Le pape soutient une "Marche pour la vie" anti-IVG dimanche à Paris

Publié le 20 Janvier 2017

actu.orange.fr nous montre dans son article du jeudi 19 janvier 2017 que le pape François a apporté son soutien à une "Marche pour la vie" qui doit réunir dimanche à Paris des manifestants hostiles à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), dans une lettre rendue publique jeudi par les organisateurs.

 

Le pape "salue cordialement les participants à cette manifestation", écrit le nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en France, Mgr Luigi Ventura, dans un courrier publié par le collectif En marche pour la vie sur son site internet. "Au-delà de la légitime manifestation en faveur de la défense de la vie humaine, le Saint-Père encourage les participants de la Marche pour la vie à œuvrer sans relâche pour l'édification d'une civilisation de l'amour et d'une culture de la vie", ajoute la lettre.

 

Comme ses prédécesseurs, le pape François, fidèle à la doctrine de l'Eglise catholique, est un fervent opposant à l'avortement. Dans le cadre du jubilé de la Miséricorde l'année dernière, il a cependant fait un pas en direction des femmes regrettant leur choix, en permettant à tous les prêtres d'absoudre l'avortement, alors que seuls les évêques avaient auparavant cette autorité.

 

Le collectif En marche pour la vie, qui regroupe cinq associations dont Choisir la vie, la fondation Lejeune, Renaissance catholique ou les Survivants, a suscité la polémique la semaine passée en publiant un encart de sa campagne "IVG tous concernés" dans des médias, notamment Le Figaro.

 

Affirmant que "l'IVG est une lâcheté collective", ses affiches mettent en scène des proches d'une femme enceinte et visent à montrer que "chacun à un moment de sa vie, en tant que parent, ami, employeur, professionnel de santé, peut avoir une responsabilité dans une décision d'avorter", ont expliqué les auteurs.

 

La ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, des militantes et des associations féministes se sont offusquées de ce message "anti-avortement dans un grand quotidien national".

 

L'Assemblée nationale doit se prononcer la semaine prochaine sur l'adoption définitive d'une proposition de loi prévoyant de pénaliser les sites pratiquant de la "désinformation" sur l'IVG, adoptée début décembre au Sénat. L'Église catholique en France, par la voix de ses évêques, a vivement critiqué la création de ce délit d'entrave numérique, dénonçant une atteinte "grave" aux libertés.

 

madmoizelle.com dans son article du lundi 19 décembre 2016 «L’impact psychologique négatif de l’avortement n’est pas celui que croient les anti-choix» montre que les opposants au droit à l’avortement, ces mal-nommés «pro-vie» qu’on préfère plutôt appeler «anti-choix» (ce qui résume mieux leur position), invoquent souvent un argument majeur quand il s’agit de défendre leur point de vue : l’impact psychologique négatif qu’un avortement aurait sur les femmes qui y ont recours. Une nouvelle étude publiée dans JAMA psychiatry le 14 décembre vient pourtant contredire le bien-fondé de cet argument : selon les chercheurs, les femmes ayant choisi d’interrompre leur grossesse ne sont pas davantage touchées par la dépression ou les troubles anxieux, et leur estime d’elles-mêmes ou leur satisfaction générale n’est pas affectée non plus.

 

En revanche, les femmes n’ayant pas pu avoir recours à l’avortement indiquent une anxiété plus forte ainsi que des niveaux de satisfaction générale plus bas dans la semaine qui suit leur demande. Dans le même temps, une autre stratégie des anti-choix vient d’être visée par une autre étude : le délai obligatoire de réflexion qui était encore en place jusqu’en janvier 2016 en France, et qui l’est toujours dans nombre d’états américains. Les défenseurs de cette mesure estiment que cela est essentiel pour donner aux femmes le temps de réfléchir.

 

Pourtant, les femmes interrogées par les chercheurs de l’Université de Californie qui avaient dû respecter un délai de 72 heures entre leur demande d’avortement et l’acte en lui-même tiennent un tout autre discours. Elles expliquent en général que devoir attendre est difficile, notamment parce que cela donne l’impression de ne pas avoir de contrôle sur son propre corps, sur sa propre vie. Le délai d’attente a provoqué selon l’étude des niveaux d’anxiété plus hauts sur les femmes ayant du attendre alors que seulement 8% d’entre elles ont changé d’avis… en sachant que beaucoup parmi celles-ci s’étaient rendues au premier rendez-vous sans avoir encore pris de décision. 2% de ces femmes seulement auraient réellement changé d’avis.

