Hamon se prépare, Mélenchon rate le coche et Fillon découvre un sermon cadré pour lui

Publié le 12 Février 2017

LCI.fr nous dans son article «Piketty, Méda, citoyens tirés au sort : La société civile au cœur de l’équipe de campagne de Benoît Hamon» que le gagnant de la primaire de la gauche a dévoilé ce samedi son nouveau QG en plein cœur de Paris le samedi 11 février 2017. Face à la presse, il y a présenté son équipe de campagne : des personnalités issues de la société civile, dont l'économiste Thomas Piketty et la sociologue Dominique Méda, mais aussi un conseil citoyen composé de Français tirés au sort.

 

C’est dans son nouveau QG, une ancienne manufacture du 10ème arrondissement de Paris, que Benoit Hamon a dévoilé samedi son équipe de campagne. Le candidat socialiste a voulu marquer les esprits et faire de sa garde rapprochée une illustration de la gouvernance qu’il souhaite mettre en place s’il était élu. Elle "fonctionnera comme je veux que la République fonctionne", a-t-il lancé. Aucun responsable politique parmi ses conseillers.

 

Thomas Piketty travaillera à ses côtés sur "la question européenne" et sur "le traité budgétaire européen". L’économiste est un proche du parti socialiste depuis de nombreuses années. En 2007, il s’était engagé auprès de Ségolène Royal, avant de soutenir François Hollande en 2012. Aujourd'hui, le spécialiste des inégalités espère combattre les "politiques d’austérité" de l’Union et "relancer le projet européen" aux côtés de Benoît Hamon. La sociologue Dominique Méda a quant à elle accepté d’intégrer l’équipe du candidat pour réfléchir aux mesures permettant d’"anticiper et d’accompagner les mutations du travail" et de "penser le travail de demain".

 

Mais Benoît Hamon ne s’est pas entouré que d’intellectuels. Parmi ses conseillers, on compte également le militant associatif Salah Amokrane, connu pour son engagement dans les quartiers populaires de Toulouse. Le multi-entrepreneur Nicolas Hazard, fervent défenseur de l’économie sociale et solidaire ou encore le médecin Alfred Spira, spécialiste de la pollution de l’air, complètent le tableau.

 

Avec l’idée de proposer une nouvelle gouvernance, Benoît Hamon a voulu faire un pas supplémentaire pour "être en résonance avec les aspirations des citoyens". Au-delà des spécialistes, le candidat souhaite donc s’entourer de simples citoyens. "Ce sera peut-être l'innovation la plus forte de cette campagne, nous allons constituer un conseil citoyen" ouvert à tous, explique-t-il. En clair, tous les volontaires peuvent postuler pour constituer ce groupe de travail. Le député des Yvelines table sur un millier de personnes intéressées par ce projet. Quarante d’entre elles seront tirées au sort. Leur rôle sera d’évaluer et de juger les propositions de l’équipe de campagne, mais aussi de faire des propositions. "Ma campagne je la souhaite ouverte, horizontale, collaborative", résume-t-il.

 

Si Benoît Hamon souhaite que sa campagne "déborde" et sorte du cadre du simple parti socialiste, le candidat a dû ménager ses anciens rivaux de la primaire. Jerôme Guedj et Aurélie Filipetti, tous deux anciens soutiens d’Arnaud Montebourg, deviennent ses porte-paroles, tout comme Sébastien Denaja, soutien de Vincent Peillon. Luc Carvounas, soutien de Manuel Valls, animera de son côté le conseil des parlementaires.

 

Mais Jean-Luc Mélenchon a gâché un possible rassemblement à gauche comme l’article de LCI.fr : «Mélenchon écarte l’idée d’une alliance ‘composite’ avec Hamon et Jadot». Interrogé sur une pétition réclamant "une coalition entre Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot" et rassemblant près de 60.000 signataires, le représentant de la France insoumise a rejeté l’idée d’une grande alliance de la gauche.

