Mgr Ulrich : «L’État reconnaît à l’Église le droit de s’exprimer»

Publié le 3 Janvier 2017

Archevêque de Lille et ancien vice-président de la conférence des évêques (CEF), Mgr Laurent Ulrich fait partie des promus du 1er janvier à la Légion d’Honneur. Dans ses propos recueillis le mardi 3 décembre dans la-Croix.com par Samuel Lieven, il revient sur le sens que revêt cette distinction pour un responsable religieux.

 

Quelle signification la Légion d’honneur revêt-elle pour un responsable religieux ?

 

Mgr Laurent Ulrich : C’est d’abord quelque chose de touchant, un signe de reconnaissance à l’égard de ce que l’on fait et des engagements que l’on prend. Cette distinction – à laquelle je n’étais nullement candidat, pas plus que je ne sais qui m’a recommandé au ministère de l’intérieur – signifie aussi que ce que l’on fait en tant qu’évêque ou ecclésiastique n’est pas réservé à une partie de la population, à une communauté à part, mais participe du bien commun.

 

De ce point de vue, on touche au cœur de la tradition laïque et républicaine : chacun est membre de l’unique communauté nationale, quelles que soient son activité et sa conviction.

 

En quoi l’action d’un évêque participe-t-elle au bien commun ?

 

Mgr Laurent Ulrich : Nos engagements, nos prises de parole et leur répercussion dans l’espace public peuvent tout d’abord être perçus comme faisant du bien au sein de la population. L’engagement de l’Église au service des plus fragiles, des communautés et de l’intégration des composantes les plus diverses de la société sont aussi facteur de bien-être et de cohésion dans le pays.

 

Enfin, la manière de conduire l’Église participe également au bien commun. Si j’étais un agitateur inconséquent, je ne pense pas que j’aurais reçu cette distinction.

 

La reconnaissance officielle est-elle vraiment compatible avec la radicalité de l’Évangile ?

 

Mgr Ulrich : Jusqu’à présent, cela n’a pas empêché l’Église de s’exprimer, comme elle l’a encore fait récemment avec le document Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique. Les élus, les candidats ou les responsables à qui je l’ai envoyé ont reconnu la valeur de cette prise de parole : sans être partisane, elle souligne les enjeux qui se posent à la veille de cette année cruciale au plan électoral.

 

Ce signe de reconnaissance signifie finalement que l’Église a droit à la parole et c’est très positif dans le contexte que nous connaissons aujourd’hui.

 

Est-ce une manière, après une période au cours de laquelle nombre de catholiques ont pu se sentir négligés dans le débat public, de pacifier la situation ?

 

Mgr Ulrich : D’un côté, on entend beaucoup de critiques sur le mode : « Mais de quoi l’Église se mêle-t-elle ? » D’un autre côté, l’État a toujours donné des signes rappelant que l’Église a le droit à la parole. Au fond, c’est une manière pour ce dernier de nous dire : « Quel que soit votre positionnement, vous avez le droit de parler. » Cela a évidemment une vertu pacificatrice dans une société où on peut ne pas partager la même opinion mais, néanmoins, l’exprimer. C’est même un signe de bonne santé !

 

Il est bon que l’archevêque de Lille félicite la démocratie à la française et la laïcité qui n’interdit pas à l’Église de donner son avis. Pour lui La France est un pays en bonne santé où l’on peut s’exprimer et où le dialogue est encore présent, afin de mettre en avant le sens commun.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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M.W 03/01/2017 20:47

Ouais et dans quelque jours on entendra des laïcards bien athégristes dire qu'il est honteux qu'un homme d'Eglise ait la Légion d'Honneur car c'est une atteinte à la laïcité que l'on décors un évêque et tout le pataclan. La France un pays en bonne santé où on peut dire son point de vu ? oui à condition de trouver un groupe qui pense comme nous sinon on fait office de parfais demeuré, de gros crétin, de totalitariste et tout le tsoin tsoin. D'autant plus que pour vous qui considérez que l'Eglise n'a pas son mot à dire sur le mariage gay, l'avortement ou autre je trouve que vous êtes dans une logique l'Eglise à le droit de parler... tant qu'elle parle comme moi, comme tout le monde en fait. Me font rire ses braves gens qui disent qu'il est anormal qu'un évêque donne son avis sur des sujets éthiques parce que laïcité mais qu'il est anormal qu'il ne critique pas une dictature... Mais bon c'est la vie sans doute.

L'engagement de l'Eglise auprès des plus fragile ? Il en pense quoi alors ce Monseigneur sur l'exclusion des homosexuels et des transexuels ? C'est aussi un engagement accueillant auprès de ses personnes qui n'ont même plus le droit d'être curé ?

Au fait pourquoi il a eu la Légion d'Honneur ? C'est encore un coup de l'Opus Dei qui soutient François Hollande pour qu'il mette en place des réformes tuant les droits des travailleurs et qui lui permettent de dominer la France en s'emparant des secteurs de l'Etat ?

paroissiens-progressistes 04/01/2017 13:08

M.W,

C'est l'homme public pas l'ecclésiastique qui a été récompensé. Je ne pense pas que l’Église n'a pas le droit de donner son avis sur le mariage ou l'avortement, mais ce qui me pose problème c'est l'insistance sur ces sujets alors que tout le monde sait ce qu'elle pense. Cela amène toujours le contraire et souvent la hiérarchie n'est pas écouté.

L'engagement auprès des plus fragiles visent surtout les migrants, les réfugiés et les pauvres. Mgr Ulrich est contre le mariage gay mais veut qu'on respecte les personnes homosexuelles, qu'on les considère et qu'on ne les limite pas à leur sexualité.

Non, l'Opus Dei n'a rien à voir. C'est une phase où l'Etat et l’Église sont dans une phase cordiale.

Merci !