Le cardinal Burke et le Grand maître Festing défient les vœux du pape en limogeant le Grand chancelier de l’Ordre de Malte

Publié le 5 Janvier 2017

Christopher Lamb dans son article pour Tablet ce jeudi 5 janvier 2016 nous montre que le cardinal Raymond Burke et le chef des Chevaliers l’ordre de Malte ont défié les souhaits du pape François et du Saint-Siège quand ils ont limogé un haut dirigeant de l’ordre sur le motif d’une distribution de préservatifs. Les lettres vues par The Tablet révèlent que le pape François a expressément demandé qu’il n’ait pas de suspension dans un conflit qui a vu Albrecht von Boeselager être mis comme Grand Chancelier, puis suspendu de l'Ordre.

 

Le respecté chevalier allemand a été limogé le 8 décembre par le Grand Maître des Chevaliers, Matthew Festing, en présence du patron de l'Ordre et un critique conservateur éminent du pape François, le cardinal Burke. Les deux avaient affirmé que le licenciement était fait «conformément à la volonté du Saint-Siège». Boeselager, qui s’était occupé précédemment de la branche caritative de l'Ordre, avait été accusé de distribution de préservatifs et de ne pas accepter l'enseignement de l'Église sur les questions sexuelles. Des accusations qu'il nie fermement.

 

Mais maintenant, il est apparu que la secrétaire d'État, le cardinal Pietro Parolin a écrit à Festing quelques jours plus tard, la clarification montre que le pape ne voulait pas que Boeselager soit limogé. En conséquence, le Saint-Siège a décidé de mettre en place une enquête sur les Chevaliers. «Je voudrais tout d'abord rappeler que ces mesures [le licenciement et la suspension de Boeselager] ne doivent pas être attribués à la volonté du pape ou à ses directives», a écrit le cardinal dans une lettre à Festing. «Comme je l'ai exprimé à vous dans ma lettre du 12 décembre 2016 : dans la mesure où l'utilisation et la diffusion des méthodes et des moyens contraires à la loi morale, Sa Sainteté demande le dialogue comme un moyen de traiter et de résoudre les problèmes éventuels. Mais il n'a jamais parlé d'envoyer quelqu'un au loin !» Le cardinal poursuit en disant que l'action contre Boeselager doit être considérée comme «suspendue» jusqu'à ce que la commission papale rapporte quelque chose.

 

Le cardinal Parolin dit que le pape François souhaite que le conflit soit résolu, mais soulève la possibilité que le Saint-Siège puisse prendre d'autres mesures contre l'ordonnance, et étant donné le défi au pape dans cette affaire, met les positions des cardinaux Burke et Festing sous pression. Dans une déclaration extraordinaire émise avant Noël, Festing a dit au pape que le limogeage de Boeselager était une affaire interne et le que Secrétariat d'État avait mal compris la situation. Mais dans sa lettre au Grand Maître, le cardinal Parolin souligne que les Chevaliers sont un «ordre religieux laïc», qui comprend le «service à la foi et au Saint-Père» et donc le Saint-Siège a le pouvoir d'agir dans ce cas.

 

Mais cette décision a déclenché une crise interne à l'intérieur de l'Ordre qui ne montre aucun signe de ralentissement : dans une déclaration Boeselager affirme que son licenciement et la suspension subséquente de l'Ordre était inconstitutionnelle et menace d'utiliser le système juridique de l'Ordre pour prouver son point de vue. Le Chevalier allemand, dont le père a été impliqué dans le complot Valkyrie pour tuer Hitler, dit que l'action contre lui «fait davantage penser à un régime autoritaire d'une obéissance religieuse». Il a expliqué que les préservatifs ont été distribués par trois projets au Myanmar à l'insu de l'Ordre. «Quand cela a été découvert dans le cadre de l'audit du projet de routine, deux de ces projets ont immédiatement pris fin», écrivit-il.

 

Le Vatican semble déterminé à aller de l'avant sur cette affaire en enquêtant à travers une commission d’enquête, il est susceptible de créer une épreuve de force avec le Grand Maître Matthew Festing pour qui on viole la souveraineté de l'ordre.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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gaetan ribault 05/01/2017 18:56

Que l'Ordre de Malte fasse comme Napoléon , on emprisonne le pape dans une ambassade de l'Ordre et on le laisse attendre tranquillement la fin de ses jours

paroissiens-progressistes 05/01/2017 21:15

M.W,

Non, pas besoin, le pape est protégé. Il est très difficile de l'enlever.

Merci !

M.W 05/01/2017 20:19

Et ensuite une coalition européenne casse la figure à l'ordre de Malte et libère le pape.

paroissiens-progressistes 05/01/2017 20:02

gaëtan,

Pas sûr qu'on laisse faire l'Ordre de Malte et il n'a pas la puissance de Napoléon Ier.

Merci !