La présidentielle commence

Publié le 6 Février 2017

HuffingtonPost.fr dans on article du samedi 4 février 2017 intitulé «À son meeting de Lyon, Emmanuel Macron fait des appels du pied à l'électorat de droite» nous montre qu’en pleine course contre Benoît Hamon dont il a critiqué le revenu universel en se définissant comme le «candidat du travail» et alors que la droite est ébranlée par l'affaire Fillon, le candidat "En Marche" a multiplié les signaux à destination de la droite tant dans les propositions qu'il a formulées que des références qu'il a citées. Pour cela, il a enchaîné les mesures libérales, comme la suppression du RSI ou encore l'allègement des charges patronales jusqu'à 2,5 fois le Smic. Dans sa besace également, la simplification du droit du travail, l'un des combats de la droite. Il a également investi le terrain de la sécurité en promettant d'embaucher 10 000 fonctionnaires de police et de gendarmerie et annoncé vouloir instaurer "une police de sécurité quotidienne". Il a aussi salué la figure de Philippe Séguin, ce qui n’est pas anodin puisque c’est le mentor de François Fillon, et il fait applaudir Simone Veil, le général De Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac ou encore Lucien Neuwirth. Les signaux sont clairs. En gros, il n’énonce pas de propositions et de positions fortes. Il ne dit rien de nouveau.

 

francetvinfo.fr nous montre ce dimanche 5 février un Jean-Luc Mélenchon fidèle à lui-même dans l’article «Présidentielle : Mélenchon se dit prêt à "travailler" avec Hamon, à condition qu'il passe un "coup de balai" au PS». Dans un entretien accordé au "Parisien", dimanche, le candidat de la France insoumise a affirmé qu'il était "prêt à parler" avec le vainqueur de la primaire de la gauche. Mais il pose ses conditions. "Hamon doit finir de rompre avec l'ancien monde, réclame Jean-Luc Mélenchon. Pour faire une majorité crédible, Hamon ne doit pas investir députés PS les Touraine, El Khomri, Valls dont nous voulons abroger les lois ! (...) Laissons-lui le temps de passer le coup de balai." Des demandes difficilement réalisables pour Benoît Hamon. Après sa large victoire lors de la primaire de la gauche, le candidat a affirmé sa volonté de réunir le camp socialiste, tout en tendant la main à l'écologiste Yannick Jadot et à Jean-Luc Mélenchon.

 

Comme le montre Europe1.fr dans son article «Benoît Hamon, investi par le PS, veut "dessiner ensemble un horizon commun"», le député, vainqueur de la primaire du PS et de ses alliés, a été officiellement désigné candidat à l'élection présidentielle, dimanche à Paris. Dans le public de la Mutualité, à Paris, il était difficile de ne pas remarquer certaines absences, dimanche. Pas de Manuel Valls, pas non plus de poids lourd du gouvernement pour assister à l'investiture de Benoît Hamon, candidat vainqueur de la primaire élargie du Parti socialiste (PS). Dès le début de son discours, ce dernier, dont le projet est jugé "irréalisable" par une partie de la gauche, a pourtant appelé à l'union. "Oui, il y a des désaccords entre nous, comme il y en a toujours eu à gauche", a-t-il reconnu. "Mais le rassemblement, ça ne commence pas par le fait d'exiger des têtes. Le rassemblement, c'est le fait de dessiner ensemble un horizon commun."

 

Benoît Hamon a ensuite salué les avancées du quinquennat de François Hollande, estimant que ce dernier avait "su nous protéger". "Je sais ce que nous lui devons", a souligné le candidat. "Regardons ce que la droite veut déconstruire, et nous saurons ce que nous avons fait de bien." Pour autant, le député des Yvelines a rappelé que ce bilan "ne peut pas être l'axe autour duquel nous faisons une campagne." Jugeant que la primaire lui avait apporté "une légitimité incomparable", Benoît Hamon s'est montré optimiste : "un vent se lève, une aspiration tournée vers l'avenir." Largement applaudi par un public chauffé par Anne Hidalgo, Jean-Christophe Cambadélis et Christiane Taubira notamment, le candidat est revenu sur ses mesures phares, à commencer par le revenu universel d'existence, disant "comprendre" que cette mesure fasse débat. "Une partie des questions que pose cette mesure reste sans réponse", a-t-il reconnu. "Mais il fut un temps où de doux rêveurs ont fait, à partir du CNR (conseil national de la résistance), la sécurité sociale, à un moment où le pays était ruiné", s'est souvenu le député. "Ils ont rêvé si fort que cela a été possible. Et bien nous, nous allons rêver si fort que cela sera possible."