 

Ce n’est pas l’avortement qui entraîne un impact psychologique négatif pour celle qui en a recours, mais plutôt l’entrave à l’avortement. En gros, ces marches pour la vie et l’Église en France parlent de choses qu’elles ne connaissent pas. D’ailleurs comme le montre madmoizelle.com dans son article du vendredi 13 janvier 2017 «Une IVG, concrètement, ça se passe comment ?», les pays où l’IVG est illégal ne recensent pas moins d’avortements. L’avortement illégal entraîne chaque année dans le monde la mort d’environ 68 000 personnes, quand 5 millions d’autres femmes doivent faire face à des lésions corporelles (voire un handicap) temporaires ou permanentes. Ces avortements sont souvent faits dans de mauvaises conditions médicales (manque de compétence, environnement non stérile, absence d’encadrement…). Lorsque l’IVG est légale et donc réalisée dans des conditions médicales optimales, elle est l’une des procédures les plus sûres.

 

Enfin, il n’y a pas plus de risques d’avoir un cancer après une IVG, tout comme elle ne diminue pas les chances de grossesse future contrairement à toutes les contre vérités que nous livrent les sites anti-IVG. L’éducation sexuelle est aussi efficace pour agir en amont et pour prévenir les grossesses non désirées, car cette dernière permet de mettre en avant les différents moyens de contraception et leur utilisation. Mais ces organisations et l’Église sont aussi contre la contraception.

 

Cette citation de Simone de Beauvoir semble coller parfaitement à la situation actuelle : «N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.» Les femmes devront continuer à lutter pour leurs droits, même celui de disposer de leur propre corps, et il est grand temps que les hommes les soutiennent aussi dans ce sens. Il est fini le temps où elles étaient des éternelles mineures qui ne pouvaient pas décider par elles-mêmes.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Mike 01/02/2017 14:04

Bonjour Paroissien,

Certes, ce cas est adapté à la maman qui veut poursuivre sa grossesse jusqu'au bout, et qui sait que son petit pourra être heureux. Encore faut-il qu'on l'informe des possibilités d'adoption.
Sans entrer dans un débat qui se mord la queue, c'est du bon sens, non ? Bien sûr qu'il y a des enfants ou des adultes qui souhaiteraient (pas tous !) connaître leur mère bio. Je peux comprendre qu'il peut y avoir une souffrance dans la construction de son identité. Après, honnêtement, il faudrait trouver ces statistiques qui seraient intéressantes de connaître.
Pour le cas où la personne ne veut pas tomber enceinte et qui attend un enfant: il y a soit un manque éducatif, soit un manque de responsabilité, soit un problème au niveau de la contraception, soit violence. Je n'ai pas de réponse.
Si cela arrivait à ma fille, je lui présenterait les 3 solutions:
- mener la grossesse à son terme, dans l'inquiétude et peut-être la douleur, et garder son enfant.
- mener la grossesse à son terme, dans l'inquiétude et peut-être la douleur, et donner son enfant à l'issue.
- arrêter la grossesse par avortement. Inutile de préciser que ce n'est pas si bénin que cela, sinon ça se saurait.
Aucun des 3 cas n'est facile: tous peuvent être douloureux, voire traumatisants, parce qu'on touche à l'affectif profond.
Qu'on aille pas me faire croire le contraire.
D'ailleurs, parce que j'aime savoir le vrai, il serait intéressant de faire des sondages et statistiques là dessus...
Bien à vous.

paroissiens-progressistes 01/02/2017 18:29

Mike,

Les sondages ou les statistiques peuvent aussi donner une vision limitée des sujets qu'ils portent. Après tout, ce sont les femmes qui décident et souvent elles peuvent nous surprendre, leur choix ne sont pas à ignorer sur ce qui les concernent comme l'avortement.

Merci !

