Le pape François est bien décidé à réformer la curie

Publié le 16 Janvier 2017

Mauro Lopes nous montre dans son article intitulé «O'Malley, membre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi» du dimanche 15 janvier 2017 pour periodistadigital.com que le site de la revue America, des jésuites américains, a annoncé le samedi 14 janvier la nomination de l'archevêque de Boston, le cardinal franciscain Sean P. O'Malley, en tant que membre à part entière de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Mgr O 'Malley est une personne de confiance progressiste du pape François. Le Vatican a confirmé les nouvelles autour de midi à Rome, mais ne l’a pas encore annoncé officiellement dans les chaînes d'information du Saint-Siège.

 

Le rendez-vous est tonitruant. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le successeur du Saint-Office, a toujours été dominé par les conservateurs et a promu au cours des dernières décennies, la persécution des théologiens, des prêtres et des laïcs progressistes. Le préfet de la Congrégation conservatrice le cardinal allemand Gerhard Müller, a cherché un rapprochement avec le pape au cours des derniers mois et a pris ses distances avec le groupe radical des quatre cardinaux de la "dubia" conduisant une mini rébellion contre le pape François. Avec l'arrivée à la Congrégation de Mgr O'Malley, l'équilibre des forces subit un changement historique et on se demande s’il se prépare à la succession de Mgr Müller ?

 

Un autre aspect important se dessine dans cette décision, qui a été mis en évidence par America : le cardinal O'Malley est également le président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs que le pape François instituée en 2014. Avec cette nomination, selon le Vatican lui-même, il y aura un lien direct entre la plus ancienne et la plus puissante Congrégation pour le Clergé et la Commission sur les cas de pédophilie et d'abus sexuels, jusqu'à présent très active, mais aucun pouvoir réel.

 

La décision du pape François indique clairement qu’il ne reculera pas sur les réformes et n’est même pas intimidé par la stridence conservatrice, qui mobilise ses moyens et ses ressources dans le monde entier pour lutter contre le pape. Les réformes vont aller de l’avant. Il est prévu que dans les prochaines heures une réaction furieuse des «contre-révolutionnaires», qui avaient été perplexe sur ce qu'ils considèrent comme «une trahison» du cardinal Müller, qui, dans une interview à la télévision italienne la semaine dernière a réprimandé les initiatives de cardinaux rebelles.

 

Il y a deux jours, les conservateurs ont été outrés de nouveau par la décision des évêques de Malte de soutenir Amoris Laetitia et de permettre la communion aux divorcés remariés. Malte a très peu d’importance dans le contexte du monde du catholicisme, mais pris de l’importance avec la rébellion de l'Ordre de Malte contre le pape, encouragé par son employeur, le chef du camp ultraconservateur, le cardinal Raymond Burke.

 

Cela ne risque pas de s’arranger pour les conservateurs puisque comme le montre l’article de periodistadigital.com du dimanche 15 janvier nommé «François étend la réforme de la Congrégation de Liturgie», dans lequel le pape François étend donc sa réforme controversée de la liturgie du dicastère du Vatican, avec une multitude de nouveaux conseillers après une première réorganisation qui signifiait le retrait de plusieurs cardinaux conservateurs influents. Les 17 conseillers nommés samedi comprennent des prêtres, des laïcs, hommes et deux femmes.

 

À ces experts en liturgie et en théologie sont ajoutés à 27 cardinaux et évêques nommés membres titulaires en octobre. La réorganisation signifiait le départ des traditionalistes Raymond Burke et George Pell, bien que d'autres conservateurs restent dans le corps.

 

Le bureau dirigé par le cardinal conservateur guinéen Robert Sarah a pour tâche de veiller à ce que la messe et les autres sacrements sont menés en conformité avec les directives du Saint-Siège. En juillet, le Vatican gronda publiquement le cardinal Sarah qui encouragea les prêtres à célébrer la messe dos au peuple à la congrégation, comme cela a été fait avant les modifications imposées par le Concile Vatican II.

 

Mais ces réformes peuvent-elles cacher ce qu’a révélé le journaliste Emiliano Fittipladi dans son livre Lussuria comme nous le montre le espresso.repubblica.it dans son article du lundi 16 janvier : «Ainsi, le Vatican protège les prêtres pédophiles». Trois cardinaux (le cardinal George Pell, le cardinal Francisco Errazuriz et le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga) qui ont protégé les prêtres pédophiles ont été promus en C9, le groupe de neuf cardinaux qui aident le pape François à gouverner l'Église. Quatre autres porteurs de pourpres italiens et étrangers qui n’ont pas dénoncés des prédateurs en série et qui ont cherché à protéger les caisses de l'Église à partir des demandes de réparations aux victimes. En Italie (l'évêque Francesco Oliva, le cardinal Paolo Romeole, des cardinaux de poids comme Antonelli, Bertone et Domenico Calcagno), en Espagne, en France (le cardinal Philippe Barbarin), en Belgique (l’archevêque Godfried Danneels) et en Amérique du Sud (l’archevêque Ricardo Ezzati et le nouvel évêque d’Osorno Juan Barros Madrid à propos du scandale du père Fernando Karadima) la démystification des autres évêques a été récompensée par des postes importants, ou récemment ornés de jugements canoniques discutables.

 

Les hauts prélats du monde entier continuent de couvrir les scandales sexuels au Vatican, par crainte de l’impact des médias, du système de protection des mineurs mis en place en Italie et le lobby ecclésiastique est aussi couvert par des intérêts économiques. Le système par lequel la hiérarchie ecclésiastique protège toujours les branches pourries, qui malgré une tentative légère de rompre avec lui, fonctionne à pleine capacité.

 

Le pape François devrait aussi vérifier ses choix, car ses collaborateurs ne sont pas très fiables pour bien réformer l’Église et plus particulièrement sur un dossier aussi sensible que la pédophilie dans l’Église. Des résultats fiables et des mesures concrètes permettraient à l’Église de sauver son âme. Une bonne mesure serait déjà de renvoyer tous ceux qui ont couvert ces prêtres pervers.

 

Merci !

 

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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