Hamon et Valls calment le jeu

Publié le 26 Janvier 2017

Hamon et Valls calment le jeu

Dans le Réveil Politique de L’OBS de Remy Dodet du jeudi 26 janvier 2017 dans la partie concernant «Hamon et Valls calment le jeu» nous voyons le troisième débat de la primaire qui a eu lieu hier.

 

Poli mais costaud. Au regard des attaques qui pleuvent depuis dimanche soir, le débat d'entre-deux-tours entre Hamon et Valls risquait de virer au combat de rue. Il n'en fut rien.

 

Les deux finalistes de la primaire socialiste nous ont offert un débat bien propre. Mais aussi étalé leurs "désaccords importants" et leurs arguments de fond, notamment sur le travail et le "revenu universel" de Hamon pour compenser la "raréfaction du travail" qui a encore focalisé une partie de ce débat, alors que Valls se présente comme le candidat de la «feuille de paie», la laïcité, et le voile islamique, thèmes chers à Valls qui s’est placé dans le sillage de figures reconnues de la gauche, d'Elizabeth Badinter à l'intellectuelle Caroline Fourest, tandis qu’Hamon a défendu une lecture apaisée de la séparation de l'Église et de l'État.

 

Mais aussi sur la question de la dette et de la maîtrise des finances publiques, où les deux candidats se sont opposés sur la défiscalisation des heures supplémentaires, la sécurité sociale, la dépense publique et les impôts. Benoît Hamon met en avant la question des "dépenses sociales" et la "dette environnementale", alors que Manuel Valls veut rester strict sur les dépenses. Sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme, là encore l’opposition est flagrante, où Hamon est contre la prolongation de l’état d’urgence alors que Valls s’en félicite.

 

Chacun a d'ailleurs résumé à sa façon le choix clair que les électeurs auront dimanche à trancher. Benoît Hamon s'est décrit comme la gauche du "futur désirable" contre le vieux monde, Manuel Valls comme la gauche crédible contre le rêve. Reste à savoir si la rencontre a permis au second de grignoter son retard sur le premier.

 

Comme le montre francetvinfo.fr dans son article «Primaire de la gauche : pour le dernier débat, pas de pugilat, mais des différences fondamentales», Benoit Hamon qui a été accusé hier d’être un marchand de sable, réussit à défendre avec aisance la crédibilité de son revenu universel, tout en soignant son profil écolo notamment en parlant des perturbateurs endocriniens et d’abandonner l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les attaques sur son islamo gauchisme ne sont pas réitérées. Manuel Valls force le sourire. Mais le cogneur est déjà dans les cordes, gêné aux entournures par le costume qu'il s'est lui même taillé : celui de l'homme d'ordre, d'autorité et de responsabilité, souvent engoncé dans des arguments techniques.

 

D’ailleurs le Direct de Libération.fr nous montre qu’Hamon a su être pugnace et réactif. «J'ai toujours respecté les règles contrairement à Benoît Hamon», lance Manuel Valls, gratuit, quand les journalistes lui demandent s'il soutiendra son concurrent s'il gagne la primaire. «Respecter les règles, c'est d'abord respecter le programme pour lequel on a été élu», lui répond Benoît Hamon.

 

Au moins, selon actu.orange.fr tous les deux sont tombés d'accord, face à l'affaire d'emploi présumé fictif qui vise l'épouse du candidat de la droite François Fillon, pour proposer d'interdire l'emploi par un parlementaire d'un parent proche.

 

Pas vraiment, à en croire le sondage Elabe réalisé pour BFMTV auprès de 1215 téléspectateurs et publié dans la foulée du débat : 60% ont jugé le député de Trappes plus convaincant que l'ex-Premier ministre, et 37% l'inverse. Et c'est quasiment la même proportion chez les sympathisants de gauche (61% contre 36%).

 

Nous connaissons maintenant les résultats définitifs de cette primaire comme le montre l’article de francetvinfo.fr : «Primaire de la gauche : le premier tour a attiré 1 655 919 électeurs, selon les résultats définitifs». Après des cafouillages, des critiques et des soupçons de chiffres gonflés, les chiffres sont enfin tombés. La primaire de la gauche a attiré 1 655 919 votants au premier tour dimanche 22 janvier, selon les résultats définitifs communiqués mercredi 25 janvier par la Haute Autorité en charge du contrôle du scrutin.

 

Au final, Benoît Hamon a obtenu 36,03% des voix (596 647 bulletins) et Manuel Valls 31,48% (521 238). Arnaud Montebourg a totalisé 17,52% des voix (290 070), devant Vincent Peillon à 6,81% (112 718), François de Rugy à 3,83% (63 430), Sylvia Pinel à 2% (33 067) et Jean-Luc Bennahmias à 1,02% (16 869). Les bulletins blancs représentent 0,7% des voix (11 766) et les bulletins nuls 0,61% (10 114).

 

Ces scores portent sur 7 208 bureaux de vote, contre 7 530 initialement annoncés. Beaucoup de bureaux de vote ont "fusionné" car situés au même endroit (école, mairie...), selon les organisateurs. Les résultats de 68 bureaux de vote ont été "annulés ou non pris en compte", a ajouté la Haute Autorité dans un communiqué, sans plus de précisions.

 

actu.orange.fr nous signale enfin que l'ultime débat de la primaire PS élargie entre Manuel Valls et Benoît Hamon a été regardé par 5,5 millions de personnes, ce qui est un excellent score au vu de la concurrence du match de football Monaco-Nancy sur France 3.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

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M.W 26/01/2017 20:08

N'est-ce pas ironique de la part d'un bonhomme qui, quand il était ministre de l'Intérieur, c'est rendu à la canonisation du pape Jean-Paul II ou dans une mosquée célébrer un repas de fin de Ramadan, se la jouer défenseur d'une laïcité à la Badinter ou à la Fourest ?

paroissiens-progressistes 28/01/2017 09:04

M.W,

Se rendre à la canonisation de Jean-Paul II peut choquer, mais là encore c'est le jeu diplomatique qui joue et aussi la position de ministre des cultes du ministre de l'intérieur. Manuel Valls et François Hollande voulaient apaiser l'opposition catholique après le mariage gay en montrant des gestes d'ouverture.

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