Macron l’illusionniste face à une gauche et une droite qui bougent

Publié le 1 Février 2017

Dans le DIRECT de francetvinfo.fr du mercredi 1er janvier 2017 nommé «Emmanuel Macron détaille ses mesures économiques pour "tordre l'idée" qu'il n'a "pas de programme"» nous pouvons voir qu’Emmanuel Macron s'agace d'entendre ses rivaux à l'élection présidentielle estimer qu'il n'a pas de programme. Invité de France Inter, mercredi 1er février, le candidat d'En marche ! a énuméré une série de mesures économiques concrètes. Il veut ainsi refondre l'impôt sur la fortune pour supprimer "la part qui finance l'économie réelle", c'est-à-dire la détention d'entreprise ou d'actions, pour en faire un "impôt sur la rente immobilière". Mais le supprimer serait mauvais car l’ISF-PME permet de récolter 1 milliard d’euros par an, irriguant environ un millier d’entreprises, cela tuerait dans l’œuf beaucoup de projets entrepreneuriaux, et dans le monde de la philanthropie, qui reçoit 200 millions d’euros par an au titre de l’ISF-dons, cela amène le risque que les contributeurs ne soient plus aussi généreux. Enfin le supprimer coûtera de 6,5 milliards d’euros.

 

Il affirme également souhaitait transformer le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en "allègement de charges durable", et l'étendre aux "petites entreprises, indépendants et entreprises de l'économie sociale et solidaires", une mesure qui avait été prévue dans le cadre du Pacte de responsabilité en 2014. Il propose donc de supprimer les cotisations maladie et chômage payés par les salariés et leurs patrons en les transférant sur une hausse de la CSG. Mais cette augmentation ne touchera pas les plus riches qui payent beaucoup moins cet impôt grâce à des astuces comptables, mais les retraités, les smicards et les classes moyennes. En gros, elle fera baisser le pouvoir d’achat et créera de nouveaux pauvres. Il souhaite aussi transformer le RSA "pour accompagner le retour à l'activité". Cela ressemble beaucoup au RSA sous condition de Nicolas Sarkozy qui fera "qu'une personne qui refuse deux offres d'emploi se voie supprimer l'octroi du RSA".

 

Sur sa page twitter Emmanuel Macron dit que «Pour être progressiste, il faut proposer un modèle dans lequel on produit avant de redistribuer.» Mais dans ce modèle, la production ne profite pas à ceux qu’on croit puisque la part du PIB allant aux entreprises sous forme de profit grimpe graduellement et la part allant aux travailleurs est au plus bas. Ceux qui profitent bien de la croissance économique et de l’augmentation de la productivité, ne sont pas les travailleurs. Emmanuel Macron n’est ni progressiste ni de gauche, il est juste un libéral de droite et voter pour lui est continuer le hollandisme. La réalité est que la primaire à gauche passée, Macron veut reprendre l’initiative car il voit que la dynamique actuelle est pour Benoît Hamon.

 

Hier Libération.fr dans son article «Pour Taubira, «Macron se dit antisystème mais c'est un pur produit du système»», nous montre qu’en couverture des Inrocks de cette semaine, en kiosques mercredi, Christiane Taubira pose aux côtés de Mehdi et Badrou, les ex Kids de France Inter dont on attend le deuxième roman (Minute) prochainement. L'ex-Ministre de la Justice a discuté avec les jeunes auteurs, dressant en creux un bilan du quinquennat Hollande. Si Taubira décoche quelques piques à Manuel Valls, c'est Emmanuel Macron qui en prend pour son grade au cours de cet entretien.

 

Après avoir loué sa «capacité de séduction» (notamment sur les médias), l'ancienne Garde des Sceaux déclare : «Macron se dit antisystème mais c'est un pur produit du système. Je suis atterrée par son effet sur de jeunes esprits. Quand on a plus de trente ans d'engagement, qu'on a pris au sérieux la politique, qu'on a accepté de prendre des coups, qu'on a vu des gens souffrir, on connaît la différence entre les politiques de gauche et de droite. Des générations ont payé dans leur chair le fait de réclamer un monde plus juste et plus égalitaire. François Fillon ne donne pas la migraine : il appartient à la droite dure. Entendre quelqu'un qui prétend à la magistrature suprême dire qu'il n'y a pas de différences entre droite et gauche m'atterre». Elle n’a pas tort.

 

L’OBS nous montre dans son article «Valls appelle ses soutiens à rester "ensemble"... plutôt qu'aller "ailleurs" chez Macron» que battu dimanche au second tour de la primaire socialiste, Manuel Valls a enjoint ses soutiens réunis à Paris à rester "ensemble" et à ne pas aller "ailleurs", dans un appel transparent à rester au Parti socialiste plutôt que de rejoindre Emmanuel Macron. "À la place qui est la mienne, et conscient du recul que je dois prendre, je vous en conjure : il faut rester ensemble", a dit l'ancien Premier ministre devant environ 250 proches réunis à huis clos à la Maison de la Chimie. Cet appel de l'ex-chef du gouvernement apparaîtra bienvenu à l'état-major socialiste qui bataille pour éviter un exode vers Emmanuel Macron, après la victoire de l'aile gauche et de Benoît Hamon à la primaire.

 

Comme le montre francetvinfo.fr Jean-Luc Mélenchon répond à la main tendue de Benoît Hamon. Pour le candidat de la France insoumise, il est impossible de former une majorité cohérente avec lui et d'anciens membres du gouvernement de Manuel Valls. Et comme nous le montre Reuters.com une réunion de représentants de candidats "réformistes" malheureux à la primaire de la gauche s'est tenue mercredi au siège du Parti radical de gauche pour préparer les conditions d'un rapprochement avec Benoît Hamon, a-t-on appris auprès du PRG. Ils souhaitent que Benoît Hamon infléchisse son programme. On en doute sérieusement.

 

Et comme le montre le DIRECT de Libération.fr, François Fillon, empêtré dans les révélations du Canard enchaîné sur les emplois présumés fictifs de Penelope Fillon et pour lequel la droite commence à réfléchir à un plan B, a réaffirmé mercredi qu'il «serait candidat à cette présidentielle». Pour l’instant, les parlementaires lui ont tous officiellement apporté leur soutien, même si plusieurs d’entre eux envisagent un plan B. Et ceux qui le défendent ne s'y prennent pas très bien. Comme on peut le voir, les favoris ne le sont qu’à un moment donné et Macron doit ne pas se croire à l’abri.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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