Mike 30/01/2017 14:02

Bonjour cher paroissien,
Dites donc, dans son commentaire du 22/01/2017 à 11:43, la camarade Françoise a vraiment tout compris sur la psychologie et la sexualité des hommes et des femmes qui sont contre l'avortement, pour les méthodes naturelles etc.... Ce doit être de l'humour !!!

Sans entrer ici dans des propos polémiques, voici une histoire.
Des amis ne pouvaient pas avoir d'enfants. 2 ans après leur démarche pour en adopter un, ils eurent la joie d'accueillir une petite fille: sa mère, en forte difficulté sociale, était tombée enceinte, comme cela peut arriver. Plutôt que de ne pas mener cette grossesse à son terme, elle a fait le choix de confier son bébé à l'assistance publique pour qu'il soit adopté. Aujourd'hui, il y 4 heureux:
- la maman qui a donné une chance à son enfant d'être heureux et aimé;
- l'enfant, qui a pu naître, et, malgré une séparation de sa maman biologique, est heureuse d'être choyée et aimée;
- les parents qui peuvent choyer leur adorable petite fille, et l'aimer.
Il y a des cas où la maman ne fait pas ce choix ou n'est pas en mesure de le faire... je ne leur envoie pas la pierre et je ne juge pas. Mais le choix pro-enfant est aussi un choix d'amour, qu'on le veuille ou non.

paroissiens-progressistes 31/01/2017 11:04

Mike,

Sauf que votre exemple ne marche pas dans le cas où la femme ne veut pas avoir d'enfant. L'obliger à le garder alors que cet enfant n'est pas désiré peut devenir traumatisant pour elle, et risque de ne plus lui donner envie d'avoir d'enfant. Il y aussi que l'enfant veuille connaître sa génitrice qui ne voulait pas de lui. Votre choix d'amour peut devenir une expérience traumatisme. Si une femme n'est pas prête à avoir un enfant, on ne peut pas l'obliger à le garder ou à faire adopter cet enfant non désiré. Et votre ne marche que si la mère souhaite ne pas avorter, ce qui n'est pas le cas de toutes les femmes. Si vous êtes contre l'avortement mettez en avant la contraception, cela évitera des grossesses non désirés.

Merci !

gaetan ribault 21/01/2017 16:39

Bonjour

Il me semble que dans le cas d'un avortement , les femmes ne disposent pas de leur corps mais bien de celui d'un autre .Dire qu'elles disposent de leur corps est un grossier sophisme

Françoise 25/01/2017 10:26

Je me dis souvent que si un quart des hommes faisaient l'expérience de ce qu'est véritablement une grossesse et encore plus une grossesse non désirée physiquement, psychologiquement et affectivement, avec l'accouchement par voies basses qui va avec dans le contexte aussi d'absence de sentiment et de dégoût de son corps, de l'enfant à naître, de chahut hormonal, l'humanité serait depuis longtemps disparue ou en voie d'extinction.

paroissiens-progressistes 23/01/2017 13:49

gaëtan,

C'est une comparaison baisée, car nous sommes tous les deux des hommes et nous ne pouvons pas nous mettre à la place des femmes. L'abstinence sexuelle est pour moi très peu efficace, car les femmes ne sont pas des religieuses, pas plus que nous les hommes sommes des moines. La contraception est plus efficace.

Merci !

gaetan ribault 23/01/2017 10:21

Si par malheur je décidai de vous tuer ce serait alors au nom du droit que j'ai à disposer de mon corps, car c'est lui qui agira. Vous voyez où ce grossier sophisme peut conduire. Les femmes peuvent disposer de leur corps pour éviter une grossesse et pour cela il existe un moyen très simple et peu couteux: l'abstinence sexuelle.

paroissiens-progressistes 21/01/2017 19:05

gaëtan,

En cas d'avortement, c'est bien elles qui décident et leurs corps leur appartient. Si elles ne veulent pas avoir d'enfant, on ne peut pas les obliger.

Merci !

