Le pape signe la préface d'un livre d'une victime d'abus sexuels

Publié le 13 Février 2017

Mon père je vous pardonne - Survivre à une enfance brisée (éditions Philippe Rey) : c’est le titre du livre de Daniel Pittet, le récit d’un homme abusé dans son enfance, entre 1968 et 1972, par un religieux capucin en Suisse comme nous le montre Radio Vatican ce lundi 13 février 2017. Un texte très dur et éprouvant, mais qui est aussi un récit d’espérance et de pardon. Daniel Pittet, qui est aujourd’hui bibliothécaire à Fribourg, a en effet gardé la foi et a accompli une démarche de pardon vis-à-vis de son agresseur, qui témoigne lui-même dans ce livre.

 

Le pape François, en personne, a signé la préface de cet ouvrage, pointant les interrogations douloureuses que soulève ce phénomène des abus sexuels commis par des prêtres et religieux catholiques.

 

«Comment un prêtre, ordonné au service du Christ et de son Église, peut-il en arriver à causer autant de malheur ? Comment, alors qu’il est consacré pour amener un enfant à Dieu, peut-il le dévorer dans ce que j’ai appelé un « sacrifice diabolique » qui détruit tout à la fois sa proie et la vie de l’Église ?» Dans la préface de ce livre, le pape François exprime ces interrogations terribles et renouvelle une demande de pardon, au nom de l’Église catholique : «Certaines victimes sont allées jusqu’au suicide. Ces morts pèsent sur mon cœur et sur ma conscience, et sur celle de toute l’Église. À leurs familles j’offre mes sentiments d’amour et de douleur, et, humblement, je demande pardon.»

 

Le pape dénonce dans ces actes «une absolue monstruosité, un péché effroyable, radicalement contraire à tout ce qu’enseigne le Christ». Il rappelle que le Saint-Siège promeut désormais «une grande sévérité pour ces prêtres qui trahissent leur mission, ainsi que pour leur hiérarchie, évêques ou cardinaux, qui les protègerait, comme cela a été le cas dans le passé».

 

Face à ce drame longtemps caché et tabou, le pape François salue le récit de Daniel Pittet, «car des témoignages comme le sien font sauter la chape de plomb qui étouffait les scandales et les souffrances, ils font la lumière sur une terrible obscurité dans la vie de l’Église». Le pape François dit prier «pour Daniel et pour tous ceux qui, comme lui, ont été blessés dans leur innocence».

 

Et alors que ce livre rencontre un important retentissement médiatique, et suscite de nombreuses interrogations sur le suivi de ces cas d’abus sexuels, la conférence des religieux et religieuses de France, précise que tous les supérieurs religieux confrontés à ces cas sont tenus d’appliquer des directives qui «s’alignent sur le droit civil français et sur le droit de l’Église».

 

«Face à l’horreur de tels méfaits qui provoquent une immense tristesse et de la colère, la CORREF pense avant tout aux victimes et à leurs proches, dont la vie a été si profondément marquée. Devant la violence, le mensonge et la perversité subis, nous souhaitons, humblement, redire à chacun et chacune toute notre proximité, notre soutien et notre compassion», écrit dans un communiqué la présidente de la CORREF, sœur Véronique Margron.

 

De leur côté, la Conférence des évêques suisses (CES) et la Province suisse des capucins jugent «nécessaire, précieux et courageux» le témoignage de Daniel Pittet. Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg et président de la conférence épiscopale suisse, invite les éventuelles autres victimes du père Joël Allaz à se manifester auprès de l’évêché.

 

L’Église semble enfin prêtre à faire quelque chose contre les prêtres pédophiles et à écouter leurs victimes, mais il faut rester prudent car rien n’est joué et la hiérarchie devra faire un travail important pour que les fidèles aient confiance en elle. Un tel combat contre la pédophilie ne peut pas être seulement théorique, il doit être actif.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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