 

Jean-Luc Mélenchon le dit et le répète, il n'envisage aucune alliance avec les candidats à gauche de l’échiquier politique. Dans une interview à paraître ce dimanche dans le journal La Provence, le député européen a assuré qu'il "n'échangerai(t) pas des bouts de programmes contre des sièges aux législatives." Ces derniers jours, les appels se font pourtant plus pressants. Une pétition lancée fin janvier réclame une alliance entre Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Yannick Jadot et le socialiste Benoît Hamon. Elle a recueilli près de 60 000 signatures ce samedi soir. Une alliance pour faire barrage contre la droite, le candidat EELV lui-même en est convaincu. Ce jeudi, lors d’une conférence de presse, il a évoqué l'urgence de "dépasser les appareils" et "les ego" pour composer d’ici deux semaines un projet commun. Les discussions "n’avancent pas assez vite", a-t-il lâché, agacé.

 

Mais Jean-Luc Mélenchon se montre peu enclin à emprunter cette voie. "Personne ne peut croire qu'il est possible de gouverner un pays avec une majorité composite de gens qui s'attendent les uns les autres au coin du bois", a-t-il indiqué à nos confrères de La Provence. "Croyez-vous une seule seconde que si M. Hamon et moi nous nous sautions au cou, des centaines de milliers de gens bondiraient d'enthousiasme et oublieraient tout ?", a-t-il ajouté. "Au contraire, ce serait la déception en masse chez tous ceux qui ne sont pas prêts à amnistier le PS. On ne leur fera pas une deuxième fois le coup du discours du Bourget."

 

Demander un rassemblement à gauche n’est pas amnistier le PS, mais permettre à la gauche d’être au second tour pour se mesurer soit à la droite soit à l’extrême droite. Il est facile de critiquer un gouvernement quand on ne pratique pas l’exercice du pouvoir et qu’on se cache dans l’opposition. Cette main tendue permettrait au Front de gauche de mettre en avant ses idées et de les appliquer. À moins que Mélenchon ne veuille pas se mesurer à l’exercice du pouvoir au risque de décevoir. Qui sait ?

 

LCI.fr nous montre aussi que sur France Inter, dimanche 12 février, Thomas Piketty a développé l’idée d’une assemblée des pays de la zone euro capable de lutter contre la crise, où siégeraient des élus de chaque pays membre en proportion du poids de leur population au sein de la zone. Une instance réduite à quelque 100, 150 élus, qui intégrerait dès lors une vingtaine de parlementaires français.

 

Nous avons "besoin de démocratisation de l’Europe et sortir de l’immobilisme. Je pense qu’Hamon est le mieux placé", juge l’économiste. "Fillon et Macron, c’est le conservatisme, poursuit-il. Mélenchon et le Pen, c’est : 'On envoie tout promener'". Face à cet immobilisme, Thomas Piketty soutient donc la proposition d’une assemblée proportionnelle décisionnaire qui permettrait de se rendre compte que "l’on peut prendre des décisions et faire confiance à la démocratie". Ainsi, le problème de la dette pourrait être abordé différemment, en plaçant par exemple le montant accumulé depuis la crise de 2008 dans "un fonds commun européen", limitant ainsi sa charge pour les pays les plus touchés comme la Grèce. Et l’expert de rappeler : "L’Europe s’est construite dans les années 50 sur des annulations de dette. Il y a maintenant une amnésie collective par rapport à la Grèce notamment."

 

Plus intéressant est la messe qu’a passé François Fillon ce dimanche 12 février dans l’article du site LeParisien.fr. Pendant la messe à laquelle François Fillon assistait ce dimanche à La Réunion, le père Russel Torpos a lu un passage de l'Évangile selon Matthieu qui prévient : «Accorde toi avec ton adversaire (...) avant qu'on te jette en prison. (...) Tu ne t'en sortiras pas !» Certains y ont vu un signe. Alors que François Fillon assistait ce dimanche à la messe de Saint-Gilles (La Réunion), le père Russel Torpos a fait la lecture d'un Évangile dont les versets font inévitablement penser à la tourmente judiciaire dans laquelle le candidat se trouve actuellement. Hasard du calendrier liturgique.

