Du populisme au nazisme, il n'y a qu'un pas

Publié le 23 Janvier 2017

Le pape François a appelé dimanche 22 janvier 2016 à la patience avant de juger Donald Trump sur ses actes comme le montre 24heures.ch. Le pape avait déjà réagi vendredi à l'investiture du nouveau président américain en espérant que ses décisions soient guidées par des «valeurs spirituelles et éthiques».

 

«Je crois que nous devons attendre et voir ce qu'il fera. Nous ne pouvons pas être des prophètes du malheur», a déclaré dimanche le pape dans une interview accordée au quotidien espagnol El Pais. «Nous verrons comment il agit, ce qu'il fait et j'aurai alors une opinion. Mais avoir peur ou se réjouir à l'avance de quelque chose qui pourrait advenir est, à mon sens, plutôt mal avisé», ajoute-t-il.

 

Le chef de l'Église catholique met également les Européens en garde contre le populisme, leur enjoignant de ne pas reproduire les erreurs des années 1930 en se tournant vers de prétendus «sauveurs». «Les crises provoquent des craintes, des alertes. Pour moi, l'exemple le plus typique du populisme européen, c'est l'Allemagne en 1933. Un peuple submergé dans une crise qui a cherché son identité jusqu'à ce que ce dirigeant charismatique (Hitler) se présente et promette de lui rendre son identité, mais qui lui a rendu une identité pervertie et nous savons tous ce qui s'est passé», résume-t-il.

 

«Hitler n'a pas volé le pouvoir, son peuple a voté pour lui puis il a détruit son peuple. C'est le risque», a encore ajouté le pape. Il a surtout trompé et manipulé le peuple pour arriver au pouvoir en 1933 puis s'est s’allié à la noblesse allemande et au patronat allemand sans jamais arriver à obtenir la majorité absolue au Reichstag.

 

Dans le livre de R.J. Overy, The Nazi Economic Recovery : 1932-38 (Cambridge University Press), on peut voir que la réussite économique d’Hitler est aussi un mythe. Le régime mène une politique monétaire extrêmement rigoureuse. Ce sont les salariés qui paient cet effort de financement. Les salaires sont gelés tout au long de la période et la masse salariale baisse de 64% à 57% du revenu national entre 1932 et 1938, et du fait de la hausse des impôts sur le revenu, la consommation baisse plus encore : de 83 à 59% du revenu total. On peut y ajouter une planification confuse, des pénuries d'emploi, et une organisation industrielle médiocre. Et la soit disant baisse du chômage était due à la suppression de la liste de la population active des femmes, des célibataires et des adolescents. Au lendemain de la guerre, les alliés seront abasourdis par la mauvaise organisation des usines allemandes.

 

Il faut donc réfléchir à deux fois avant d’écouter les partis populistes qui vous promettent la lune et qui n’ont pas la fusée pour cela. L’extrême droite européenne en est le plus bel exemple.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

L'indépendant 29/01/2017 00:05

Franchement, c'est exagéré... Dans "populiste" il y "peuple", et pou moi, le peuple n'est pas un gros mot. Serait-il utile de rappeller que le nazisme était le "national-SOCIALISME" ? Il y a des choses que l'on évite de dire...

paroissiens-progressistes 30/01/2017 12:12

L'indépendant,

Non, l'extrême droite utilise le peuple pour arriver au pouvoir, elle est donc populiste, puis elle ne tient pas ses promesses puisqu'elle opprime son peuple.

Merci !

Françoise 27/01/2017 10:26

Coucou Taï

Je ne suis pas sûre que l'Argentine soit vraiment sortie de l'influence nazie. Idem pour le Chili.
Que ce soit dans la politique ou sur des plans idéologiques.

paroissiens-progressistes 28/01/2017 09:01

Françoise,

Attention, Perón a été intéressé par le nazisme. Il y a des péronistes de droite et de gauche. Donc en disant que l'Argentine n'est pas sortie de l'influence nazie, tu dis que les péronistes de gauche le sont aussi. Là, c'est un point de vue dangereux.

Merci !

gaetan ribault 25/01/2017 16:38

Tiens notre bon Pape François vient de gagner un point Godwin

Françoise 25/01/2017 08:39

F1 aurait pu ajouter que le nazisme s'est largement exporté en Argentine et dans différents pays d'Amérique du Sud, aux US au sein des services secrets. Il a donc fait des dégâts au-delà de la seconde guerre mondiale. Et ces dégâts continuent de peser politiquement, économiquement, socialement sur les différentes populations du monde.

paroissiens-progressistes 25/01/2017 11:26

Françoise,

Le nazisme a eu du poids dans les dictatures d'extrême droite en Amérique du Sud entre 1960 et 1990, mais leur influence n'alla pas au-delà avec l'arrivée des démocratie. D'ailleurs dans ces pays, leur influence est faible, car les populations ont longuement subies ces régimes oppressifs.

Merci !