Jean-Christian Hervé 20/01/2017 23:10

Je peux comprendre que, chrétien ou non, on ne soit pas favorable à l'avortement; personne n'est obligé d'y recourir. Mais je n'arrive pas à comprendre qu'en tant que chrétien, on puisse être contre sa légalisation. C'est un grave manquement à l'injonction d'amour du prochain que de mettre en danger la santé et la vie des femmes qui de toutes façon voudront y recourir, en ne leur permettant pas de le faire en toute sécurité. Mais sans doute ces "bons chrétiens" préfèrent-ils le recours aux sinistres "faiseuses d'anges"...
Bonsoir.

Françoise 22/01/2017 11:43

Bonjour Jean Christian

C'est une histoire de contrôle du corps des femmes et de la procréation.
A la base, ces groupes anti-choix sont essentiellement constitués d'hommes ne tolérant pas que les femmes puissent décider ou pas d'avoir un enfant. Ils considèrent que c'est un affront à l'autorité et à la domination masculine qu'ils considèrent voulues par Dieu. Ces hommes sacralisent leur sperme, comme étant un fluide sacré, issu directement de Dieu. Pour eux, le sperme est un élément divin de leur personne. D'où les blocages autour de la masturbation, d'où les problèmes avec l'homosexualité, d'où l'opposition à l'avortement et à la contraception, qui ramène le sperme à un simple fluide corporel.
Si l'on ne remonte pas à cette sacralisation du sperme, on ne peut pas comprendre vraiment le fondement du raisonnement anti-choix. Aujourd'hui, vous avez certaines femmes qui soutiennent les antichoix, sans la plupart du temps connaître les fondements idéologiques, mais plutôt dans une perspective nostalgique d'une domination masculine de type chevaleresque (qui reste un fantasme plus qu'une réalité). C'est ce qu'on retrouve dans les discours d'Eugénie Bastié, de Thérèse Hargot actuellement.
Et au nom de ce fantasme, peu leur importe la santé, la vie des femmes.
De toute façon, les deux baignent dans un milieu bourgeois qui considère que ces questions sont somme toutes, secondaires, dans la mesure où elles-mêmes seront toujours protégées de ces situations.

paroissiens-progressistes 21/01/2017 19:09

Hérac'

C'est une logique bornée, puisque ces soit disant 'pro-vie' savent très bien que l'interdiction de l'avortement poussera les femmes qui veulent avorter à le faire illégalement et donc à risquer la mort.

Merci !

Hérac' 21/01/2017 18:17

La logique 'pro-vie' s'ancre dans l'idée que l'embryon-foetus est un être qui a la plénitude de la dignité humaine, au même titre que sa mère. En d'autres termes, ils pensent que l'avortement est un meurtre, la mise à mort d'un être humain innocent. C'est ça, le coeur philosophique de la question. Si ils ont raisons, alors il faut tout faire pour interdire ces meurtres, qui en aucun cas ne peuvent être considérés comme un "droit des femmes" au même titre que le droit de vote. Si ils ont tort, alors oui, effectivemment, la question se pose d'avantage de la façon dont vois la posez.

paroissiens-progressistes 21/01/2017 15:17

Jean-Christian,

Cette opposition est mortifère pour l'image de l'Eglise, elle peut en être défavorable, mais de là à interdire aux femmes un droit qu'elles ont gagnées est plutôt difficile à comprendre puisque cela évite que des femmes qui avortent meurent.

Merci !

M.W 20/01/2017 20:00

Oyez oyez gentes demoiselles et gentils damoiseaux, Sa Majesté l'Empereur de l'Empire Américain Barack Ier a abdiqué et est retourné dans sa baraque aux Bahamas (humour stupide, je sais mais je n'ai pas pût m'en empêcher), gloire au nouvel Empereur américain, Donald Ier le Démagogue, élu Empereur par la Diète impérial des Grands Electeurs en ressortant son grand argument ultra-puissant de la mort qui tu : sa coupe de cheveux (c'est vrai qu'il a un beau brushing quand même). Sa Majesté Donald Ier a été couronné Empereur aujourd'hui au terme d'une fastueuse journée digne de l'Empire américain.

M.W 21/01/2017 19:58

Perdu, je n'ai jamais lu ce pamphlet. Si ça vous a plu il y aura des suites mdr

Vive l'Empereur Donny Ier

paroissiens-progressistes 21/01/2017 15:17

M.W,

On sent l'inspiration de Victor Hugo avec son Napoléon le Petit.

Merci !