 

Parti en campagne loin de la métropole pour tenter de tourner la page des soupçons d'emplois fictifs dans sa famille, l'ancien Premier ministre a d'abord été confronté samedi à des heurts entre ses opposants et ses partisans et aujourd'hui à cet étrange rappel à la morale... «Accorde-toi avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter qu'il ne te livre au juge», prévient ce passage de l'Évangile de Saint Matthieu qui, initialement, s'adresse aux conjoints adultères. Et le curé de poursuivre, devant 300 fidèles : «Que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou !» Au même moment en France, le parquet national financier (PNF) s'apprêterait à prendre une décision sur l'affaire qui cerne le candidat. Au 8e rang, François Fillon écoute sans sourciller. Y a-t-il vu une allusion ? Au fond de la salle, quelques observateurs ont, eux, fait le parallèle. D'autant que le père poursuit : «Si nous ne faisons pas de bonnes actions et même si nous en sommes inconscients, nous en sommes quand même responsables.»

 

Pour lutter contre la corruption et le népotisme des politiques, nous devrions peut-être suivre l’exemple roumain comme nous le montre l’article de rts.ch du vendredi 10 février : «Laura Codruta Kovesi, le visage de la lutte contre la corruption en Roumanie». Le DNA, le parquet anti-corruption roumain est l'institution qui bénéficie du plus fort taux de confiance du pays après l’Eglise orthodoxe et l’armée. Il faut dire que son tableau de chasse est impressionnant: plus de 2000 hommes politiques et hauts fonctionnaires se trouvent derrière les barreaux. À la tête du DNA depuis 2013, se trouveLaura Codruta Kovesi.

 

Agée de 43 ans, Laura Codruta Kovesi - qui fut par ailleurs vice-championne d'Europe de basketball alors qu'elle avait 16 ans - est parfois accusée de commettre des abus voire de "fabriquer des dossiers politiques". "Notre activité est soumise à un double contrôle", rétorque la magistrate. "D'abord, toute personne qui se sent lésée peut porter plainte devant le Conseil de la magistrature. Ensuite les dossiers sont vérifiés par les juges aussi bien avant que durant les procès". Environ 10% des cas renvoyés chaque année en justice par le DNA se soldent par un acquittement, ce qui montre que ces accusations sont dénuées de fondement, assure Laura Codruta Kovesi.

Elle évoque aussi un "changement des mentalités" parmi les Roumains, qui sont de moins en moins disposés à tolérer la corruption. Les manifestants semblent lui donner raison, eux qui scandent "Codruta, n'oublie pas, nous te soutenons" et "Que le DNA vienne vous chercher", à l'adresse des hommes politiques soupçonnés de corruption. Très populaire en Roumanie, Laura Codruta Kovesi est en train d'acquérir une réputation internationale. La France lui a notamment décerné la Légion d'honneur en 2016.

 

Enfin, le choix du nouveau président allemand s’avère excellent comme le montre l’article d’actu-orange.fr de ce dimanche : «L'Allemagne se dote d'un président "anti-Trump"». L'Allemagne a désigné dimanche comme chef d'État son ancien chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier, présenté par la presse comme un "anti-Trump" et qui a d'emblée promis de défendre la démocratie contre le "populisme".

 

"L'histoire de cette République" allemande, née sur les ruines du IIIe Reich, est en réalité le meilleur argument contre le populisme et tous ceux qui croient que parce que le monde est devenu plus compliqué, les réponses doivent être plus simples", a déclaré le responsable social-démocrate sur la chaîne ARD peu après son élection.

 

A 61 ans, Frank-Walter Steinmeier a été élu par 75% des voix d'une assemblée de quelque 1240 grands électeurs, parlementaires des deux chambres pour la plupart ainsi que quelques représentants de la société civile. Dans son premier discours de président, il s'est gardé de faire directement référence à la situation aux Etats-Unis. Mais il a appelé à "défendre" la "démocratie et la liberté" au moment où elles sont mises en cause. "Lorsque les bases (de la démocratie) vacillent il nous faut plus que jamais les soutenir" a-t-il ajouté.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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