 

Le candidat n'a pas manqué de tacler ses adversaires politiques, à commencer par Emmanuel Macron, qui "ne connaît rien du travail tel qu'il se déploie aujourd'hui dans notre pays". Quelques minutes plus tard, en évoquant Vladimir Poutine, Benoît Hamon a vivement critiqué "les politiques, de droite comme de gauche, fascinés" par le président russe, "à cause d'un surplus de testostérone ou de virilité qui sert de modèle à des hommes providentiels putatifs." "Ce n'est pas mon modèle à moi", a-t-il martelé. "Sur la PMA (procréation médicalement assistée), le peuple est en avance sur nous. Sur la fin de vie et le droit à mourir dans la dignité, le peuple est en avance sur nous", a ensuite énuméré le candidat, rappelant son intention de mieux intégrer les citoyens dans le processus d'élaboration de la loi. "Nous avons un peuple français qui aspire au progrès, à la solidarité, au respect de l'autre", a-t-il estimé. Et de conclure : "Aujourd'hui, dans le monde dans lequel nous vivons, les nuages sont nombreux, les menaces sont lourdes, les transitions que nous allons proposer aux Français ne sont pas sans incertitudes. Faites comme Albert Camus : voyez, regardez, désirez l'été qui vient, croyez-y de toute votre force, et alors, nous serons invincibles."

 

Comme le montre francetvinfo.fr dans son article «Présidentielle : tract people, acteur, tensions avec les journalistes... Six choses vues aux "Assises" du FN à Lyon», Marine Le Pen a dévoilé, à Lyon, un programme composé de "144 engagements". Ce dernier reste dans la droite ligne de l'identité frontiste entre maîtrise de l'immigration et lutte contre l'islamisme radical. Devant 5 000 personnes environ, la candidate a détaillé ses propositions, dimanche, lors de la clôture des "Assises", avec un premier discours de campagne qui a vite tourné au catalogue de mesures ponctué par les habituels "On est chez nous" scandés par des militants frontistes. Plusieurs évolutions sont à noter dans les propositions de la responsable frontiste. La "priorité nationale" se retrouve noyée dans un grand référendum constitutionnel. Le rétablissement de la peine de mort n'est plus dans le programme. Enfin, le FN ne propose plus une augmentation du smic, mais une "prime de pouvoir d'achat" financée par une taxe sur les importations. Reste que le chiffrage des nombreuses mesures sociales du programme demeure assez vague.

 

Dans son discours, où elle a déclaré qu’elle était "Contre la droite du fric et contre la gauche du fric", et "la candidate du peuple", au début de son intervention tout en dénonçant le "mondialisme financier" qui "tue par une asphyxie lente" et le "fondamentalisme islamique qui nous agresse chez nous [...] et se sert de "l'arme immonde et lâche du terrorisme", Marine Lepen n'a, pour sa part, ciblé aucun candidat, tentant de se placer au-dessus de la mêlée. Elle a estimé que "l'ancien débat droite/gauche" avait "vécu" et ouvert les bras à tous ceux qui souhaitaient la rejoindre, "de droite comme de gauche". La présidente du Front national a également indiqué vouloir former un gouvernement d'union nationale et construire une majorité présidentielle à l'Assemblée. Difficile d’y croire.

 

Marine Le Pen ne propose rien de nouveau puisqu’en grosse partie c’est son programme de 2012, elle rêve que la France choisisse la voie du Brexit et du vote Trump, avec les résultats qu’on connaît actuellement. La politique anti-immigration voulue par le FN ressemble à celle de Donald Trump qui actuellement ne peut pas appliquer son décret interdisant l’accès aux États-Unis aux ressortissants de plusieurs pays musulmans et fait face à une résistance massive.

 

LePoint.fr nous montre que Jean-Luc Mélenchon ne ménage plus ses coups contre Emmanuel Macron dans son article «Macron, ennemi numéro 1 de Mélenchon à Lyon». À Lyon, et Aubervilliers en hologramme, le candidat de la France insoumise a appelé dès ses premiers mots à résister aux «champignons hallucinogènes qui poussent dans la jungle politique et la bulle médiatique», critiquant ces candidats qui «ne laissent derrière eux aucun outil pour pouvoir discuter», et a fait de l'ancien ministre de l'Économie l'homme de l'"ubérisation" et le principal sujet de ses critiques notamment sur le fait qu’il avait «pourri la vie de milliers de gens avec sa participation à la loi El Khomri» et d'ouvrir les bibliothèques le dimanche. Il a encore moqué le chèque culture de 500 euros que Macron veut offrir à chaque jeune de 18 ans. «Quand eux nous disent il faut produire avant de distribuer (je leur réponds), avant de distribuer des chèques pour consommer de la culture, il faut d'abord la conduire», a-t-il lâché. Il a aussi très brièvement évoqué Marine Le Pen, également en meeting dimanche dans la capitale des Gaules, la traitant d'«ignorante» parce qu'elle souhaite refuser l'école publique aux enfants d'étrangers en situation irrégulière.

