Le Portugal rend un ultime hommage à Mario Soares

Publié le 10 Janvier 2017

Le Portugal rend un ultime hommage à Mario Soares

LePoint.fr et Libération.fr nous montrent que ce mardi 10 janvier 2017 que le Portugal rendait un ultime hommage à l'ancien président socialiste Mario Soares, salué comme l'un des principaux artisans de l'avènement de la démocratie, lors d'une cérémonie solennelle précédant son enterrement mardi en fin d'après-midi à Lisbonne.

 

"C'est l'homme qui nous a donné la démocratie et la liberté", a témoigné Maria Albergaria, 57 ans, parmi les milliers de Lisboètes qui ont tenu à faire leurs adieux à ce monument de la vie politique portugaise, décédé samedi à l'âge de 92 ans.

 

Exposée en chapelle ardente depuis lundi au monastère des Hiéronymites, la dépouille de l'ex-chef d'État devait être inhumée au cimetière de Prazeres, destination finale d'un cortège funèbre qui devait s'arrêter brièvement devant le Parlement et le siège du Parti socialiste.

 

Lors d'une cérémonie organisée dans le cloître du monastère, son fils Joao Soares, qui a également fait carrière dans la politique, a loué "l'optimisme, la trempe, le courage, la détermination et l'audace" de l'ex-chef d'État.

 

Recouvert du drapeau national rouge et vert, son cercueil était posé au centre de ce lieu emblématique de l'histoire du Portugal où Mario Soares, alors Premier ministre, avait signé en 1985 le traité d'adhésion du Portugal à la Communauté économique européenne.

 

"En cette heure de deuil national, je veux exprimer notre affection et notre gratitude émue pour tout ce que Mario Soares a été, pour tout ce qu'il a fait", a déclaré l'actuel Premier ministre, le socialiste Antonio Costa, dans un message vidéo adressé depuis l'Inde où il se trouvait en visite officielle.

 

Plusieurs personnalités internationales, dont le roi d'Espagne Felipe VI, le président brésilien Michel Temer et le président sortant du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, ont participé à cet hommage. Le président français François Hollande y était représenté par l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin. Egalement présent, l'ex-chef de gouvernement espagnol Felipe Gonzalez a estimé que "Mario Soares restera pour toujours une référence, surtout pour son courage politique et sa passion pour la liberté".

 

Militant antifasciste, il participe au Mouvement d’unité national antifasciste en 1943, en 1961, il rédige le programme d’une «démocratisation» pour le pays et fonde l’Action socialiste en 1964, il est déporté en 1968 dans la colonie de São Tomé, près de la Guinée, puis condamné à l’exil en France en 1970, en Allemagne, il devient fondateur du Parti socialiste portugais en 1973, puis ministre des Affaires étrangères en 1974 et 1975, il amorce avec succès le processus de décolonisation des colonies portugaises, lors des rencontres de Dakar et de Lusaka, deux fois chef de gouvernement entre 1976 et 1978 et entre 1983 et 1985, il fait rédiger une nouvelle Constitution, probablement l’une des plus démocratiques du monde occidental, et mène le Portugal sur la voie de l’adhésion à la Communauté européenne en 1985, en réformant notamment l’agriculture ou en pratiquant la rigueur après 1983, président de la République de 1986 à 1996, il est très populaire et proche des Portugais, puis député européen entre 1999 et 2004, Mario Soares a joué les premiers rôles pendant une quarantaine d'années, incarnant à lui seul l'histoire récente de son pays. Infatigable animal politique, cet avocat de formation avait toutefois subi un cuisant échec lors de l'élection présidentielle de 2006, disputée à 80 ans.

 

Les historiens retiendront surtout son rôle décisif au lendemain de la Révolution des Œillets de 1974, un coup d'État militaire qui a mis fin à 48 ans de dictature et 13 ans de guerres coloniales. Vainqueur des premières élections libres, il avait tenu tête au puissant Parti communiste.

 

"Mario Soares est mon héros. Il y a 43 ans je l'ai accueilli lors de son retour de l'exil et aujourd'hui je le vois partir avec beaucoup de tristesse", a témoigné Francisco Oliveira, 63 ans, présent parmi la foule de sympathisants massée devant le monastère des Hiéronymites.

 

Contemporain de François Mitterrand et Helmut Kohl, Mario Soares, qui se définissait lui-même comme "un homme de convictions et de caractère", a également été le grand artisan de l'intégration de son pays au projet européen. Plus récemment, il avait pourfendu avec virulence la politique d'austérité budgétaire mise en œuvre par le précédent gouvernement de centre droit, en échange d'un plan de sauvetage international.

 

Hospitalisé le mois dernier dans un état "critique" pour des raisons médicales qui n'ont pas été dévoilées, il était tombé dans un "coma profond" le lendemain de Noël avant de s'éteindre en présence de ses proches.

 

Mario Soares était un fervent pro-européen qui a marqué de son empreinte l’histoire politique de son pays pendant quatre décennies comme un fervent défenseur de la liberté et de la démocratie qui ne se gêna pas pour critiquer l’imposition du libéralisme économique en Europe et que beaucoup de socialistes devrait écouter pour à nouveau se mettre au service des peuples.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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