est prévue au mois de mai et portera sur la formation des prêtres. Des formateurs de séminaire y participeront. Il y a également besoin d’un travail de prévention et d’information dans tous les lieux où l’Église s’occupe de jeunes et d’enfants. Et il faut évidemment poursuivre le travail d’écoute des victimes. Pour cela, la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie a lancé un travail avec les associations de victimes.

 

Il reste beaucoup à faire et espérons que l’Église en France apprenne de ses erreurs pour que de tels actes ne se reproduise plus. Les victimes peuvent pousser dans le bons sens ces initiatives. Espérons qu’on les écoutent.

 

Ensuite Nicolas Senèze (à Rome) nous apprend le mardi 6 décembre dans la-Croix.com que la Commission pontificale pour la protection des mineurs lance son site Internet. Ce site vise à développer dans l’Église une «culture de sécurité des mineurs».

 

La Commission pontificale pour la protection des mineurs a annoncé mardi 6 décembre le lancement de son site Internet www.protectionofminors.va. Ce site a vocation à diffuser «une culture de sécurité des mineurs avec les Églises locales comme les programmes d’éducation promus à travers le monde par la commission», explique cette dernière.

 

Pour l’instant seulement en anglais, le site, «en version bêta et toujours en développement», précise la commission, sera disponible «dans un futur proche» en espagnol, italien, portugais et français. La création ce site avait été décidée lors de la dernière Assemblée plénière de la commission, en septembre dernier qui avait aussi institué une journée de prière pour les victimes d’abus sexuels.

 

«Notre présence dans le monde numérique est considérée comme essentielle pour promouvoir les efforts de la commission de collaboration avec les Églises locales et diffuser l’importance de la protection des mineurs et des adultes vulnérables», avait alors estimé la commission créée en mars 2014 par le pape François. Espérons que ce ne soit pas seulement une opération cosmétique mais bien une mise en avant pour protéger les mineurs de pervers.

 

Enfin letemps.ch nous montre qu’en Suisse une cérémonie de prière était organisée le lundi 5 décembre à Sion pour les victimes d'abus sexuels. Avant d’informer la presse, la CES a invité à faire acte de pénitence pour les victimes d’abus sexuels dans le contexte ecclésial. La cérémonie s’est déroulée à la basilique de Valère. Une cinquantaine de personnes y ont participé, dont une majorité de religieux et une poignée de victimes.

 

À cette occasion, la Conférence des évêques suisses a annoncé la création d'un fonds pour les victimes d’abus sexuels prescrits commis par des représentants de l’Église catholique doté de 500 000 francs. Il est alimenté par les contributions des diocèses suisses, de l’Union des Supérieurs majeurs religieux de Suisse (VOS’USM) et des corporations ecclésiastiques. Une commission indépendante décide de l’octroi et du montant.

 

La CES a également adapté ses directives contraignantes pour prévenir les abus et traiter les victimes et leurs auteurs. Ces dernières ne s’appliquent désormais plus uniquement aux seules personnes actives en pastorale, mais à toutes les personnes qui travaillent dans le contexte de l’Église, comme par exemple dans la catéchèse, dans le travail social ou avec la jeunesse et dans la musique.

 

Mgr Charles Morerod, le président de la CES a rappelé combien est «particulièrement lourde» la situation de ces victimes d’abus sexuels prescrits selon le droit public et le droit canon, «que les instances de l’Église n’ont pendant longtemps, ni entendus ni réparés».

 

Il semble qu’en Suisse ces affaires ont été prises au sérieux au profit des victimes et qu’on ne s’est pas félicité qu’il y avait prescription sur ces cas comme un certain cardinal en France.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 08/12/2016 08:30

La Suisse a fait un très gros travail étatique qui a poussé l'Eglise à agir aussi. Sans cette reconnaissance de l'Etat, jamais l'Eglise n'aurait agi. Il n'y a pas de compassion naturelle pour les victimes. Il faut sans arrêt des pressions pour que les choses se décoincent et avancent.
Je discutais récemment avec le président de l'AVREF de l'opportunité d'unir les associations de victimes françaises et suisses pour des luttes communes, afin que l'épiscopat français soit poussé à agir vraiment et pas à faire seulement des mesures cosmétiques. J'espère que ça aboutira. En France, il y a encore trop de déni face aux violences, crimes commis par l'Eglise institutionnelle, souvent subventionnée longtemps par l'état.