 

Comme le montre l’Express.fr, Yannick Jadot pousse pour un rassemblement à gauche dans l’article : «Présidentielle 2017 : Jadot aimerait un projet commun avec Mélenchon et Hamon». Le candidat EELV a réitéré ce dimanche lors d'un déplacement sa volonté d'aboutir à un projet commun avec Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon d'ici la fin du mois. Sans quoi "ça ne marchera pas". "On peut considérer que si la gauche a un projet clair, cela peut créer une grande espérance de rassemblement", a-t-il déclaré à la presse en marge d'une manifestation à Gardanne (Bouches-du-Rhône) contre la grande centrale biomasse de France. "Dépassons nos égos, nos appareils politiques", a demandé le candidat EELV estimant qu'il est "possible de travailler avec tout le monde si on a un projet commun". Le problème étant que ses deux acolytes ne semblent pas encore aussi avancés dans la démarche.

 

"C'est notre responsabilité historique, si on est capable de rassembler sur l'Europe, l'économie et le social" pour "échapper à la France nauséabonde de Le Pen". "La question des personnes est seconde (...) tant que l'on a pas de projet commun, on en discute pas", affirme-t-il. Interrogé sur les négociations avec Benoît Hamon, vainqueur de la primaire élargie du PS et investi dimanche, Yannick Jadot a indiqué "on va encore se voir cette semaine". En revanche Jean-Luc Mélenchon auquel il a laissé un message téléphonique mercredi, "n'a pas répondu", a-t-il souligné.

 

Ce lundi 6 février 2017 le DIRECT de francetvinfo.fr nous montre que selon plusieurs médias, le candidat des Républicains devrait jouer son va-tout et se prépare à s'expliquer longuement, lundi. Le Parisien affirme que l'ancien Premier ministre va se lancer dans "une opération transparence de la dernière chance à la télévision, à la radio ou dans un autre média". Le Figaro évoque lui aussi "une contre-offensive" après "un week-end de consultations", mais rien n'est confirmé officiellement. Devant les députés, mardi. Dans tous les cas, François Fillon prendra la parole, mardi, devant les députés Les Républicains à l'Assemblée nationale, selon les informations recueillies par franceinfo. "Il a compris qu'il avait besoin de s'appuyer sur les députés", commente-t-on à l'Assemblée.

 

Et si la Roumanie nous donnait l’exemple à propos de ces affaires comme nous le montre euronews.com hier dans son article «Le gouvernement roumain a plié mais la mobilisation bat un nouveau record». Le gouvernement a cédé et pourtant la mobilisation n’a pas fléchi. Pour la sixième nuit consécutive, les Roumains se sont massivement rassemblés contre un décret visant à miner la lutte anti-corruption. Le gouvernement social-démocrate a officiellement retiré ce dimanche le texte ultra-controversé, ce que le Premier ministre s‘était engagé à faire la veille. Pourtant dans la soirée on comptait 250 000 manifestants devant le siège du gouvernement à Bucarest. Le double à travers le pays, du jamais vu depuis la chute du communisme. Sous couvert de désengorgement des prisons, le décret visait à réduire les peines pour corruption et introduisait un seuil minimum de préjudice. Fiers d’avoir fait plier l’exécutif, la plupart des manifestants ont maintenant un autre objectif : le faire chuter.

 

Enfin Libération.fr dans son article de ce lundi nommé : «Hamon : «Je mets aujourd’hui mes pas dans ceux de François Mitterrand»», nous montre qu’une semaine après sa victoire à la primaire PS élargie, Benoît Hamon a été investi dimanche à la Mutualité. Invité sur RTL, le candidat socialiste à l'élection présidentielle est revenu sur cette cérémonie : «Je mesure qu'au nom du Parti socialiste, je mets aujourd'hui mes pas dans ceux impressionnants de François Mitterrand, Lionel Jospin, François Hollande, Ségolène Royal... Et c'est pour moi une immense responsabilité dans un moment où la gauche se cherche».

 

Marine Le Pen et Emmanuel Macron poussent à droite, laissant un boulevard à gauche pour Benoît Hamon alors que Jean-Luc Mélenchon se tâte, tandis que François Fillon essaye de reprendre la main. La présidentielle est ouverte et rien n’est joué d’avance.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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